‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 65 sur 189 · XXXVL- JOUR · texte numérisé non relu

XXXVL- JOUR

Injustice des Juifs envers Jésus -- Christ. Jésus csolomniéj opprimé par la puissance puNiçue^ m maintient l'autorité. Ibid.

Un peu de réflexion sur Finjustice des hommes. Ils admirèrent Jésus , et sentirent bien qu'ils ne pouvoient Faccuser ni devant le gouverneur, ni devant le peuple {V. Mais se convertissent-ils, et cessentils de le vouloir perdre? Au contraire, plus ils sont convaincus y et moins ils ont de raison à lui opposer^ plus ils lui opposent de fureur.

En apparence ils font les zélés pour la liberté du peuple de Dieu, et contre Tempire infidèle^ puisqu'ils osent même demander avis sur le tribut qu'on lui doit. Mais ceux-là même qui font paroître ce faux zèle, dans trois jours crieront à Pilate : Si vous sauvez cet homme , vous nétes pas ami de César (^). Bien plus ; voici un des chefs de l'accusation : Nous avons trouvé cet homme qui empêchoU de payer le tribut à César (4). Cétoit précisément tout le contraire, comme on vient de voir par sa réponse. Qui peut empêcher la calomnie, si une réponse si nette ne Ta pu faire ? Il ne reste qu'à la^

{})Matih, XXII. ad. — (*) Luc. zz. a6. — C^) Joun. xiz. la:--' (4) Luc. XXIII. a.

souffrir.

sun l'évangile. 2!s5

Hr, si Dieu la permet, et à savoir se contenter >n innocence.

ais cavons encore plus avant dans le cœur hu- [, et apprenons à en bien connoître Tin justice. : qui font ici les zélés conti^e Tempire infidèle , at avoir recours contre Jésus-Christ , et ils en 3nt de même contre ses. disciples. S'agit-il de ;r le peuple? César ne peut rien. Sr*8gjit<-il de

mourir leurs ennemis? César peut tout. Les mes ne trouvent juste que leur$ passions : tout on pour les satisfaire ; et on veut même y faire r la puissance publique y qui est établie pour les imer.

Il reste, jamais réponse ne vint plus à propos celle de Jésus-Christ ; jamais instruction ne fut

nécessaire au peuple juif dans la conjoncture L disposition où il ^toit. Ce peuple s'entretenoit

un esprit de révolte qui éclata bientôt après , i causa la ruine. Les pharisiens et les faux zélcs fntoient secrètement ces mauvaises dispositions. ; Jésus- Christ toujours plein de vérité et de e , ne veut pomt partir de ce monde , sans les r bien instruits sur ce qu'ils dévoient au prince , ins prévenir la rébellion clans laquelle toute la 3n devoit périr.

savoit aussi que ses fidèles dévoient être perses parles Césars, dont même Tautorité et le nom »it dans deux jours intervenir dans le supplice n lui préparoit. Jésus ne rignoroit pas, puisque le il Tavoit prédit ; et qu'une des choses qu'il t marquées en prédisant son supplice, c'est qu'il

BOSSUET. IX. i5

:>26 KLDITATTOirS

seroit livré aux gentils. Le Fils de l'homme, dit-fl, sera Iwré aux gentils pour en être outragé, flagellé, crucifié (0. Il sa voit aussi qu on feroit le même traitement h ses apôtres , et que les Juifs les livreraient aux gentils aussi bien que lui, les traînant devanl les tribunaux et des^ant tous les princes W ^ en haine de son Evangile. Mais quoiqu'il sût toutes ces choses, il fait justice aux princes ses persécuteurs : il maintient leur autorité dont il devoit être opprimé, lui et soii Eglise : et il apprend en même temps à ses disciples, de demeurer comme lui sans aigi-enr, et en toute soumission envers les puissances, en se livrant, a son exemple comme dit saint Piet-re (3), ^ celui qui le jugeoit iniquement.

Ne nous plaignons donc jamais du gouvernement ni de la justice , quand même nous croirions en être opprimés injustement. Mais imitons le Sauveur; et conservant à Dieu ce qui est à lai, c'est-à-dire, la pureté de nos consciences, rendons de bon cœur à tous les hommes, et même aux juges iniques, si le cas j échoit , et à nos plus grands ennemis ce qui leur est dû. C'est ce qu'il fandroit faire quand ils auroient tort : à plus forte raison quand ils ne Tont pas, et que notre seule passion excite nos plaintes.

(*) Mauh. IX. 18, 19. — (*) Marth. x. 17, itt, W I, Pet.

Page 1