XII
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lii inalctliction de toutes les remnics , qui mettent Icui-s enfants au monde au milieu des gémissements et des cris? au contraire ne savons-nous pas qu'elle a enfanté sans douleur, comme elle a conçu sans corruption ? Quel est donc le sens de saint Jean, dans eet enfantement douloureux qu’il attribue à la sainte Vierge? ne devons-nous pas entendre , fidèles , qu’il y a deux enfantements en Marie ; elle enfante Jésus-Christ sans peine; mais elle ne nous enfante pas sans douleur, parce qu’elle nous enfante par la charité? Et qui ne sait que les empressements de la charité , et la sainte inquiétude qui la travaille pour le salut des pécheurs, est comparée dans les Écritures aux douleurs de l’enfantement ? Écoutez l’apétre saint Paul : Filioli mei, quos ilerum parturio ' ; ■ Mes petits enfants pour qui je sens • de nouveau les douleurs de l’enfantement. » Tellement que nous pouvons dire que le disciple bien-aimé de notre Sauveur, qui est lui-méme le premier fils de la charité de Marie , nous veut représenter en mystère l'enfantement spirituel de cette sainte mère que Jésus lui avait donnée à la croix ; afin qu’à l’exemple de ce cher disciple tous les autres pussent apprendre que par la vertu féconde de la charité , Marie est la mère de tous les lldcics.
Reconnaissons donc, chrétiens, cette' sainte et divine mère; voyons, dans le mystère de cette journée , quelle part lui donne en notre salut cette charité maternelle. Jésus est notre amour et notre espérance , Jésus est notre force et notre couronne, Jésus est notre vie et notre salut. Mais ce Jésus que le Père veut donner au monde (wur être son salut et sa vie, il le donne par les mains de la sainte Vierge : elle est choisie dès l’éternité pour être celle qui le donne aux hommes. Cette chair qui est ma victime tire d’elle son origine; on emprunte de son sacré flanc le sang qui a purgé mes iniquités. Et ce n’est pas assez au Père céleste de former dans les entrailles de la sainte Vierge le trésor précieux qu’il nous communique : il veut qu’elle coopère par sa volonté à l’inestimable présent qu’il nous fait. Car comme Ève a travaillé à notre ruine par une action de sa volonté , il fallait que la bienheureuse Marie coopérât de même à notre salut. Cest pourquoi Dieu lui envoie un ange : et l'Incarnation de son Fils, ce grand ouvrage de sa puissance, ce mystère incompréhensible qui tient depuis tant de siècles le ciel et la terre en suspens ; ce mystère, dis-je , ne s’achève qu’après le consentement de Marie : tant il a été nécessaire au monde que .Marie ait désiré son salut.
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Mais ne croyons pas, chrétiens, que sis premiers désirs se soient refroidis. Ah I clic est toujours la même pour nous; elle est toujours bonne, elle est toujours mère. Cet amour de notre salut vit encore en elle , et il n'est ni moins fécond , ni moins efllcacc, ni moins nécessaire qu’il était alors. Car Dieu ayant une fois voulu , que la volonté de la sainte Vierge coopérât cfflcaecinent à donner Jésus-Christ aux hommes; ce premier décret ne se change plus , et toujours nous rei-cvons Jésus-Christ par l’entremise de sa charité. Pour qu’elle raison? C'est parce que cette charité maternelle qui fait naître, dit saint Augustin, les enfants de [l’Église ,] ayant tant contribué au salutdesiiommes,dansrincarDationduDieu-Verbc, elle y contribuera éternellcmeut dans toutes les opérations de la grâce, qui ne sont que des dépeudances de ce mystère.
Donc , mes frères , dans tous vos desseins , dans toutes vos difficultés, dans tous vos projets, recourez à 1a charité de Marie. Êtes- vous traversés, allez à Marie. Si les tempêtes des tentations s« soulèvent, élevez vos cœurs à Marie : si sa colère , si l’ambition , si la convoitise vous troublent, pensez a Mai'ie, implorez Marie'. Ses prières touclieront le cœur de Jésus ; parce que le cœur de Jésus est un cœur de fils , sensible a la charité maternelle. Et que n'attendrous-iious point de Marie, par laquelle Jésus même s'csl donné à nous? • mais si nous voulons, dit saint ■ Bernard • , recevoir l'assistance de ses oraisons , « suivons les leçons de sa vie. » Et que choisirons-nous dans sa vie? Suivons toujours les memes principes : entendons que notre ruine étant un ouvrage d'orgueil , le mystère qui nous répare devait être l’œuvre de l’humilité; et afin que nous évitions la malédiction de la rébellion orgueilleuse d’Éve, obéissons avec Marie pour être les véritables enfants de cette mère commune de tous les fidèles '.
* S. Hrrn. tup. Mu*us, Hom. il. n* I7« t. l,cul. 74.<-
* Apprnd. Oper. S liernard. in Salve, Ri‘giii.1. Srrm. i, n* I , t. Il, 0)1. 721.
* Le second point de ce sens on étaol n^peté presque tnot s mot du premier prùnt du précMent, uou» l'avons supprime. IL DtToris arait fait un amalgame de ces deux discoun» , px>ur éviter, dit-il . les répétitions. Mais il n'a pas songe au défaut de liaison et d'uuité auquel il s'exposait, et qu’on aperçoit en efTel dans sa rédaction. Pour prévenir cet inconvénient , nous avons laissé les deux sermons teb que Bossuet les a composés. Ij* lecteur verra qu'en supprimant le second point de relui-ci , il y a très-peu de répétitions ; et que même dans les niororaiix répétés il se trouve des différences notables.
11 est a propos d'avertir ki que nous avons restitué aux sermons pour les Jours de l'ÀnnonciàUon, et de la Purification de la sainte Vierge, le litre qu'iU portent dans le majiuscrit original. Au temps ou Bossuet prêchait, ces fêtes étaient ratigée.s rmnine elles le sont encore dans le Brt'vialre romain , parmi lo feifs de la sainte VjiTge; et on a aussi suivi c«*| or- <lre eu imprimatil l«'» sermons de BuuidakMie et des «ulrcs prcvllculeurs de ce siecle. Peul vire a l on eu rauou , dam les
POUR LA FÊTE