‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 103 sur 189 · Méi]ri<rA.Tio!Brfl · texte numérisé non relu

Méi]ri<rA.Tio!Brfl

chiez, c'est qu'elles seront précëdées d'une périlleuse et horrible tentation , pour vous sédoîre. Car il viendra plusieurs christs ; et plusieurs seront trom- , pés, Cest ce qui arriva devant la ruine de Jérn- j salem, et aux environs de ces temps-là. C*est ce qni J arrivera encore à la fin des siècles. Je suis *uenu m ' nom de mon Phre, et vous ne me recevez pas : si < un autre vient en son nom, vous le recèlerez (>). Cot ce qui est à,é^ souvexit ^r^ivé ^ux Juifs : et qoe^iK chose de semblable leur arrivera encore une fois • vers la fin des siècles ; lorsque, ce méchant « cet impie, qui s'assira dans le temple de Dieu^ pour %j montrer comme un Dieu, paroftra wec des prodiges trompeurs, et ayec toute sorte de séduction; en sorte qu'ils soient livrés à reprit de mçnsonff, pour ne s* être pas voulu laisser gagner ^Camour de la vérité W. Ce qui convient j)^pfiiitement avec la parole qu'on vient d'entendre 4^ ^ boucbe de Jésus-Christ, et semble fait pour marquer dune façou par tiçulièrç y l'aveuglement volontaire avec l'ei^durcissement du peuple juif. -Quoi qu'il en soit, le démon développera toute sa malignit^ aux approches du çkrnier jour : et la méioe chose arriva aux approche3 de la ruine de Jérusalem y n'y ayant jamais eu tant de faux christs , ni tant de faux prophètes. Remarquez dans saint Matthieu les versets 5 y 1 1 y 23, a4, 25, 26 : et à peu près la même chose dans saint Marc, et dans saint Luc

Foilfi. qufi je vous l'ai prédit : Prenez-^ tS'H^ ^^* La séduction sera si puissante, que Jésus-Christ ne

(0 Joan. y. 43. — (») //. J3W«. u. 3, ^^9, 10, 11. — W Af^**. xxiv. a5. Marc. xiii. 23.

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craint point de dire, quelle ira, s*il se peut, jus^ jTtt'À induire en erreur même ies élus (0. S'il se peut} bit voir deux choses : Tune y reztréme përil ^ Tautre y le secours présent de la main toute-puiasante de Dieu.

Pesons ces paroles : considérons à quelles épreuves Diea met notre foi ; jusqu'où il veut que nous lui myons soumis; ce quont à craindre les esprits su* perbes ; les pièges que Dieu permet qui leur soient tendus; combien ils sont délicats , comoien subtils; combien il est dangereux que les saints mêmes ne s*y prennent : auec quelle frayeur, et quel tremble^ tment ils doii^ent donc opérer leur salut C^}.

Cet esprit de séduction qui se développera tout entier à la fin des siècles , se fait souvent sentir avant ce temps dans les subtilités des liérétiques : une apparence de réforme ; un air de piété et de modestie ; de$ paroles douces , tirées le plus souvent de TEcriture ; une véhémente répréhension des abus crians, qui semble marquer un vrai zèle, une vraie horreur des vices, un vrai amour de la vertu. La jdirétienté s*émeut : les nations se cantonnent : les ëloSy s'il se pouvoit, dévoient être pris dans ce ]piége. Mais ceux qui y ont été pris doivent songer que nous aurons bien à soutenir d*autres illusions à la fin des siècles ; une hypocrisie bien plus délicate, bien plus raffinée : lorsque les prodiges trom^ peurs se joindront à une doctrine séduisante. O Dieu I je tremble pour ceux qui seront mis à cette jtfpreavel Tremblez dès à présent à la tromperie de vos passions y aux bejles couleurs dont elles pa-

(0 3faUh, XXIV. a4. •-- C*) Philip, ii. la.

rent VOS vices secrets , à ces instincts trompeurs de Fennemi, à ces illusions secrètes que vous prenez pour inspirations. Qui a des oreilles pour ouir, qu'û écoute (0 : Ah! c'est de quoi séduire , s'il se pent, jusqu'aux élus. Concluez avec saint Paul : Opéra *votre sabu a%^ec crainte et tremblement. Mais ne croyez pas l'opérer de vous-même. Croyez que ctat Dieu qui opère en *vous le vouloir et le faire (^) : x)pérez, et croyez que Dieu opère : ne soyez ni lâche ni présomptueux : abandonnez -vous à cette grâce qui agit en vous, mais avec une courageuse let fidèle coopération : c'est ce qui soutient les élos; c'est ce qui les empêche de périr.

- Les élus, s'il se peut, seront induits à erreur (?• S'il se peut Cela donc ne se peut pas : une main toute-puissante y contre laquelle rien ne prévaut, détourne ce coup. O conduite miséricordieuse et -toute-puissaûte , qui empêchez vos élus de pouvoir périr, je vous reconnois y je vous adore y je m'abandonne à vous : mais dans cet esprit , qui en nous disant : Dieu opère, nous dit en même temps : Opérez, travaille^ agissez avec une infatigable ferveur.

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