CV.- JOUR
Jérémie excuse au moins son peuple , ri osant prier
pour ha.
Il est vrai que Dieu déclaroit à ce saint prophète qu'il ne vouloit plus Fécouter : Cesse de prier pour ce peuple : n'emploie pour eux, ni la prière, ni les cantiques de louange ; et ne t'oppose point à mes volontés : car je ne t' écouterai pas (2) ; Et il lui disoit
(0 Lament, v. i , ao, ai, aa. — C») Jerem, vu. i6.
encore : Si Moïse aSatHuelsemettoienideyanl moi; foi ce peuple en exécration. Chasse -le de de%Hud ma face. Et s'ils te demandent, Ok irons'^nous ? ts leur répondras : A la mort, celui ^ doit aller à la mort : A Vépèe, celui qui doit être percé par stm tranchant : A la captivité , celui 4pd doit aller ai captivité : et <}ue chacun suive èoù mauvais sort ; jt ne veux pas Ten tirer. Car, qui aura pitié de toi, 6 Jérmsalemi ? ou qui s'ajfUgera peur toi, ou ^ùm prier pour ton repos ? Tu as laissé le Seignemr tm Dieu (0 ! Mais cela méme^ que le saint prophète retenoit ses gëmissemens et ses prières , étoit mt espèce de gémissement et dé prière cachée : et s*l n*osoit plaindre les malheurs de oe peuple justement puni y il en pleuroit les péchés. Qui remplira , dîsoit* ily ma tête d'eaux, et qtd fera couler de mes jeux une fontaine de larmes, afin que f^ pleure nuit H jour ceux de* mon peuple qui ont été tués dans leur iniquité ? Car qui pourroit excuser leurs crimes ? qui . pourroit demeurer davantage parmi eux 7 qui me 1 fera trouver dans la solitude une petite cabane , de celles que les voyageurs y bâtissent , pour leur y servir de retraite ? et que je laisse mon peuple, et que je me retire d'avec eux ? Car ce n*est plus qu'une troupe d'adultères et de prévaricateurs. Leur langue ressemble à un arc tendu , doii il ne sort que men^ songe et calomnie. Ils se fortifient sur la terre, parce qu'ils vont d'un mal à un autre, et soutiennent le crime par un autre crime : ils ne me connoissentplus, dit le Seigneur, Ils se moquent les uns des autres : ils ont appris à leur langue à ajuster un mensonge : ils
(0/crem. XV. i, 3,5, 6.
se sont beaucoup tourmentés; mais à mal faire. Leur demeure est au milieu de la tromperie (0 : et le resta qui n^est pas moins déplorable.
Mais encore qu'il ne pût dissimuler leur malice , il les excusoit le mieux qu^il pouvoit : et lorsque Dieu touché de leur rébellion ^ qui les faisoit sou* lever contre lui malgré toutes ses menaces, lui défendoit de prier pour eux ; parce que , disoit-il , je les veux perdre, et je ne regarderai ni leurs jeûnes, mi leurs prières, ni leurs holocaustes (^) : il leur dfisoit en tremblant et en bégayant, comme un homme ^i n*osoit parler i A , a, a. Seigneur Dieu : leurs prophètes les séduisent : vous ne verrez, leur disentils, ni la peste, ni la famine ; m,ais vous jouirez ysFune véritable paix (3). Il prioit, sans oser prier : il excusoit ces ingrats, et portoit leurs iniquités devant le Seigneur*
J&us, comme Jérémie, sembloit vouloir s^éloigner des JuiÊ : Race incrédule et nudigne^ jusqu'à quand serai 'je avec vous, et vous souffrirai-je (4) ? Mais comme lui , et plus que lui sans comparaison, il conserve toute sa bonté malgré leur malice, et se laisse arracher les grâces , comme il parott dans le même lieu qu'on vient de voir : Race infidèle, serai-je en-* core long-temps parmi vous ^ et contraint de vous supporter? Amenez ici votre fils , que je le guérisse.
(0 Jerem. ix. i, a, 3, 5 , 6. — C»'^ /W<f. xiv. Xi, la. — [^) Ibià, i3. — (4) Maàh. «yu. i6.
^3a MÉDITATIONS
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CVL* JOUR.
Les Juifs mêmes reconnoissent Jérémie pour leur
intercesseur.
Ce peuple ingrat sentit enfin , que J^r^mie loi Aoît donné pour intercesseur ; et après la prise de Jérusalem y ils dirent au saint prophète : Que Thumbh prière ïfue nous faisons à Dieu h vos pieds , vienne jusqu'à vous : priez le Seigneur votre Dieu pour cet restes de son peuple ; et qu'il nous anndnce la voit oh il veut que nous marchions. Jérémie leur répondit : Je m'en vais prier le Seigneur votte Dieu se- Ion vos paroles :je vous déclarerai toutes ses réponses ^ et ne vous cacherai rien. Et ils lui promirent d^exécuter de point en point tout ce que le Seigneur lui ordonneroit pour eux. Que le Seigneur, direntils , soit un témoin de vérité et de bonne foi entre vous et nous : nous obéirons au Seigneur à qui nou$ vous enuojons , soit que vous ayez à nous dire du bien ou du mal de sa part (0. Et Jérémie revint après dix fours : etlenv défendit de la part de Dieu d'aller en Egypte, où il voyoit qu'ils seroient séduits par les idoles de ce peuple. Voilà ^ leur dit- il , ce que vous prescrit le Dieu d'Israël , à qui vous m^auez em^ojé pour porter vos prières à ses pieds : et il les avertit en toute douceur et patience de se souvenir de leur parole y et d'obéir au Seigneur à qui ils l'avoient envoyé, comme ils l'avoient promis. Et après quil leur
(0 Jcrem. xlii. a, 9, etc.
eut
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eut tenu ce pressant discours , Azarias, et Johanan, et les autres superbes lui dirent : Fous meniez : le Seigneur ne vous a point envoyé, et ne nous a point défendu d'aller en Egypte; mais Baruch vous irrite contre nous, pour nous livrer aux Chaldéens^ et nous faire périr à Babylone (0. Après lui avoir fait cette réponse, ils allèrent tous ensemble en Egypte; et ils arrivèrent à Taphnis^ et i^emphis, et i Magdalo, et dans toute la terre de Phaturès : et sans se rebuter de leurs injures et de leur désob^fissance , Jérémie les y suivit avec une patience infatigable , pour les empêcher de përir dans leur idolâtrie. Ils i*dbstinèrent à adorer les faux dieux de cette nation infidèle : et le saint prophète vit përir encore ces mal* heureux restes de Juda , dans le lieu qu'ils avoient choisi pour leur retraite, avec Pharaon Ephrée qui les y avoit reçus C^).