‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 101 sur 189 · LXXIX.* JOUR · texte numérisé non relu

LXXIX.* JOUR

Raisons profondes de notre Sauveur d'user de ces réseryes mystérieuses pour Vinstruction de son Eglise : mais non pour autoriser les hommes à user d'équivoques et de restrictions mentales. Ibid*/

Gardons*nous bien de conclure de ces réserves mystérieuses du langage de notre Sauveur, qu'il nous soit permis d'user dans nos discours de dissimulation, d'équivoque et de restriction de pensée; car il ne nous appartient pas de nous donner à nousmêmes divers personnages , selon lesquels nous puissions nier en un sens ce que nous avouerons en l'autre. Il ne nous appartient pas non plus de faire de nos réserves une instruction , un exemple d*ha* milité , nne espèce de parabole dont il faille chercher le sens , un mystère dont il faille approfondir le secret. Jésus-Christ a sa science comme Verbe ^

0) Ps. ITI. 8.

SVE l'ÉTÀNGILE. . 35l

; tout y est compris, le présent , le passé , le fuir, le possible, Texistant, tout en un mot, tout t qui est dans la science du Père ; car il est luiléme cette science , puisqu'il est son Verbe , sa rai- >n , sa parole extérieure. Il a sa science comme omme, par rapport à sa perfection, et comme 5 dépositaire et Texécuteur de tous les secrets de on Père. Tout ce qui regarde le genre humain est ompris dans cette science, puisque toute puissance ui est donnée dans le ciel et dans la teiTe (0. Cest ui qui doit tout faire ; c'est lui qui doit venir pour uger. Son Père ne Tayertitpas à chaque moment, le ce qu*il aura à faire par son ordre; mais il lui ionne tout d'un coup une pleine compréhension le tout le dessein dont il a l'exécution en son pouiroir : autrement il agiroit comme nous, en foi, en obscurité , pai* morceaux , par pièces , au hasard en an certain sens , et à l'aveugle , sans entendre le rapport de chaque partie avec la fin de l'ouvrage et avec le tout. Il a outre cela sa science «comme docteur de son Eglise, comme interprète envers elle des volontés de son Père, comme faSâilt avec elle un même corps. Dans cette science est compris tout ce qu'il faut que l'Eglise sache. 11 falloit que l'Eglise sût ses persécutions pour s'y préparer ; la chute prochaine des Juifs, afin qu'ils en fussent avertis, et qu'ils fissent pénitence ; et pour ôter aux fidèles la tentation de croire que le déicide et les autres déloyautés de ce peuple , avec les cruautés qu*il a exercées sur la personne du Sauveur et de ses apfttres, demeurassent long «temps impunies;

(0 âfauh. zxvui. i9.

35a MÉDITATIONS

Jésus-Christ a su tout cela pour son Eglise , et il Ta expliqué. Il falloit que FEglise sût les signes do jugement à venir , afin d*étre attentive à son approche. Jésus-Christ a su encore cela pour elle, ef la prédit. Il ne falloit pas qu'elle sAit le temps ni rheure : Jésus-Christ à cet égard ne le sait pas, et n^en dit rien à ses fidèles. Cette science , qui étoit en Jésus-Christ par rapport aux instructions qu*fl devoit donner à son Eglise , avoit sa perfection et st totalité, qui lui faisoit dire : Je vous ai décôai^ tomme à mes amis tout ce çue j'ai auH de muâ Père (0. Et encore : Je vous ai tout prédit W ; tout ce quil^fsdloit que Vous sussiez, tout ce que favoB appris pour vous. Si je dis , pour vous renfermée dans ces bornes , qtie je xSe sais pas le reste , f ai mes raisons de parler ainsi selon la chargé 'qui m*e8t imposée , selon le personnage que je fins : ne soyei pas assez téméraires pour vouloir otf critiquer on imiter ce langage mystérieux qui ne vous convient pas : c'est à vous à dire avec sagesse et aVec simplicité tout ensemble ; Cela est : cela n'est point (3) : né mentez pas ; ne vous trompez pas les uns les autres: parce çue vous êtes membres les uns des autres (4). Tâchons ici de nous' revêtir de Fesprit de sincérité, à Texemple de Jésus-Christ, qui à la réserve de ces mystères , oiH il étort obligé à nous méniatger la lumière , nous a tout dit comme à ses auiis, sélôil qu'il étoit convenable, et que nous le pouvions porter.

(*) Joan. XV. i5. — W Afarc. xin. aï. — P) âfatth. t. Sj. — (4) Colotê, m. 9, Eph, ly. aS.

SU& l'évangile. 353

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