‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 25 sur 189 · XXXV.* JOUR · texte numérisé non relu

XXXV.* JOUR

Le même sujet. Se garder de toute avarice.

Luc. XII. iSy ai.

Ob ne sauroit trop méditer cet admirable discours de notre Seigneur ; Donnez - vous garde de toute amrice (2). Il y a plusieurs sortes d'avarice. Il y en a une triste et sordide , qui amasse sans fin , et sans jouir : qui n'ose toucher à ses richesses, et qui semble, comme dit le Sage^ ne s'être réservé sur elles aucun droit, que celui de les regarder, et de dire : Je les ai P). Mais il y a une autre avarice plus gaie et plus libérale , qui veut amasser sans fin comme lautre ; mais pour jouir , pour se satisfiiire ; et telle étoit Tavarice de Thomme qui nous est dépeint dans cet évangile.

Un tel avare a beaucoup de dédain pour cette

C») Luc. xu. 33. .— C») Jbid. x5. — {}) EccU. v. 9, 10; BOSSUET. IX. 6

8a KÉDITATIOMS

sorte d^avarice, où Ton se plaint tout à soi-même au milieu de Tabondance. Il s'imagine être bien plus sage y parce qu il jouit : mais cependant Dieu l'appelle Insensé (0.

L*un est fol par trop d'épargne , et parce qu*il s'imagine pouvoir être heureux par un bien dont il ne fait aucun usage : mais Tautre est fol pour trop jouir , et paixe qu'il s'imagine un repos solide dans un bien qu'il va perdre la nuit suivante. DonncB^ vous donc de garde de toute avfarice ; et autant de celle qui jouit y que de celle qui se refuse tout. Soyez riche en Dieu : faites de Dieu , et de sa bonté tout votre trésor. C'est ce trésor-là , dont Dn ne peut trop jouir : c'est ce trésor-là où il n'y a jamais rien à épargner , parce que plus on l'emploie plus il s'augmente.

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