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Parles actes d'obligation ci -dessus marqués, on ne doit pas entendre toujours des actes méthodiques et arrangés ; encore moins des actes réduits en formules et sous certaines paroles, ou des actes inquiets et empressés : mais des actes sincèrement formés dans le cœur, avec toute la sainte douceur et tranquillité qu'inspire l'esprit
de Dieu.
pans la vie et dans l'oraison la plus parfaite ^
iÇ ORDOlilNAVGE
tous ces actessont unis dans la seule charité, en tant qu'elle anime toutes les vertus , et en commande Texercice, selon ce que dit saint Paul : La charité souffre toutj elle croit toutj elle espère tout > elle soutient tout. On en peut dire autaiit d^s autres actes du chrétien, dont elle règle et prescrit les exercices distincts, quoiqu'ils ne ^c^ént pas tou*jours sensiblement et distinctement aperçus.
Le désir qu'on voit dans les saints , comme dans saint Paul et dans les autres, dé leur salut éternel et paifaite rédemption , n'est pas seulement un désir ou appétit indéiibéré, mais, comtne Tap*pelle le même saint Paul , une bonne volonté que nous devons former et opérer libremait en nous avec le secours de la grâce , comtnci pai^faitement conforme à la volonté de Dieu. Cette proposition est clairement révélée , et la contraire est hérétique.
C'est pareillement une volonté conforme à celle de Dieu , et absolument nécessaire en tout état , quoique non à tout moment, de vouloir ne pécher pas ; et non-seulement de condamùer le pé* ché, mais encore de regretter de l'avoir commis, et de vouloir qu'il soit détruit en nous par le
pardon.
Les réflexions sur soi-même , sur ses actes , et sur les dons qu'on a reçus, qu'on voit partout
pratiquées
SUR LSS ÉTA.TS D^ORAlSOlf. in
pratiquées par les prophètes et par les apôtres pour rendre grâces à Dieu de ses bienfaits , et pour autres fins semblables , sont proposées ponr exemples à tous les fidèles,, même aux plus parfaits ; et la doctrine qui les en éloigne est erronée et approche de Thérésie*
et n*y a de réflexions mauvaises et dangereuses ^ que celles où Ton fait des retours sur ses actions et sur les dons qu on a reçus, pour repaître son amour ^propre, se chercher un appui humain, ou s'occuper ti*op de soi-même.
Les mortifications conviennent à tout état dm christianisme, et y sont souvent nécessaires : et en éloigner les fidèles, sous prétexte de perfec* tion , c'est condamner ouvertement saint Paul , et présupposer une doctrine erronée et hérétique.
L*o raison perpétuelle ne consiste pas dans un acte perpétuel et unique qu on suppose sans in* terruption, et qui aussi ne doive jamais se réitérer; mais dans une disposition et préparation habi« tueUe et perpétuelle à ne rien faire qui déplaise à Dieu, et à faire tout pour lui plaire. La proposition contraire, qui excluroit en quelque état que ce fût, même parfait, toute pluralité et succession d'actes , seroit erronée et opposée à ]ia tradition de tous les saints.
BOSSVET. XXVII. 2
l8 OKOOKHAHGB
11 n*y a point de traditions apostoliques que celles qui sont reconnues par toute TEglise ^ et dont Tautorité est décidée par le concile de Trente : la proposition contraire est erronée ^ et les prétendues traditions apostoliques secrètes seroient un piège pour les fidèles, et un moyen d'iiptroduire toute sorte de mauvaises doctrines.
L^orai^on de simple présence de Dieu , ou de remise et de quiétude ^ et les autres oraisons extraordinaires, même passives, approuvées par saint François de Sales et les autres spirituels reçus dans toute l'Eglise, ne peuvent être rejetées ni tenues pour suspectes sans une insigne témérité; et elles n'empêchent pas qu'on ne demeure tou)oui*s disposé à produire en temps convenable tous les actes ci-*dessus marqués : les réduire en actes im* plicites ou éminens en faveur des plus parfaits , sous prétexte tjue Famour de Dieu les renferme tous d'une certaine manière , c'est en éluder l'obligation y et en détruire la distinction qui est ré*
vélée de Dieu.
Sans ces oraisons extraordinaires on peut de- Tenir un très-grand saint , et atteindre à la per^ fection du christianisme.
Rédaire Tëtat intérieur et la purification de .
BXJt LSS^ ÉTATS d'orAISOR. I9
lamie. à ces oraisons extraordinaires ^ c'est. une erreur manifeste.
C^en est une également dangereuse , d'exclure de Tétat de contemplation, les attributs , leâ trois personnes divines et les mystères du Fila de Dieu incamé , surtout celui de la croix et celui de la résurrection ; et toutes les choses qui ne sont vues que par la foi sont l'objet du chrétien contemplatif.
U n'est pas permis à un chrétien , sotis prétexte d oraison passive ou autre extraordinaire, d'atten-* dre dans la conduite de la vie , tant au spirituel qu au temporel, que Dieu le détermine à chaque action par vole et inspiration particulière : et le contraire induit à tenter Dieu, à illusion et à -nonchalance.
Hors le cas et les momens d'inspiration prophé* tique ou extrsiordinaire , la véritable soumission que, toute ame chrétienne même parfaite doit à Dieu , est de se servir des lumières naturelles et surnaturelles qu'elle en reçoit et des règles de la prudence chrétienne, ^ en présupposait toujours que Dieu dirige . to\it par sa providence ,^ et qu'il est auteur de tout bon conseil.
On ne doit point attacher le don de prophétie, et encore moins l'état apostpUque, à un certain
état de perfection et d'oraison ; et les y attacher^ c'est induire à illusion , témérité et erretir.
Les voies extraordinaires avec les marques qu^en ont données les spirituels approuvés , selon eux-mêmes, sont très-rares , et sont sujettes à Texamen des évêques, supérieurs ecclésiastiques et docteurs y qui doivent en juger, non tant selon les expériences que selon les règles immuables de TEcriture et de la tradition ; enseigner et pratiquer le contraire , est secouer le joug de Tobéiit^ce quLùn doit à TEglise.
S*il y a ou s'il y a eu en quelque endroit de la ^èrre , un très - petit nombre d'ames d'élite , que t)ieù^ par des préventions extraordinaires et particulières qui lui sont connues , meuve à chaque instant de telle manière k tous actes essentiels au christianisme et aux autres bonnes œuvres, qu'il ne soit pas nécessaire de leur rien prescrire pour s*y etciter , nous ie M^otié au jugement de Dieu ; et saïis avouer de piârèâs étals , b'oué disons seulemtet, dans la pratique^ qû^îl n^y a rien de si dangereux ni de si sujet à flluSioh que dé conduire les âmes comme si elles y Soient arrivées , et qu'en tout cas ce n'est point dans ces pimentions que consiste la perfection du christianisme.
Sans tons les4»!tides stisdits^ tu ce qui regarde
SUE LES tVàflS B^OHÀISOlir. ai
la concupiscence y les imperfections^ et principe lement le péché j pour rhpnneur de QOtrç Seigneur y nous n'entendons pas comprei^clre 1^ tçè$-
sainte Vierge sa mère.
Pour le^ âmes que Dieu tient dans les ^pviçvjf^ Job^ qui en est le modèle, leur apprend k fVQ^X&p du rayon qui revient par intervalles p pour produire les actes les plus excellens de f^i , d'f^spérânce et d'amour. Les spirituels leur enseigiiien^t à les trouver dans la cime et plus haute partie de l'esprit. Il ne faut donc pas leur permettre d'acquiescer à leur désespoir et damnation apparente, mais avec saint François de Sales les assurer que Dieu ne les abandonnera pas*
Il faut bien en tout état, princjp^lejmç^t en ceux-ci, adorer la justice vengeresse de • Dieu , mais non souhaiter jamais qu'elle Vexerce sur p.Ojas en toute rigueur, puisque même l'un des e0êM die cette rigueur est de nous priver de l'ai^Qur- L'^**bandon du chrétien est de rejeter e^ J^ieu toute son inquiétude, mettre en sa bonté l'espérapce de son salut , et comme l'enseigi}^ saint Augustin après saint Cyprien , lui donner tout : Ul tpum deîur Deo.
On peut aussi inspirer aux âmes peinées et vraiment humbles une soumission et consentement à la volonté de Dieu ,^quQnd m^ipe par une tr^*
i^a onxiosHkJscE
fausse supposition y au lieu des biens éternels qu^il à promis aux âmes justes y il les tiendroit par son bon plaisir dans dès tourmens étemels, sans nëan-' moins qu'elles soient privées de sa grâce et de son amour 1 qui est un acte d'abandon parfait et d'un amour pur pratiqué par des sainta, et qui le peut être utilement avec une grâce très-particulière de Dieu par les âmes vraiment parfaites : sans déroger à l'obligation des autres actes ci-> dessus marqués y qui sont essentiels au christianisme.
Au surplus , il est certain que les commençans et les parfaits doivent être conduits chacun selon sa voie par des règles différentes, et que les der«< niers entendent plus hautement et plus à fond les vérités chrétiennes,
' Si vous pesez avec attention chacun des articles précédens, vous trouverez que, selon les règles de la plus commune théologie, il n'est pas permis de s'en éloigner, et qu'on ne le peut sans scanda** User toute l'Eglise.
Nous croyons aussi que ceux d'entre vous, qui méditeront et étudieront ces articles, avec la grâce de Dieu y trouveront un corps de doc«> trine qui ne laissera aucun lieu à celle des nouveaux mystiques : sans donner atteinte à celle des docteurs approuvés dont ils tâchent de se couvrir : et de peur qp'on ne les confonde, nous vous nommons expressément , parmi les livres suspects et condaitméS| ceux*çi comme plus connus ; La
GmoE SPIRITUELLE de Midiel de Molinos : La
PRATIQUE FACILE POUR ÉLEVER l'amE A LA CONTEM- PLATION , par François Malaval : Le moten court'
XT FACILE DE FAIRE ORAISON : La RÈGLE DES ASSOCIÉS
A l'enfant Jésus : JLb Cantique des Cantiques de
SaLOHON^ U^TERPRÉTÉ SELON LES SENS MYSTIQUES ET