LXIII.» JOUR
La messe est la continuation de la cène de Jésus-
Christ. Ibid.
Reconnoissons donc, chrétiens, que toutes glaces abondent dans ce sacrifice. Jésus est mort une fois , et n'a pu être offert qu'une fois en cette sorte ; autrement il faudroit conclure, que la vertu de cette mort seroit imparfaite ; mais ce qu'il a fait une fois de cette manière , qui étoit de s'offrir ainsi tout ensanglanté et tout couvert de plaies , et de rendre son ame avec tout son sang, il le continue tous les jours d'une manière nouvelle dans le ciel , où nous avons vu par saint Paul , qu'il ne cesse de se présenter pour
65a MÉDITATIONS
noas; et dans son Eglise , où tous les )Our8 il se rend présent sous ces caractères de mort.
Peuple racheté y assemblei-yous pour câébrerki miséricordes de votre Père céleste par Jésus-Chnit immolé pour vous. Oik est le corps de Jésus , là est le lieu de votre assemblée : oU est ce corps , là la aigles doi%^fU accourir {^). Et qu'y feronsr-nous? qu'a fait Jésus 7 il a pris du pain : il a béfii : il a remh grâces dessus : il a fait de saintes prières : il a pris une coupe (a) : il a fait de même dessus. Le prêtre fait comme lui ; on mange , on boit ce corps et ee sang ; on dit Fhymne et on se retire. Soyons attentifs; suivons le prêtre qui agit en notre nom, qui parle pour nous ; souvenons-nous de la cou* tume ancienne y d'offrir chacun son pain et son vin, et de fournir la matière de ce sacrifice céleste. La cérémonie a changé ; l'esprit en demeure ; nous offrons tous avec le prêtre ; nous consentons à tout ce qu'il fait, à tout ce qu'il dit. Et que dit-il? Prier, mes frères j que mon sacrifice et le 'votre soit agréable au Seigneur notre Dieu Et que répondez-vous? Que le Seigneur le reçoiî^ de vos mains» Quoi? notre sacrifice et le vôtre. Et que dit encore le prêtre ? Soui^enez-vous de vos seruiieurs, pour qui nous vous ocrons. Est-ce tout? il ajoute : ou qui vous offrent ce sacrifice. Offrons donc aussi avec lui ; offrons Jésus-Christ ; offrons-nous nous-mêmes avec toute son Eglise catholique , répandue par toute la terre.
Le prêtre bénit , il rend grâces sur ce pain et sur
(■) Mauh, jjLVf. 38. — K^) Ihid. xxYi. 36, 27 , 3o. Marc, -Lxy» ai» aS, a 6,
SUB. LÉVAUGILE. 653
ce vin y qui va être changé au corps et au sang; il prie pour toute VEglise : bénissez , rendez grâces ^ priez. On vient à cette spéciale bénédiction, par laquelle on consacre ce corps et ce sang : écoutez, croyez, consentez. Offrez avec le prêtre ; dites Amen sur son invocation , sur sa prière. Le voilà donc ; il est présent ; la parole a eu son effet ; voilà Jésus aussi présent qu'il a été sur la croix, où il a paru pour nous par Foblation de lui-même (0 ; aussi présent qu'il est dans le ciel, où il paroît encore pour nous devant la face de Dieu (^). Cette consécration , cette sainte cérémonie, ce culte plein de sang, et néan-» moins non sanglant, où la mort est partout , et où néanmoins Thostie est vivante, est le vrai culte des chrétiens; sensible et spirituel, simple et auguste, humble et magnifique en même temps.
Quoi ! durant un si grand mystère , pas un soupir sûr vos péchés ; pas un sentiment dé c'ôiiiponction ! Vous assistez de corps seulement ! Et quoi ! Jésus n'est-il ici que selon le corps ? son esprit n*estil pas aussi avec nous? Et que veut donc dire le prêtre, lorsqu*il nous salue, en disant : DoMUfus voBiscuM : Le Seigneur est a\fec vous : Et a^ec votre esprit, répondez -vous. C'est donc à l'esprit du prêtre, à l'esprit du sacrifice, que vous voulez vous unir; et votre corps est là comme mort, sans esprit, sans foi? Quoi donc, vous ne sentez rien? Vous ne songez pds> que ces espèces sacrées sont l'enveloppe où est renfermé le corps de votre Sau* veur, et comme le drap mortuaire dont il est couvert! Vous assistez au tombeau, où est votre Père
(0 HeL iz. 26. — («) Ihid. a4.
qui est mort percé de plaies pour vous sauver ; et vous êtes insensible ! Vous vous réveillez à ces paroles; mais songez-vous bien, que ce Jésus ici présent ne veut pas vous voir avec le moindre ressentiment contre votre frère ; ou , pour parler comme lui y avec le moindre ressentiment de votre frère contre vous (0 ! Vos autres déréglemens ne lui causent pas moins d*horreur. Allez ^ hypocrites^ quint m*honorez que des lèi^res^ et dont le cœur est Imm de moi ip) : retirez-vous. Non : revenez : ranimezvous ; rentrez en vous-mêmes : donnez du moins un soupir au déplorable état de votre ame. Dites : Je confesserai à Dieu mon péché; et ih}Us me l'avez remis (3). Oui, vous le pourrez confesser avec tant de componction et de si bon cœnr^ qu^il vous sera pstrdonné à Vinstant.