‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 115 sur 273 · AUTRE CONCLUSION · texte numérisé non relu

AUTRE CONCLUSION

DU MÊME SERMON *

Hélas I quel objet ftineste mais quel exemple admirable se présente ici à mon esprit I Me serat-il permis en ce lieu de toucher à des plaies encore toutes récentes , et de renouveler les justes douleurs des premières personnes du monde? Grande et auguste reine que le ciel vient d’enlever à la terre, et qui causez à tout l’univers un deuil si grand et si véritable, ce sont ces fortes pensées, c'est cette attache immuable à la souveraine volonté de Dieu, qui nous a fait voir ce miracle , et d’égalité dans votre vie , et de constance inimitable dans votre mort. Quels troubles, quels mouvements, quels accidents imprévus ont jamais été capables de l’ébranler, ni d’étonner sa grande âme? Ne craignons pas de jeter un moment la vue sur nos dissensions passées, puisque la fermeté inébranlable de cette princesse a tellement soutenu l’effort de cette tempête, que nous pouvons maintenant noos en souvenir sans crainte. Quand il plut à Dieu de changer en tant de maux les longues prospérités de sa sage et glorieuse régence, fut-elle abattue par ce changement? au contraire ne la vit-on pas toujours ferme, toujours invincible, fléchissant quelquefois par prudence, mais incapable de rien relâcher des grands intérêts de l’État, et attachée immuablement à conserver le sacré dépdt de l’antorlté royale, unique appui du repos public, qu’elle a remise enfin tout entière entre les mains victorieuses d'un fils qui sait la maintenir avec tant de force? C’est sa foi, c’est la piété, c'est son abandon aux ordres de Dieu, qui animait son courage; et c'est cette même foi et ce même abandon à la providence , qui , la soutenant toujours malgré scs douleurs cruelles jusques entre les bras de la mort , lui a si bien conservé parmi les sanglots de tout le monde , et parmi les cris déplorables de ses chers et illustres enfants, cette

Ce morceau forme dans le manuscril un hors-d'eravre afoiité après coup, pour appliquer le sermon à la circonslance lie la mort de la reine mère. Dans ce plan , l'auleur devail retraiielier de .son discours, depuis ces mots de la page , Vois, mes /"reeej, îmi/»as rrt tottl ee Mint Aonimr , Jusqu'S

la lin, |Kiur} subslilucr celle péroraison. de Dt/urit. >

force, cette constance, cette égalité qui n’a pas moins étonné qu’attendri tous les spectateurs.

O vie illustre, ô vie glorieuse et éternellement mémorable I mais A vie trop courte, trop têt précipitée I Quoi donci nous ne verrons plus que dans une reine ce noble amas de vertus que nous admirions en deux I Quoi I cette bonté , quoi I cette clémence , quoi I tant de douceur parmi tant de majesté ; quoi I ce cœur si grand et vraiment royal, ces charités infinies, ces tendres compassions pour les misères publiques et particulières ; enfin , toutes les autres rares et incomparables qualités de la grande Anne d’Autriche ne seront plus qu’un exemple et un ornement de l’histoire I qui uous a si têt enlevé cette reine que nous ne voyions point vieillir, et que les années ne changeaient pas? comment cette merveilleuse constitution est-elle devenue si soudainement la proie de la mort? d'où est sorti ce venin ? en quelle partie de ce corps si bien composé était caché le foyer de cette humeur malfaisante dont l’opiniâtre malignité a triomphé des soins , et de l’art , et des VŒUX de tout le monde? que nous ne sommes rien! 6que la force et l'ernhonpoint nesontquedcs noms trompeurs I Car qne sert d’avoir sur le visage tant de santé et tant de vie, si cependant la corruption nous gagne nu dedans , si elle attend , pour ainsi dire , à se déclarer, qu’elle se soit emparée du principe de la vie ; si , s’étant rendue invincible, elle sort enfin tout à coup avec furie de ses embûches secrètes et impénétrables , pour achever de nous accabler? C’est' ainsi que nous avons perdu cette grande reine, qui devait illustrer ce siècle entier; et maintenant étant arrivée au séjour de l’éternité, elle n’est plus suivie que de scs œuvres; et de toute cette grandeur, il ne lui en reste qu’un plus grand compte.

El nunc reges, intelligite; erudimini, qui judicatis terrain' : ■ Ouvrez les yeux, arbitres • du monde ; entendez , juges de la terre. » Celui qui est le maître de votre vie, l'est-il moins de votre grandeur? celui qui dispose de votre personne, dispose-t-il moins de votre fortune? Et si CCS têtes illustres sont si fort sujettes, nous, faibles particuliers, que pensons-nous faire, et combien devons-nous être sons la main de Dieu , et dépendants de ses ordres ? Car sur quoi se peut assurer notre prudence tremblante? que tenonsnous de certain? quel fondement a notre vie? quel appui a notre fortune? et quand tout l'état présent serait tranquille, qui nous garantira l’avenir ? scront-ce les devins et les astrologues? Que je me ris de la vanité de ces faiseurs de pronostics, qui menacent qui il leur plaît , et nous

' Ps. Il, lu.

DE LA SAINTE VIERGE

font à leur gré des années fatales! esprits turbnlents et inquiets , amoureux des changements et des nouveautés, qui , ne trouvant rien à remuer dans la terre , semblent vouloir nouer avec les astres des intelligences secrètes , pour troubler et agiter le monde. Moquons-nous de ces vanités. Je veux qu'un homme de bien pense toujours favorablement de la fortune publique : et du moins n'avons-nous pas à craindre les astres. N on , non , le bonheur et le malheur de la vie humaine n'est pas envoyé à l'aveugle par des influences naturelles; mais dispensé avec choix par les ordres d'une sagesse et d'une justice cachée, qui punit comme il lui plait les péchés des hommes. Ne craignons donc pas les astres; mais, mes frères, craignons nos péchés. Croyons que le grand pape saint Grégoire parlait à nous , quand il a dit ces belles paroles : Peccata nostra barbaricis viribus soeiamui; et cutpa nostra hostium gladios exacuit, quœ reipubticœ vires gravat' : Ne voyezvous pas, dit-il, que l'État gémit sous le poids de nos péchés ; et que joignant nos crimes aux forces des ennemis , c'est nous seuls peut-être qui allons faire pencher la balance? Quand deux grands peuples se font la guerre , Dieu veut assurément se venger de l'un, et souvent de tous les deux ; mais de savoir par où il veut commencer, c'est ce qui passe de bien loin la portée des hommes. Nous savons qu'il a souvent commencé par les étrangers , et aussi il est écrit que souvent '< le • jugement commence par sa maison : » Tempus est utjudicium iacipiat a domo Dei‘. Celui qui réussit le premier n'est pas plus en sûreté que l'autre , parce que son tour viendra au temps ordonné. Dieu châtie les uns par les autres, et il chitic ordinairement ceux par lesquels il châtie les autres. Nabuchodonosor est son serviteur pour exercer ses vengeances, le même est son ennemi pour recevoir les coups de sa justice. Prenons donc garde , mes frères , de ne mettre pas Dieu contre nous; et infidèles à notre patrie et a notre prince, ne nous joignons pas à nos ennemis, et ne les fortifions pas par nos crimes. Faisons la volonté de Dieu , et après il fera la nûtre : il nous protégera dans le temps, et nous couronnera dans rétemite; où nous conduise, etc.

* Uti. V, Ep. IX , ad iifauric. 1. il , col. 747.

> I. /V/r. IV, 17.

TROISIÈME SERMON

POUR LB JOUR

DE LA Pl.BinCATIOS DE LA SAINTE VIERGE.

ExplicaUon dci trob cérémonies de U puriScRtion. ModesUe Inconiparalilede Marie. Sentiments de Jésusdsns son oblation. DtsposiUofis pour une sainte communion, ses fruits et ses effets désirables.

rostquam impleii sont dies purgatiotiis ejus secuiidum le^em Muysi, tulerunt ilium iti Jérusalem, ut sistureut etim Domino, sicut scriptum est in lese Domiiii ; .... et ut darent bostiam secundum quod dictum est in Icge Domini , par turturum aut duos pullos columbarum.

Le temps desa purification étant accompli selon ta loi de MoisCi ils te portèrent à Jérusalem^ pour le présenter au Seigneur, selon qu’il est écrit dans ta loi du Seigneur ... et pour donner ce qui devait étreoffert en sacrifice seton la loi du Seigneur, deux tourterelles ou deux petits de colombes. Luc. ii, 21, 24.

Ce que nous appelons la purification de la sainte Vierge enferme sous un nom commun trois cérémonies différentes de la loi ancienne, que le Fils de Dieu a voulu subir aujourd'hui , ou en sa personne, ou en celle de sa sainte mère, non sans quelque profond conseil de la Providence divine. Elles sont toutes trois très-manifestement distinguées dans notre évangile , comme vous l'aurez pu observer dans le texte que j'ai rapporté exprès tout entier. Or afln de vous ^re en quoi consistaient ces cérémonies, il faut remarquer que selon la loi toutes les femmes accouchées étaient réputées immondes : d'où vient que Dieu leur ordonnait deux choses. Premièrement il les obligeait de se tenir quelque temps retirées et du sanctuaire et même de la conversation des hommes ; puis, ce temps étant expiré, elles se venaient présenter à la porte du tabernacle , afin d'être purgées par un certain genre de sacrifice ordonné spécialement pour cela. Cette retraite et ce sacrifice sont les deux premières cérémonies, ou plutôt ce sont deux parties de la même cérémonie; lesquelles l'une et l’autre ne regardaient principalement que la mère, et se faisaient pour tous les enfants nouvellement nés, de quelque sexe et condition qu'ils passent être, ainsi qu'il est écrit dans le douzième chapitre du Lévitique. Quant à la troisième cérémonie, elle ne s'otocrvaitque pour les mâles, et parmi les mâles n'étalt que pour les aînés , que les parents étaient obligés de venir présenter à Dieu devant ses autels, et ensuite les rachetaient par quelque somme d'argent; témoignant par là que tous leurs aînés étaient singulièrement du domaine de Dieu, et qu'ils ne les retenait que par une espèce d'engagement : c'est ce que Dieu commande ù son peuple en l'Exode, chapitre douzième. Dans ces trois

POUR LA PURIFICATION

cérémonies consiste, à mon a vis, tout le mystère de cette fête ; ce qui m'a fait résoudre de vous les expliquer famlliéremeut dans le même ordre que je les ai rapportées. J’espère que le récit d'une histoire si mémorable , telle qu’est celle qui nous est aujourd'hui représentée dans notre évangile. Jointe à quelques brièves réflexions que je tâcherai d'y ajouter avec l’assistance divine , fournira un pieux entretien à vos dévotions : et je pense en vérité , mes très<hères sœurs , qu'il serait difficile de proposer à votre foi un plus beau spectacle.

Et pour commencer, j'avance deux choses très«ssurées : la première que la loi de la puriflcation présupposait que la femme eût conçu à la façon ordinaire, parce qu'elle est couchée en ces termes : Mutier si susceplo semine pepereril masculum ' ; où il est [clair ] que le législateur a voulu toucher la source de la corruption qui se trouve dans les enfantements ordinaires ; autrement ce mot,suseepto semine, serait inutile et ne rendrait aucun sens. La loi donc de la puriflcation parlait de celles qui enfantent selon les ordres communs de la nature. Je dis en second lieqque la raison de la lot étant telle que nous la venons de dire, après les saints Pères, elle ne regardait en aucune façon la très-heureuse Marie, ne s'étant rien passé en elle dont son intégrité pùt rougir. Vous lesavez , mes très-chères sœurs , que son fils bien-airaé étant descendu dans ses entrailles très-chastes tout ainsi qu’une douce rosée , il en était sorti comme une fleur de sa tige, sans laisser de façon ni d'autre aucun vestige de son passage. D'où je conclus que si elle était obligée è la loi de la purification, c'était seulement à cause de la coutume, et de l'ordre qui ne doitpoint être changé pour une rencontre particulière. Et en effet le cas était si fort extraordinaire , qu'il semblait n’ètre pas suffisant pour apporter une exception à une loi générale.

Or ce n'est pas mon dessein d'examiner ici cette question , mais seulement de vous faire admirer la vertu de la sainte Vierge ; en ce que sachant très-bien l’opinion que l’on aurait d’elle, et qu'il n’y aurait personne qui s’imaginât qu'elle eût ni conçu ni enfanté autrement que les autres mères, elle ne s'est point avisée de découvrir à personne le secret mystère de sa grossesse. Au contraire elle a bien le courage de confirmer un sentiment si préjudiciable à sa virginité, subissant sans se déclarer une loi qui , comme nous l'avons dit , en présupposait la perte. Et je prétends que ce silence est une marque certaine d’une retenue extraordinaire et d'une modestie incomparable. Qu'ainsi ne soit, voussavezque celles de son sexe

qui sont soigneuses de garder leur virginité mettent leur point d'honneur â faire connaître qu'elle est entière et sans tache ; et quelquefois c'est la seuie chose en laquelle elles avoueront franchement qu'elles recherchent la réputation. Cela étant ainsi , je vous prie de considérer que vous ne persuaderez jamais à un gentilhomme , qui se pique d’honneur, de foire quelque action dont on puisse soupçonner en lui de la lâcheté. Or il est certain qu’une vierge est touchée beaucoup plus au vif lorsque quelque rencontre l'oblige à donner sujet de croire qu’elle ait perdu sa virginité, pour laquelle elle a un sentiment délicat au dernier point. Ce qui me fait admirer la vertu de la sainte Vierge, qui ne craint pas d’observer une cérémonie qui semblait si injurieuse â sa très-pure virginité ; qui ayant moüis besoin d’étre purifiée que les rayons du soleil , obéit comme les autres à la Ibi de la purilicatioii , et offre avec tant de simplicité le sacrifice pour le péché, c’est-â-dire, pour les immondices légales qu’elle n’avait nullement contractées; et qui par celte obéissance confirme la créance commune qu'elle avait conçu comme les autres femmes, bien- loin de désabuser le monde dans une rencontre qui semblait si pressante, et de faire connaître aux hommes ce qui s'était accompli en elle par l'opération de l'Esprit de Dieu..

Certes il faut l'avouer, mes Irès-chàm sœurs, cela est du tout admirable ; surtout la très-heureuse Vierge ayant de son cAté, si elle eût voulu se découvrir, premièrement la vérité qui est si forte, et après l’innocence de ses mœurs qui n’appréhendait aucune recherche; puis sa grande sincérité à laquelle les gens de bien eussent eu peine de refuser leur créance, et enfin un témoignage irréprochable en la personne de son mari , qui avec sa bonté et naïveté ordinaire eût dit qu’il était vrai que sa femme était très-chaste , et qu'il en avait été averti de la part de Dieu. Et cependant nous ne lisons pas qu'elle en ait jamais parlé : an contraire nous voyons son grand silence expressément remarqué dans les saintes Lettres. Une seule fois seulement sa joie éclata , lorsque sollicitée par la prophétie de la bonne Élisabeth sa cousine, qui la proclamait bienbeureuse , elle lui décliargea son cœur, et se sentant obligée de rendre hautement ses actions de grâces à la divine bonté, elle chante dans l’épanchement de son âme que le Tout-Puissant a fait en elle des choses très-grandes '. Partout ailleurs elle écoute , elle remarque , elle médite , elle repasse en son cœur ; mais elle ne parle jamais.

Ce qui me surprend davantage , c'est qu’elle

' Irril. >11 , ï.

' ti/c. I, 49.

DE LA SAINTE VIEBGE

seule garde le silence , pendant que tous les autres s'occupent à parler de son tlls. Que ne dit pas aujourd'hui le bon Siméon, et à qui ne donnerait-il pas envie d’exprimer toutes scs pensées touchant cet aimable enfant qui fait aqjourd'hui toute sa joie , toute son espérance , tout son entretien? Marie se contente d'admirer à part soi les choses extraordinaires qui se disaient de son (Ils, ainsi que l'évangéliste le remarque fort expressément. Non pas qu'elle en fût surprise , comme si eile eût ignoré quel il devait être, elle i qui l'ange avait dit si nettement qu'ii serait appelé le Fils du Très-haut , et qu’il siégerait à jamais sur le trône de David son père. Et certes vous jugez bien qu’il n’est pas croyable qu’elle ait oublié les paroles de l'ange , elle dont il est écrit qu'elle retenait si soigneusement celles des bergers. Et quand il n'y aurait eu que la manière admirable par laquelle elle l'avait conçu, car du moins ne lui peut-on pas dénier cette connaissance, le moyen de s'en taire à moins que d'avoir la vertu et la retenue de Marie?

Mais certes il (hllait qu'elle se Ht voir par scs actions si soumises, la mère de celui qui après sa glorieuse transfiguration dit à ses disciples :

• Gardez-vous bien de perler de ce que votis ve-

• nez de voir, jusqu’à ce que le Fils de l'homme

• soit ressuscité • Et il y a dans son Évangile beaucoup d'antres paroles qui sont dites en ce même sens, par lesquelles nous connaissons que le Fils de Dieu , qui a daigné témoigner quelque sorte d'impatience pour l’ignominie de sa croix ;

■ J’ai, dit-il ', à être baptisé d’un baptême, et

■ comment suis-je pressé en moi-même jusqu'à

• ce qu'il soit accompli! « ^i donc , qui a témoigné quelque sorte d'impatience pour l'ignominie de sa croix , n’a jamais fait [ paraître ] le moindre désir de la manifestation de son nom , attendant le temps préflx marqué précisément par la Providence divine. C'était lui , c’était lui , chères sœurs, qui donnait ce sentiment à sa sainte mère, afin de faire voir qu'elle était animée de son mêmeEsprit. Ainsi elle jouit seuleavecDieud’une si grande joie, sans la partager qu'avec ceux à qui il plaît au Saint-Esprit de la révéler. Die attend que Dieu découvre cette merveille lorsqu’il sera expédient pour la gloire de son saint nom. Elle est vierge. Dieu le sait, Jésus son cher fils le sait, ce lui est assez. O silence! ô retenue! ô âme parfaitement satisfaite de Dieu seul et du témoignage de sa conscience! Une mère si éclairée, se contenter d'être au nombre des écoutants au sujet de son fils unique; ne parler pas même des choses où sa virginité qui lui est si chère

• Mattk. XVII, 0.

* Lhc. sli » &0-

semble intéressée , laisser croire au monde tout ce qu’il voudra et tout ce que Dieu permettra qu’il croie , cacher une si grande gloire et modérer ses paroles dans une joie qui devait être si excessive] Sauveur Jésus , Dieu caché, qui ne làites paraître à nos yeux que votre faiblesse , qui avez inspiré cette humilité si profonde à la bienheureuse Marie votre mère , faites-nous goûter vos douceurs en simplicité ; vous seul contentez nos désirs, vous seul soyez suffisant à nos âmes.

La seconde cérémonie consistait en un certain genre de sacrifice , comme je vous le rapportais au commencement de ce discours. Or Dieu avait ordonné en cette rencontre différentes sortes de victimes, qui pouvaient être offertes légitimement. • On offrira, dit-il', un agneau d’un an

• avec une tourterelle ou un pigeonneau. Que si

• vous ne pouvez offrir un agneau , ajoute le Sei- ■ gneur, si vous n’en avez pas le moyen , vous

• offrirez deux pigeonneaux ou une paire de tou> « terelles. • Par où vous voyez que l’on pouvait suppléer au défaut de l’agneau par les pigeonneaux ou la tourterelle; et cela se faisait oïdinairement par les pauvres, pour lesquels la loi semble avoir donné ce choix des victimes : les pigeonneaux et les tourterelles , c’était le sacrifice des pauvres. Maintenant souffrez que je vous demande quelle victime vous pensez que l’on ait offerte pour le Roi du ciel. Écoutez , je vous prie , l’évangéliste saint Luc : Ils offrirent, pour lui, dtt-ll, une paire de tourterelles , ou deux pigeonneaux. Une paire de tourterelles , ou deux pigeonneaux ; mais lequel des deux, saint évangéliste? Pourquoi cette alternative? Est-ce ainsi que vous racontez une chose faite? Pénétrons, s’il vous plaît, son dessein : tout ceci n’est pas sans mystère. Certes l’intention de l’évangéliste n'est pas de nous rapporter précisément laquelle victime en particulier a été offerte , puisqu'il nous donne cette alternative : deux pigeonneaux , ou une paire de tourterelles. Ce n’est pas aussi son dessein de faire une énuméralion de toutes les choses qui pouvaient être offertes en eette cérémonie selon les termes de la loi de Dieu , puisqu’il ne parle point de l’agneau. Quelle peut donc être sa pensée? est-ce point qu'il nous veut faire entendre que c’eût été hors de propos qu’on eût offert un agneau en ce même temps , où l’on apportait dans le temple le vrai agneau de Dieu qui venait effacer les péchés du monde? ou bien n’est-ce pas plutôt que l'évangéliste nous fait entendre , qu’il n’est pas nécessaire que nous sachions quelle a été précisément la victime offerte pour nuire Sauveur; pourvu que nous connaissions que le sacrifice

■ Ln it. xtl , 0 . 8.

POUR LA PURIFICATION

iib

quel qu'il ait été^ était le sacrifice des pauvres : par lurturum, aiU duos puUos columbarum ' ?

Chères sœurs, qui poussées de l'Esprit de Dieu avez généreusement renoncé à tous les biens et ! même à toutes ies espérances du monde , réjouissez-vous eu Notre-Seigneur. Jamaisy eut-il liomme plus pauvre que le Sauveur ? son père gagnait sa vie par le travail de ses mains et par l'exercice d'un art mécanique : lui-mème il n'avait rien en ce monde, pas même une pauvre retraite ni de quoi appuyer sa tête. Certes les historiens remarquent que souvent à la nativité des grands personnages , il s'est vu des choses qui ont servi de présages de ce qu'ils devaient être pendant la vie. Ne nous rapporte-t-on pas qu'on a vu fondre des aigles ou sur la chambre ou sur le berceau de ceux qui devaient être un jour empereurs ? Et on raconte de saint Ambroise et de quelques autres, qu'un essaim d'abeilles s'était reposé innocemment sur leurs lèvres, pour signifier la douceur de leur éloquence. O épouses de Jésus- Christ I dans ces dernières fêtes que nous avons célébrées, que nous avons vu de présages de i'extrême pauvreté dans laquelle Jésus devait vivre I Quel est l'enfant si misérable dont les parents n'aient pas du moins quelque chétive demeure , où ils puissent le mettre à couvert des injures de l'air au moment qu’il vient au monde? Jésus, rebuté de tout le monde, est plutôt, ce semble, exposé , que né dans une étable. Ainsi il naquit , ainsi il vécut, ainsi il mourut. Il a choisi le genre de mort où on est 1e plus dépouillé , et nu qu'il était à la croix il voyait ces avares et impitoyables soldats qui partageaient ses vêtements et jouaient à trois dés jusqu’ù sa tunique mystérieuse. Ne fut-ll pas enterré dans un sépulcre emprunté? et les draps dans lesquels son saint corps fut enseveli , les parfums desquels il fut embaumé , furent les dernières aumônes de ses amis. De sorte que pour ne se point démentir dans cette action, qui était comme vous le verrez tout à l’heure une représentation de sa mort, il veut que d’on offre pour lui le sacrifice des pauvres , une paire de pigeonneaux ou deux tourterelles. O Roi de gloire, < qui étant si riche par la condi-

tion de votre nature , vous êtes fait pauvre pour • l'amour de nous, afin de nous enrichir par vo- - tre abondance ■ inspirez dans nos cœurs un généreux mépris de toutes ces choses que les moi^ tels aveugles appellent des biens, et faites-nous trouver dans le ciel cet unique et inépuisable trésor que vous nous avez acquis au prix de votre sang par votre ineffable miséricorde.

‘ LUC. Il , SI.

* 11. Cor. VIII,

Nous lisons deux raisons dans l'Exode , pour lesquelles Dieu ordonnait que les premiers-nés lui fussent oiTerts. De ces deux raisons je prendrai seulement celle qui sera la plus convenable au mystère que nous traitons, à laquelle je vous prie de vous rendre un peu attentifs. Dieu pour faire voir qu'il était le maître de toutes choses , avait accoutumé d’en exiger les prémices comme une espèce de tribut et de redevance. Ainsi voyons-nous que les prémices des fruits lui sont offertes , en témoignage que nous ne les avons que de sa seule munificence. Pour ceia il demandait tout ce qui naissait le premier, tant parmi les hommes que parmi ies animaux , se déclarant maître de tout. D'où vient qu'après ces mots par lesquels il ordonne , en l'Exode , que tous les premiers-nés lui soient consacrés ; Sancti/ica mihi omne primogenitum... tainde hominibus guaia dejumenlis >, il ajoute incontinent la raison : car tout est à moi. « Sanctiflez-moi , dit-il , tous les

• premiers-nés , tant parmi les hommes que parmi . les animaux ; car tout est à moi , • mea sont entm omnia. Et il exigeait ce tribut particulièrement à l'égard des hommes , pour se faire reconnaître le chef de toutes les familles d'Israël ; et afin qu'en la personne des aînés , qui représentent la tige de la maison, tous les autres enfants fussent dévoués à son service. De sorte que pur cette offrande les ainés étaient séparés des choses communes et profanes, et passaient au rang des saintes et des consacrées. C'est pourquoi la loi est prononcée en ces termes : Separabis omne quod aperit vulvam Domino' ; « Vous sc-

• parerez tous les premiers-nés au Seigneur. «

Et c'est en ce lieu que je puis me servir des paroles du grave TAullien et appeler avec lui le Sauveur Jésus l'Illuminateur des antiquités ’ , qui n'ont été établies que pour signifier ses mystères. Carquel outre est plus sanctifié au Seigneur que le Fils de Dieu, dont la mère a été remplie de la vertu du Très-Haut? d'ou l'ange concluait que ce qui naîtrait d'elle serait • saint'*. > Etvoici qu'étant ■> le premier-né de toutes les créatures, • ainsi que l'appelle saint Paul et étant de plus les prémices du genre humain, on le vient aujourd'hui offrir à Dieu devant ses autels, pour protester qu'eu lui seul nous sommes tous sanctifiés et renouvelés , et que par lui seul nous appartenons nu Père éternel , et avons accès ù l’autel de s;i miséricorde. Ce qui lui fait dire à lui-même : Ego pro eis sanctifico meipsum ^ : • Mon Père , je

; ' JSxrta. XIII, 8.

l ■ Ibid. 11.

! • ,4dv. Marvion. lili. IV , n* 40.

I * Lhc. I, 3S.

* * Ci*lua. 1, IS.

* Jonn. »vn, I». *

■gk

DE LA SALNTE VIERGE

• me consacre pour eux : > aHn d'accomplir cette pniphétie qui avait promis à^nos pères qu'en lui toutes les nations seraient bénites c'est-à-dire, ranctiflées et consacrées à la Majesté divine.TclIes sont les prérogative&de son droit d'atnesse , telles sont les obligations que nous avons à ce pieux aîné, c'est-a-dire, au sauveur Jésus, qui s'est immolé pour l'amour de nous.

Et à ce propos je vous prie de considérer les paroles que l'apôtre fait dire à Notre-.Seigneur dans son épitre aux Hébreux, chapitre dixiéme; elles sont tirées du psaume trente-neuvième, dont voici les propres termes cités par l'apôtre : Holocaulomala pro peccato non tibi plamcrunt ;tunc dixi : Ecce venio’ : • Les holocauste%et les

■ sacrilices pour le péché ne tous ont pas plu , 6

■ mon Père ! alors je me suis offert, j'ai dit : J'irai

• moi-mérae, afin d'exécuter votre volonté; ■ c'est-à-dire, comme l'entend l’apôtre, l’ouvrage de notre salut, ^■c vous semble-t-il pas, chères sœurs, que ces paroles ne sont faites que pour cette cérémonie? Saint Paul les fait dire à Notre- Seigneur en entrant au monde : Ingrediens mundum dixit ^ Or le Fils de Dieu n'avait que six semaines, lorsqu'on le vint offrir à Dieu dans son temple ; de sorte qu'il ne faisait à proprement parler que d'entrer au monde. Et selon cette doctrine je me représente aujourd'hui le sauveur Jésus, à même temps qu’on l'offre au Père éternel , prendre déjà la place de toutes les victimes anciennes , afin de nous consommer à jamais (>ar l'unité de son sacrifice : tellement que cette cérémonie était comme un préparatif de sa passion. Jésus-Christ dans sa tendre enfance méditait le dessein laborieux de notre rédemption , et déjà par avance se destinait à la croix. Si je me suis bien fait entendre, mes très-chères sœurs, vous avez vu un rapport merveilleux des anciennes cérémonies que le Fils de Dieu subit aqjourd'hui avec les mystères de notre salut.

Mais après avoir vu les sentiments de notre Sauveur dans cette mystérieuse journée ; si vous aviez peut-être une sainte curiosité de savoir de quoi s'entretenait la bienheureuse Marie , je tâcherai de vous en donner quelque édairéissement par une considération très-solide. Toutes les cérémonies des Juifs leur étaient données en figures de ce qui se devait accomplir en Notre- Seigneur ; et bien qu’elles fussent différentes les unes des autres, toutefois elles ne contenaient qu'un seul Jésus- Christ. Ceux qui étaient grossiers et charnels n'en considéraient que l'extérieur, sans en pénétrer le sens. Mais les spirituels et les éclairés , à tra-

' Cene*. XIII, 18.

* Mfbr. 1,6, 7-

•Mirrr. — T. III

vers des omhres et des figures externes, contemplaient intérieurement par une lumière céleste les mystères du sauveur Jésus. Par exemple dans la manne ils se nourrissaient de la parole étemelle du Père , faite chair pour l'amour de nous ; vrai pain des anges et des hommes ; et leur fol leur faisait voir dans leurs sacrifices sanglants la mort violente du Fils de Dieu pour l’expiation de nos crimes. Que si les Juifs teloirés entendaient en un sens spirituel ce qu'ils célébraient corporellement ; à plus forte raison la très-heureuse Marie ayant le Sauveur entre ses bras et l’offrant de ses propres mains au Père éternel, faisait cette cérémonie en esprit : c'est-à-dire,joignait son intention à ce que représentait la figure externe, c est-àdire, l'oblation sainte du Sauveur pour tout le genre humain racheté miséricordieusement par sa mort , ainsi que je vous le représentais tout à l'heure. Ce qui me fiiit dire, et ce n’est point une méditation creuse et imaginaire , que de même que la sainte Vierge , au jour de l'Annonciation , donna son consentement à l'incarnation du Messie, qui était le sqjet de l'ambassade de l'ange ; de même elle ratifia , pour ainsi dire , en ce jour le traité de sa passion : puisque ce Jour en était une figure et comme un premier préparatif. Et ce qui confirme cette pensée, ce sont les paroles de Siméon. Car comme en cette sainte journée son esprit devait être occupé de la passion de son fils ; pour cela il est arrivé non sans un ordre secret de la Providence, que Siméon après avoir dit en fort peu de mots tant de choses de Notre-Seigneur, adressant la parole à sa sainte mère , ne l'entretient que des étranges contradictions dont son fils sera traversé , et des. douleurs amères dont son âme sera percée à cause de lui. > Celui-ci, dit-il ', • est établi comme un signe auquel on contredira ; « et votre âme , ô mère , sera percée d'un glaive. • Ou vous devez remarquer la résignation la plus parfaite à la volonté divine, dont jamais vousayez ouï parler. Car la sainte Vierge entendant une prophétie si lugubre , et en cela plus terrible, que , n'énonçant rien en particnlier, elle laissait appréhender tontes choses, elicnes’informe point quels seront donc ces accidents si étranges que ce bon vieillard lui prédit; mais s'étant une bonne fois abandonnée entre les mains de Dieu , elle se soumet de bon cœur, sans s’en enquérir, à ce qu’il lui plaira ordonner de son fils et d’elle. Voilà comme la sainte Vierge unissant son intention a celle de son cher fils, se dévouait avec lui à la Majesté divine.

C’est ici, c'est ici, chrétiens * , à propos dccctte

‘ i,uc. n, 34.

* O iuürc«iauâé(éfait>ép«rfmfnt parTauleur. pour «dtp* ter son Mnsoo ii U cvrviuonkr dont U parit. Kl U fit clair qua

POUR LA PURIFICATION

offrande parfaite , que je vous veux sommer de votre parole, et vous faire souvenir de ce que vous avez fait devant ces autels. Lorsque vous avez été aggrégés à la confrérie , n'avez- vous pas protesté solennellement que vous réformeriez votre vie? Or en vain faisons-nous de si magniflques promesses, en vain nous mettons-nous sous la protection de Marie, en vain la prenons-nous pour notre exemplaire , en vain nous assemblonsnous pour écouter la parole de Dieu , si on voit toujours les mêmes déréglements dans nos mœurs. C’est pourquoi aujourd’hui que la très-innocente Marie présente son fils à Dien , qu’elle se dédie d’elle-méme à sa majesté, servons-nous d’une occasion si favorable; et renouvelant tout ce que nous avons jamais fait de bonnes résolutions, dévouons-nous pour toujours au service de Dieu notre Père. Mais je ne ‘m’aperçois pas que ce discours est trop long , et que je dois quelques paroles d’exhortation à ceux qui , invités par la solennité de demain , désirent participer à nos redoutables mystères.

Chrétiens, si vous désirez faire une sainte communion; tel qu’était Simeon lorsqu’il embrassa Notre-Seigneur dans le temple, tels devezvous être, approchant de la sainte table. Le saint homme avait une telle passion pour notre Sauveur, qu’il ne pensait jour et nuit è autre chose qu’à lui : et bien qu’il ne fût pas encore venu au monde ; comme sa foi le lui montrait dans les prophéties, il attachait tontes ses affections à ce doux objet. Ce violent amour produisait en lui deux mouvements très-puissants : l’un était un ardent désir de voir bientôt luire an monde la consolation d'Israël; et l’antre, une ferme espérance que toutes choses seraient rétablies par son arrivée : Expectabat redempUonem Israël'. Le saint vieillard soupirait donc sans cesse apres le Sauveur ; et parmi la véhémence de ses désirs , l’Esprit de Dieu , qui les lui avait inspirés , lui fit concevoir en son àme une certaine créance qu’il ne mourrait point sans le voir. Depuis ce temps-là chaque jour redoublait scs saintes ardeurs; et peut-être n’y avait-il plus que son amour et son espérance qui soutint ses membres cassés , et qui animât sa décrépite vieillesse Tels devez-vous être, si vous voulez dignement recevoir le sacrement adorable. Soyez embrasés d’un tendre et ardent amour pour le Fils de Dieu , qui vous fasse établir en lui toute l’espérance de votre cœur ; que votre âme soit enOammée d’une sainte avidité de vous rassasier de cette viande celeste , que le Père

telle aète ion intention , puisqu'il rappelle en tel r de cette aJdition les doq ou six demiefes lignes qui la précédent. ( Édit. de Pè/orû. )

I Zor. Il , Sa.

DE LA SAINTE VIERGE

éternel nous a préparée en son Fils. Car y a-t-il chose au monde plusdiési rable que de joui r d U corps et du sang de Notre-Seigneur, et du prbe de notre salut ; que de communiquer à sa passion ; que de tirer de sa sainte chair, autrefois pour nous déchirée , une nourriture solide par la méditation de sa mort ; que de recevoir, par l’attouchement de cettecbairviviliante , et l’abondance du Saint- Esprit , et les semences d’immortalité ; que d’être transformés en lui par un miracle d’amour? Poussés de cet aimable désir, venez en esprit dans le temple ainsi que le bon Siméon : Et venit in sptrilu in temp/um ' . Que ce ne soit ni par coutume , ni pour tromper le monde par quelques froides grimaces ; mais venez comme le malade au rcremède, comme le mort à la vie, comme on amant passionné à l’objet de ses affections : venez boire à longs traits et avec une soif ardente cette eau admirable qui jaillit à la vie éternelle. Et lorsqu’on vous présentera ce pain céleste, goûtez à part vous combien le Sauveur est doux ; qu’un extrême transport d’amour vous faisant oublier de vous-même, vous attache et vous colle au Seigneur Jésus. Cest là qu’il faut savourer cette viande délicieuse en silence et en repos. Regardez le bon Siméon ; comme l’évangéliste nous distingue ses actions , et comme il sait saintement ménager sa joie. 11 le prend entre ses bras, dit saint Luc , il bénit Dieu , et enfin il éclate en action de grâces : Suscepit eum in ulnassvas, et benedixit Deum, et ait’. Mais devant que de parler, que de regards amoureux ! que d’ardents baisers I quelle alrândance de larmes I il faut donc, avant toutes choses, que votre âme se fonde en joie : jouissez du baiser du Sauveur, c’est le même que Siméon embrassa ; et s’il se cache à vos yeux , il se montre à votre foi : et le même qui a dit à scs disciples : Bienheureux les yeux qui voient ce que vous voyez ’ ! a dit aussi pour notre consolation ; Bienheureux ceux qtii croient et qui ne voient pointai Après que votre âme s’épanouisse et se décharge , à la bonne heure , en hymnes et eu cantiques ; que tous vos sens disent ; O Seigneur, qui est semblable à vous ^? et que ce sentiment pénètre jusques à la moelle de vos os. Ensuite entrez , à l’exemple de notre vieillard, dans un dégoût de la vie et de scs plaisirs, épris des charmes incompréhensibles d’une parfaite beauté : Envoyez-moi maintenant en paix , 4 Seigneur! Hune (Umitlis scrtmni luum inpace^.

Que vous dirai-je de cette divine paix que le

> Ibid. SS.

> Ibid. X, a.

t Joan. XX, 2^.

‘ Pt. xxxiv. II.

« Lhc. Il , 29.

Page 1