‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 24 sur 273 · SUR LA RÉCONCILIATION AVKC NOS FRÈRES · texte numérisé non relu

SUR LA RÉCONCILIATION AVKC NOS FRÈRES

graud Augustin' I • Faites dès à présent, nous « dit-il , ce que Dieu tous menace do faire iui-

• même ; cessez de détourner vos regards de des-

• sus vous, en vous dissimuiant vos actions, et

• mettez-vous vous-méme devant votre face. Mon-

> tez ensuite sur te tribnnai de votre conscience ; « soyez votre juge : que ta crainte vous tienne

• tieu de bourreau , et que par son tourment etie

• produise eu vous une saiutaire confession. Mais

• lorsque vous aurez ainsi confessé votre péché ,

• appliquez-vous sérieusement et travaillez sans

• reliche é guérir les plaies qu’il vous a feites.

• Votre premier travail doit être de vous déplaire

> à vous-même, de condamner et d'attaquer vos

• péchés, et de changer en mieux votre vie : > Prier labor ut displieeas Mi, ut peccata expugnes , ut muteris in mtliut. C’est ainsi que firent les Ninivites. Dieu les menace de les renverser, et ils se renversent eux-mêmes en détruisant jusqu’à la racine leurs inclinations corrompues. < Ninive est véritablement renversée, puisque tous « ses mauvais désirs sont changés en bien; elle

• est véritablement renversée, puisque le luxe de

• ses habits est changé en un sac et un cilicc ; la . superfluité de ses banquets , en un Jeûne austère ;

• la joie dissolue de ses débauches , aux saints

• gémissements de la pénitence : > Subvertitur plane Ninive, cum calcatis deterioribus Mtudiis ad meliora convertitur; subvertitur, fnqvam, dum purpura in cilicium, affluentia in je- Juttium, lœlitia mutalur in jtetam‘. O ville heureusement renversée! Renversons Ninive en nous.

Mais écoutons encore : il ne suffit pas de nous condamner, il ne suffit pas de changer nos mœurs. La bonté entreprenant sur la justice , la justice fait quelques réserves. Parce que Jésus-Christ est bon, il ne faut pas que nous soyons lèches ; an contraire nous devons être d’autant plus rigoureux à nous-mêmes, que Jésus4^hrist est plus miséricordieux. [C'est dans ces dispositions que le saint roi pénitent disait à Dieu :] ■ Je mange la

> cendre comme le pain , et je mêle mon breuvage

• de mes larmes, à eause de votre colère et de votre

• indignation ; > (juia cincrem tanquam pattern tnattducabam , et polum meum eum JJrtu miscebam, a fade iræ et indignationis tuœ^. [Les Ninivites entrèrent dans les mêmes sentiments ;]

• ils jugèrent le remède de la pénitence si efficace,

• qu’ils crurent que le jeûne même de tous leurs . anlmauxleur serait salutaire : • Ninivites, tant

* IhP$. xuj.n" M,t. iv,0ül. 160. In Pt. xxxTii, n* 2t, •oi.SliO.’ In Pi. LU, n* ^,cnf.B70.

■ S. Enchrr. LngJ. Nom. Ut Pfcnit. fiimiv. Biblioth. PP. ItifU. I. Tl, p. 640.

* a, lu, 11.

manifestum Judicantes ufftietionis remedium , utsibi eliam animaiium crederent profit! urum esse jejunium' .

0 spectacle digne de la joie des anges! parc que l'homme accuse. Dieu n’accuse plus : l'homme se joignant avec la justice, lui fait tomber le» armes des mains; il l’affaiblit, pour ainsi dire, en la fortifiant : Dieu lui pardonne, parce qu’il ne se pardonne pas; Dieu prend son parti, parce qu’il prend le parti de Dieu : parce qu’ii se joint à la Justice contre soi-même , la miséricode se joint à lui contre Injustice. N'épargnons pas, mes frères, des larmes si fructueuses; frustrons l’attente du diable par la persévérance de notre douleur ; plus nous déplorons la misère ou nous sommes tombés, plus nous nous rapprochons du bien que nous avons perdu.

.SKRMON

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LE CINQUIÈME DEMANCHE APIlteLA l’ENTECOI E, SUE LA EÊCOHCILIATION.

Molifii prvftiuinta que ]iSuis*ChrlM emploie doua porter

â ooe affection mutoelle. Le Micritlœ d‘oralson , Incapable de plaire a Dieu , a’il n'calufft'rl par U charib* fralrriM'lIc. Oblittation de prier avec toun no» fhTt's et pour (ou» frem : pourquoi ne pouvom-noos noua en acquitter &i nou» W haistsons. Combien aveuKle»«*t ii\|UNU« In a'>er»i(*iis que nous cunce%'onk contre eux. (^mditioo que Dieu oou.<i iuipotte |Mjur obtenir le pardon de nos fautes.

Si ofTera muniia tiium a<l allare, et ibi recordatus ftiert-> quia frnler tiiiis babel ali<|uid sd\ersiim te; relinquc ibt miinua timm ante altare , rt vatle priu.x recoucüiari fratri tuo : et lUDc venient oÂeroi inuiiua tuum.

Si étant *ur le point dê faire rotre offrandr ti Vautrt , votts potu iotwenei que votre frère a quelque cAoir contre vous; laistrsûà votre offrande devant l'autelnet allez vont réconcilier auiHirarant «irc votre frère : après cela vous viendrez présenter voire of frande. MatUi. v, 23, 24.

Certes la ductrinc du Sauveur Jésus est aecompagnée d'une merveilleuse douceur, et toutes ses paroles sont pleines d'un senUmeut d'humanité extraordinaire; mais le tendre amour qu'il a pour notre nature, ne paraît en aucun lieu plus évi* demment que dans les difTérents préceptes qu’il nous donne dans sou Évangile pour entretenir inviolablemeiit parmi nous le lien de la charité fraternelle. Il voyait avec combien de fureur les hommes s'arment contre leurs semblables; que des haines furicust's et des aversions implacables divisent les peuples et les nations ; que parce que nous sommes séparés pur quelques Heu-

' s. Eucker. Engtl. l/"m. de Pftnif. .ViniV. Biblioth. PP. LttgU. L XI, p. 640.

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