LXXXVIII.* JOUR
Le sen^iteur méchant et violent : sa punition. Ibid.
Nous avons vu le bon serviteur avec ses deux bonnes qualités, la fidélité et la prudence. Voyons inaintenant la peinture que Jésus -Christ fait du mauvais dispensateur de ses grâces et de ses mystères.
Ce serviteur dit en son cœur (^). Il ne le dit pas en termes exprès : mais il agit sur ce fondement ^ et il le dit par ses œuvres.
(0 Luc. xii. 44* Mauh, xxnr. 47* — ' C*) Luc, xix. 43*
Mon maure tarde. Malheureux qui croit échapper ses mains , à cause qu il ne frappe pas d'aboi*d ; ou qui s'estime heureux ^ à cause qu*il retarde son dernier supplice.
12 bat les serviteurs et les sentantes : il abuse de son pouvoir ; il les maltraite : quelquefois en les frappant véritablement : ce que saint Paul défend , en disant , que Vé^êque ne doit point frapper^ ni Are violent (0 : à quoi il faut aussi rapporter les inîures et les duretés qu'il leur dit, qui sont une cq>èce de plaie à la réputation , et à la vie de Thonneur. Mais le grand coup que donne ce mauvais économe à ses conserviteurs, c'est lorsqu'il les scandalise ; car alors il frappe leur conscieifoe foible ; en quoi il pèche contre Jésus-Christ ; et fait pécher sou Jrhre , pour qui Jésus^Christ est mort (^),
Manger, boire, s^enii^rer (3). Le rojraume de Dieu n*est pas la viande > ni le boire ; mais la justice et la paix j et la joie dans le Saint-Esprit 'Aj. Voilà le festin du bon économe de Jésus-Christ.
Le ser%fiteur qui connott la volonté de son maître (5) : Il veut dire, <jue celui qui est établi dispensateur, sachant mieux que les autres ce que veut le mattre, puisqu'il le doit prêcher aux autres, sera plus puni : mais celui qui ne la sait pas, ne sera pas exempt du supplice (^} : et cette moindre punition que le maître de famille lui réserve , ne laissera pas d'être terrible ; car il n'y a rien de foible ni de médiocre dans le siècle futur.
Deux règles de la justice éternelle : l'une, de
<») i. Tim. III. 3. — W /. Cor, viii. 1 1 , 12. — (') Luc» xii. 45. — (4) Ron^ XIV. 1 7. — (5) Luc. xii. 4?. — <^) J^d, 48.
punir davantage celui qui sait davantage ; parce qu*il pêche contre sa science et par malice : l^autre^ de redemander plus à' celui à qui on a plus donné (0; parce qu'il est charge de plus de choses , et par conséquent il a un plus grand compte à rendre. "Ne vante donc pas ta science , qui ne sert qu'à te rendre plus coupable. Ne te glorifie pas de tes donSi qui ne font que t'obliger ii un plus grand compte. Ne t'excuse pas aussi , sous prétexte que tu ne stii pas ; car c'étoit à toi à t'instruire. Ne te flatte pas^ sous prétexte que le mattre ne te menace que è» peu : car c'est un peu par comparaison , qui ne laisse pas en soi-même d'être très-grand ; parce qoe tout est grand y tout est fort dans le règne de la vé» rite et de la justice, oh Dieu se veut faire sentir tel qu'il est.