XXXVI.- JOUR
Ne point juger. Matth. vu. i , a , et suiv.
N s jugez pas W. Il y a un Juge au-dessus de vous : un Juge qui jugera vos jugemens^ qui vous en demandera compte : qui, par un juste jugement^ vous punira d'avoir jugé y sans pouvoir et sans connoissance^ qui sont les plus grands défauts d'un jugement.
• Sans pouvoir. -Qui étes-vous pour juger le sen^i" teur d' autrui ? S'il tombe ^ ou s'il demeure forme , cela regarde son mattre (3) : c'est à lui de le juger.
(0 Luc, XII. 20. — W MtOtk, vu. I. — i (3) Rom, xiy. 4-
SVK L^ÉTÀNGILB. 83
Ne jugez doqc pas celui dont rous n'êtes pas le îuge.
Ce que saint Paul ajoute ^ juge téméraire , vous ferme encore plus la bouche. Vous prononcez sur Fétat du serviteur d'autrui , et vous dites , ou qu il tombe y on qu^il va tomber. Mais il ne tombera pas, dit saint Paul (0 : Dieu est assez puissant pour l'affermir^ Ne îugez donc pas qu*il va tomber.
Saint Paul continue : Pourquoi jùgez-^ous votre fière ? ou pourquoi méprisez^vous votre frire (*)? Cest votre frère, c'est votre égal : il ne vous appartient pas de le juger. Vous dtes tous deux justiciables du grand Juge , devant qui tous les hommes ont à comparoitre : Nous avons tous à comparottre devant
le tribunal de Jésus " Christ. Chacun jr rendra
compte pour lui-même (3). Ne songez donc point à juger les autres : songez au compte qu'il vous faudra rendre de vousnnéme.
Saint Jacques n'est pas moins fort. // ny a , dit-il (4), qùun législateur, et çuun juge , qui peut perdre un homme, ou le délivrer. D'où il conclut : Qui étes-vous donc vous qui jugez votre frère ? Ce qu'il tire de ce beau principe : Celui qui juge son frère, ou qui médit de son frère , juge la loi , et médit de la loi (^). Car la loi vous a interdit ce ju« gement que vous usurpez. Mais , poursuit ce grand apôtre (^ , si vous jugez la loi , vous ne voulez donc pas vous en rendre l'observateur, mais le juge. Vous vous élevez au-*dessus de votre règle : la loi
t»TJ?om. XIV. 4- — (») IhiJ. 10.— ^3) Jbid, lo, la. — (4) Jac. iv. ia.-C5)/6ûl.ii.^(6)/6û/.
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retombera bientôt sur vous de tout son poids , e vous en serez accable. Voyez en deux versets A cet apôtre , quelle force et quelle lumière de L vérité contre vos jugemens téméraires.
Vous voyez que vous jugez sans pouvoir : mais vou jugez encore sans connoissance. Vous ne connoisseï pas celui que vous jugez : vous n'en voyez pas l'intérieur : vous ne savez pas son intention , qui peut être le justifie ; et si son crime est manifeste , voui ne savez pas s'il ne s'en repentira point , ou s'il m s'en est pas déjà repenti , et s'il n'est point un d< ceux dont la convei-sion réjouira le cieL Ne jugex donc pas.
La charité n est point soupçonneuse : elle nepensi pas le mal : elle est douce : elle est patiente : ell souffre tout : elle croit tout : elle espère tout : ell ne se réjouit pas du mal d' autrui ; mais elle se rè jouit quand tout le monde fait bien en vérité (0 Ainsi elle ne se plaît pas à juger.
D'autant plus qu'en jugeant les autres , elle » jugeroit et se condamneroit elle-même. F^ous été. inexcusable, ô tout homme tjui jugez ; parce quel ce que vous jugez les autres , vous vous condamnex vous-même ; puisque vous faites les mêmes choses que vous condamnez {?). Vous êtes jugé par votn propre bouche , mauvais serviteur , et vous-même vous prononcez votre sentence. En telle forme qm vous jugerez , vous serez jugé : et la mesure qm vous aurez foite aux autres , *sera votre règle (5).
Quelle joie à un criminel d'entendre de la propn
CO /. Cor. XIII. 4> 5, 6, 7. — W Rom, u. i. — C') Mattk, vu. a
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bouche de son juge : Vous ne serez pas Jugé (0 ! Hais pour cela, il faut qu'il' ne juge pas.