XXXV." JOUR
Consultation frauduleuse, et décision pleine de mer^ ueille et de vérité. Rendez h César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Matth. xxn. i5— 22. Marc. xii. 13 — 17. Luc. xx. 20 — 26.
,CoirsinÉRoirs avant toutes choses le caractère de ceux qui viennent consulter le Sauveur. Saint Luc les appelle des hommes artificieux, propres à dresser des embûches : ihsidiatores, selon le grec et selon le latin , et il ajoute : qui contre/aisoient les gens de bien (0. Tout homme qui consulte , £iit l'homme de bien ; car il fait semblant de chercher la vérité : mais sous ce bel extérieur on cache souvent beaucoup d'artifice : on tend des pièges aux *autreSy comme ici on en tendoit au Sauveur : on en tend jusqu'à soi-même ; et il n'y a rien qui soit plus mêlé de fraude y que les consultations y parce que chacun veut qu'on lui réponde selon sa passion.
Ceux que saint Luc a désignés par ce caractère général étoient^ selon saint Matthieu et selon saint Marc, les pharisiens, dont la malice et l'hjqpocrisie est bien connue , et les hérodiens. Ces derniers étoient des politiques , qui faisoient profession d'honorer la mémoire du grand Hérode, ce politique raffiné, qui, pour avoir rebâti le temple avec une
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SUR LÉVANGILE. 221
magnificence presque semblable à celle deSalomon, et pour avoir rétabli en quelque manière le royaume de Judée fort foible et fort appauvri de vaut lui, a voit paru si grand aux Juifs , dont il professoit la religion, que quelques-uns voulurent le prendre pour le Messie. Les politiques et les hypocrites s'entendent fort bien ensemble : et les voilà qui conspirent pour surprendre le Saui^eur.
Us commencent par la flatterie : car c est par-là que Ton commence toujours , lorsqu'on veut tromper quelqu'un : Maître, nous savons que vous êtes méritablej et que vous enseignez la voie de Dieu tn t0Ute sincérité, sans vous mettre en peine de qui que ce soit; car vous ne prenez pas garde à la personne des hommes (0. C'est ainsi qu'on pique d'honneur les hommes vains, pour les faire parler hardiment et sans mesure, et leur faire des ennemis. La matière étoit délicate, puisqu'il s'agissoit du gouvernement : et c'est l'endroit où l'on a toujours tendu le plus de pièges aux serviteurs de Oieu, qui y parce qu'ils sont simples et sans ambition, sont réputés par les gens du monde avoir moins d'égard pour les puissances. Mais Jésus-Christ leur fait bien voir que sans prétendre aux emplois publics, on sait connoitre l'endroit par où il les faut respecter.
JEsi'il permis de payer le tribut à César (2) ? Le peuple juif s'étoit nourri dans cette pensée qu'il ne pouvoit pas être assujetti à des infidèles. Les Romains avoient occupé la Judée, et avoient même réuni à leur empire une grande partie du royaume qu'ils avoient donné autrefois à Hérode et à sa fa-
;•) MaUh. xxn. 16. — (») Ibid, :.
ils admirèrent sa réponse (0, où il régloit tout en* semble et les peuples et les Césars, sans que personne pût se plaindre.