SUR LA HAIHE DES HOMMES
redarguitj et charitatis virtute sustiniUtW. Car pbiir ce qui est de la vérité et de la doctrine y il n*y a plus à espérer d'accommodement ; et en voici la raison. Jésus-Christ a examiné une fois jusqu'oii devoit s'étendre la condescendance : lui qui connoît parfais tement la foiblesse humaine y et le secours qu'il lui donne , a mesuré pour jamais Tune et Tautre avec ses préceptes. Ces grands conseils de perfection y quitter tous ses biens, les donner aux pauvres, renoncer pour jamais aux honneurs du siècle , passer toute sa vie dans la continence , il les propose bien dans son Evangile ; mais comme iU sont au-delà des forces communes , il n'en fait pas une loi, il n'en impose pas l'obligation : s'il a eu sur nous quelque grand dessein que notre foiblesse ne pût pas porter, il en a différé l'accomplissement jusqu'à ce que l'infirmité eût été munie du secours de son Saint-Esprit : Non potesUs portare modb (^). Vous voyez donc ^ chrétiens, qu'il a pensé sérieusement , en esprit de douceur et de charité paternelle , jusqu'où il relâcheroit et dans quelles bornes il retiendroit notre liberté: Il n'est plus temps maintenant de rien adoucir, après qu'il a apporté lui-même tous les adoucissemens nécessaires : tout ce que la licence humaine présume au-delà , n'est plus de l'esprit du christianisme*, ic'est l'ivraie parmi le bon grain; c'est ce mystère d'iniquité prédit par le saint apôtre (3), qui vient altérer la saine doctrine.
La même vérité qui est sortie de sa bouche nous jugera au dernier jour : conformité entre Tun et l'autre état. Telle qu'il l'a prononcée , telle elle pa-
(0 De Bapt. cont. DonaU lib, v, c. xvii, /i. ^3 , tom. ix , col, i53. — (i) Joan. XVI. la. — ^') //. Thess. ii. 7.
POUR LÀ VÉniTÉ. 83
roitra pour pronoacer notre sentence : « Ce. sera le » précepte qui deviendra une sentence » : Justitia conpertetur in judicium (0. Là elle paroît comme dans une.chairepour nous enseigner, là dans un tribunal pour nous juger ^ mais elle sera la même en Tun et en l'autre. Mais telle qu elle est dans Tune et dans Fautre , telle doit-elle être dans notre vie : car quiconque n*est pas d'accford avec la règle , elle le re<^ pousse et le condamne; quiconque vient se heurter contre celte rectitude inflexible , nous vous Tavons déjà dit , il faut qu elle les rompe et les brise.
Désirons donc ardemment que la règle de la vérité se trouve en nosnueurs telle que Jésus-Christra prononcée. Mais afin qu'elle se trouve en notre vie, désirons aussi , chrétiens y qu^elle soit en sa pureté dans la bouche et la doctrine de ceux à qui nous en avons donné la conduite : qu ils nous reprennent , pourvu qu'ils nous guérissent; qu'ils nous blessent, pourvu qu ils nous sauvent , qu'ils disent ce qu il leur plaira , pourvu qu'ils disent la vérité.
Mais après que nous l'aurons entendue, considérons, chrétiens , que le jugement de Dieu est terrible sur ceux qui la connoissent et qui la méprisent. Ceux à qui la vérité. chrétienne n'a pas été annoncée, seront ensevelis, dit saint Augustin (^), comme des morts dans les enfers; mais ceux qui savent la vérité, et qui pèchent contre ses préceptes , ce sont ceux dontDavida dit :.qu' « ils y descendront tout vivant » : Descenderunt in infemum viy entes (3). Les autres y sont comme ei\^rainés et précipités, ceux-ci y descendent de leur plein gré; ceux-là y seront comme
C«) Ps. xciii. i5. — W Enarr» in Ps» wv, /i. i6, tom, iv, coL 5io. — (3) Ps. LIV. i6.
^4 ^^^ ^^ HAiVK BBS firokinss POVH LA TtelTÉ. ctesmérts, elfes àati^tboitatné des divans. CtlâTékit dire , Messieurs , tjue Ht iraxéncé de la tenté leur donnera tin sëiithttetit si Yîf de lénrs peines , qne les autres en coltitMutdBoti ^ ijtloiqâe tonrtaièntés trè»> cnieHéibeiit , isëinbîerôttt connhe morts et instesibles* fit quelle ^era cette vie? t^esfc qn^ils verront étemdlemfent cette Vërité qn*3s cmt coïkibattne : dé quel* qixe côté qù% se touriaent , tonfburs la vérité sera contire eni^ ïn opproBritan, ui vùkant semper (0 : eh linéiques ahtrfes ph)fbnds qti*ils aient tftché de la receler potir ne poinfc ^entendre sa voix, éHe percera ledrir oreilles par de» cris tetrftles ; elle lent parottra ttmte nue ^ inéxoifiddé ^ inflexible , armée de tons sè$ réjprodiés ponr coidbndre éternellement leur iiigràtitttde.
hh ! mes' Frères , ëloigfaons de ^ons uti si grand inaUienr : enfâns de lumière et de vérité, nous devons aimer la lumière ^ même celle qui nous convainc ; nous devons adorer la vérité y même celle qui nous condamne. Et toutefois , chrétiens^ si nous sommes bien conseillés ^ ne soyons pas long - temps en querelle avec Un ennemi isi redoutable : accommodonsnous pendant qu'il est temps avec ce puissant ad- Véi^aire ; ayons la vérité pour amie ; suivons sa lutaière qui Va devant nous , et note ne marcherons point parmi les ténèbres. Allons droitement et honti'étemcnt comme des hommes qui sont en plein jour^ et dont toutes les actions sont éclairées ; et à la fin nous arriverons à la clarté immortelle , et au plein jour de Tétemité. Jhnen. m
i^) Dan, XII. a.
SUE LÀ SATISFACTION. i^5