‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 112 sur 189 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

de tristesse. O mon Dieu , la seule vue m*eii fait horreur : que sera-ce du sentiment et de Tefièt 7

Otez-lui son talent : otez^lui sa ndne^ et donnezla à celui qui en a dix (0. Gomment est-ce que les élus profitent des grâces que les réprouvés auront perdues ? Tiens bien ce que tu as, dit-il , de peur qu'un autre ne reçoiifc ta couronne (^). Les justes profitent de tout , et autant de la négligence des autres qui les instruit, que de leur propre travaiL

A celui qui n'a pas , ce quil semble a\^oir lui sera été (3). Ce qu'il semble avoir ; il n'a rien en efist, parce quil ne garde rien. Un panier , un vaisseiiL percé n'a jamais d'eau, parce que celle qu*il reçoit , il la perd dans le même instant. Âme cassée et brisée, où Teau de la grâce ne tient pas, elle n'a jamais rien de propre : et cependant ce qu'elle semble avoir , lui sera encore ôté. Elle demeurera sèche, dépouilMe, sans bien , sans lumière , sans aucune consolaftioii même passagère ; et il est juste : car il falloit lui Ater tout ce qu'elle gardoit mal. O mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu ! puis-je souffrir la vue de ma pauvreté, de ma douleur , de mon désespoir en cet état malheureux ? Il faut donc prévenir ce mal pendant qu'il est temps.

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