XC* JOUR
Parabole des dix talens, et des dix mines. Matth. xxr*
i4 — 3o. Luc. XIX. 12 — 27.
La parabole des talens, et celle des mines, semble avoir étéprononcéeen confirmation des dernières pa* rôles que nous avons lues de saint Luc : Celui à qui on donne beaucoup^ oji lui redemande beaucoup,
A chacun selon sa vertu (4) : il parle ici des grâces qui sont données en récompense , on du moins en conséquence d'autres grâces : mais il faut toujours se souvenu' qu il y a les premières grâces qui ne sont pas données de cette sorte , et qui sont absolument
(>) Joan> X. i4i 18. — < (0 /. Joan. ii. 4- "» C^ 3fatth. t. 48.—
• gratuites.
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atuites , ce qui paroit en d'autres lieux de VE vante. Ici nous avons à considérer la distribution des âces qui sont les suites des autres, et Tordre des compenses. Et ce qu'il y a premièrement à observer, »t la proportion et les convenances. On donné chacun selon sa ofertu : chacun travaille et profite proportion de ses talens ; chacun est récompensé Ion son travail. Celui qui a cinq talens , gagne cinq lens. Celui qui en reçoit deux en gagne deux (0. fbii dont la mine en a produit dix ^ reçoit dix lies : et celm dont la nùne en a produit cinq, reçoit nq "villes W : et il ne reste qu'à admirer l'exactiide de la divine justice, par rapport à l'exactitude t à la fidélité d'un chacun.
Celui qui enfouit son talent et sa mine , est jeté d-méme dans le cachot j et dans les ténèbres : et Dn-seulement il ne reçoit rien , ce qui lui étoit dû op visiblement ; mais encore il est puni de sa néligence.
Outre la récompense particulière que chacun re- )it à proportion de son travail , tous reçoivent la 3mmune récompense; d'entrer dans la joie de leur eigneur(?)j et d'être rendus participans de sa fidélité.
Tout est donc ici dans une entière proportion ; i peine, la récompense. Il y en a une commune à >us pour la fidélité qui l'est aussi : il y en a de partinlières selon 1^ diversité du travail : et tout Tordre e la justice est accompli. O Dieu ! je chanterai vos )uanges sur votre justice, et sur votre vérité.
Il paroît par la même raison de proportion et
0) Mauh, XLj, ao, aa. — C») Luc. xix. i6, 17, ig. — (') Matth. cT. aiy a3.
BOS&UET. IX. s» 5
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(Inégalité , que si celui qui avoit reçu cinq talens om deux talens , avoit été paresseux , il auroil été plus puni que celui qui n*en avoit reçu qu'un; et il n'y t plus à chacun qu'à examiner ce qu'il a reçu ^ pour voir ce qu'il a à craindre. O mon Dieu ! que vous aije rendu pour la foi que vous m'avez donnée ; ponr tant de saintes instructions ; pour tant de lumièrei ; pour tant de crimes pardonnes; pour tant de temps, et pour YOtre longue patience ! O Dieu ! que vons ai- je rendu? et ne vous ayant rien rendu , que dois-je craindre ?
Entrez dans la joie de votre Seigneur : jetez ce mauuais serviteur dans les ténèbres extérieures (0. L'un est mis dedans , l'autre dehors : l'un dans la )oie y et dans la lumière y l'autre dans le désespoir et dans les ténèbres. O heureux sort de l'un! O crocl partage de l'autre !
Entrez dans la joie de votre Seigneur. « La yM » entre en nous, lorsqu'elle est médiocre : mais nous » entrons dans la joie y dit saint Augustin, quand die )» surmonte la capacité de notre ame, qu'elle nons » inonde y qu'elle regorge ^ et que nous en sommes » absorbés; qui est la parfaite félicité des saints ».
Ce qui fait le malheur de ces ténèbres , c'est qu'elles sont extérieures. La seule séparation rend le malheur des réprouvés extrême et insupportable : de là ce pleur éternel , de là ce grincement de dents. Si vous n'êtes mis dedans ; si vous n'entrez dans la joie ; toutes sortes de maux tombent sur vous, et la seule séparation vous les attire.
Chassez le serviteur inutile ^ et mettez-le où règne
0) âfatth, XXY, aa, 3o.
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le désespoir. S*il n'a voit rien reçu, il n*auroit pas tant à s'affliger ; mais il a eu le talent ; il Ta négligé : c'est pourquoi son déplaisir n*a point de mesure.
P&iir^e£^n/ioeme/it^/fe7i£5(0. Profonde tristesse dans l'un, et rage dans rautre.,11 est en fureur contre luî-mémey parce qu'il n'a à imputer qu'à lui- même ^ le malheur dont il est accablé.
Je sais que vous êtes un homme difficile : vous moissonnez oh vous n^avez point semé : vous ramasses •& vous n'aifez point répandu W. A Dieu ne plaise ^ que Dieu soit ainsi : car, où n'a-t-il pas semé, et quels dons n'a-t-il pas répandus ? Mais Jésus-Christ nous veut faire entendre par cette espèce d'excès, combien est grande la rigueur de Dieu dans le compte qu*il redemande. Car il n'y a rien qu'il n'ait droit d'exiger de sa créature infidèle et désobéissante , dont le fonds étant à lui tout entier , il a droit de punir son ingratitude des plus extrêmes rigueurs.
Serviteur mauvais et paresseux (3) : Mauvais ^ parce qu'il est paresseux : qui doit tout à la divine justice , seulement pour n'avoir rien mis à profit pour elle.
I\i seras jugé par ta bouche (4). La lumière de la vérité qui parle en nous , prononcera notre sen-> tence : chacun avouera son crime , et ordonnera son supplice. On aura d'autant moins de consolation, quil ne restera aucune excuse, ni par conséquent aucune espérance, aucun adoucissement : car on prononcera cela même contre soi , qu il n'y en doit avoir aucun. De là cette profondeur et cet abîme
(0 ntatth. XXT. 3a. — W I^d. 24. — (') lùid. 26. — (4} Luc.