‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 88 sur 189 · LX.« JOUR · texte numérisé non relu

LX.« JOUR

Guides ai^eugles attachés aux petites choses ^ ti méprisant les grandes. Ibid. 23 et »4*

' Par quelle erreur d^ l'esprit humain arrive-t-il qu'on observe la loi en partie , et qu'on ne l'observe pas toute entière ; qu'on en observe les petites choses f comme de payer la dime des plus vils berbageSy et qu'on omet les plus grandes, la justice, la miséricorde, la bonne foi (0? Il y a là une ostentation et un air d'exactitude qui s'étend jusqu'aux moindres observances. Mais il faut encore remarquer ici quelque chose de plus intime. On observe volontiers dans la loi ce qui ne coûte rien à la nature ; où les passions ne souffrent point de violence. On le sacrifie aisément à Dieu : on ne veut pas avoir à se reprocher à soi-même qu'on est sans loi , qu'on est un impie : on s'acquitte par de petites choses, et on se flatte d'avoir satisfait. Mais la lumière éternelle vous foudroie : nfcdloit s attacher à ces grandes

(0 Matth, xxiii. a3.

SUR L^ÉYÀNGILE. Soy

choses f mais sans omettre les moindres (0. Il ne faut las s*y attacher comme aux principales, ni les mé- )riser non plus à cause qu elles sont petites.

Voyez ce que Jésus estime, la justice, la misé- Hcorde, la bonne foi.

Guides aveugles , qui coulez le moucheron, et qui walez un chameau ip). Que le monde est plein de :es fausses piétés ! Ils ne voudroient pas qu'il manjuât un Ave, Maria y à leur chapelet. Mais les rapines, mais les médisances , mais les jalousies, ils les ivalent comme de Teau : scrupuleux dans les petites obligations; larges sans mesure dans les autres.

G^est encore la même chose , que ce qui est dit au 1^. 5. Ils étendent des parchemins , ou ils écri-' voient des sentences de la loi de Dieu (3) , conformément au précepte du Deutéronome (4). Soit que ce fût une espèce d'allégorie , ou une obligation eflective ; ils vouloient bien avoir ces sentences roulantes et mouvantes devant les yeux : mais ils ne se soucioient pas d'en avoir Famour dans le cœur. Il étoit commandé aux Israélites, pour se distinguer des autres peuples , d*avoir des franges au bord de leurs robes, qu'ils nouoient avec des rubans violets (^}. Ce tfvH leur étoit un signal , qu'ils dévoient être attentifs à la loi de Dieu , et ne laisser pas errer leurs yeux et leurs pensées dans les choses qu'elle défendoit. Les pharisiens se faisoient de grandes frangea^ ou dilatoient ces bords de leurs robes, comm^ gens bien attentifs à la loi de Dieu , qui dilatoient ce qui étoit destiné à en rappeler la mémoire. C'est tout

(0 Mauh. XXIII. a3. — (») Ihid. aS, 24.— (3) Ibid, S.'^WDeiét, ri, 8. — (5) i^Tiim. XY. 38. Deut, xxii. la.

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ce que Dieu en aura : une vaine parade f une osten* tation, une exactitude apparente aux petits pcé^ captes aisés y un mépris manifeste des grandi ^ et no cœur livré aux rapines et à ravarice*

Prenez garde dans les religions : un voile ; Ifaabit de Tordre ; les jeûnes de règle. Mais que veut dire ce voile? Pourquoi estril mis sur la tête, comme renseigne de la pudeur et de la retraite? Cestè quoi il falloit penser , et ne mépriser pas les petites choses, qui sont en éfiet la couverture et la défense des grandes : mais aussi ne se pas imaginer que Dieu se paie de cette écorce et de ces grinuK^es.

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