‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 32 sur 273 · A L’ÉGARD DES PÉCHEURS · texte numérisé non relu

A L’ÉGARD DES PÉCHEURS

Abque peccato ■ : encore connait-il bien par sa propre expérience combien est grand le poids du péché ; • il a daigné porter les nôtres à la croix

• sur ses épaules innocentes : • Peccata nosira ipse pertulitin corpore suo super lignum'. ün dirait • qu'il s'est voulu rendre en quelque sorte « semblable aux pécheurs : > /a similitudinem camis peccoH, dit saint Paul’, afin de déplorer leur misère avec une plus grande tendresse. De là ces larmes amères, de là ces plaintes charitables que nous avons vues aujourd'hui dans notre évangile.

Et Je remarque, ô fldèles , que cette compassion ne l'a pas seulement accompagné dorant le conrs de sa vie : car si l'apétre l'a , comme vous voyez , attachée à sa qualité de pontife ; selon sa doctrine, tout pontife doit compatir. Or le Sauveur n'a pas seulement été mon pontife, lorsqu'il s'est immolé pour mes péchés sur la croix : ■ mais à présent il est entré au sanctuaire par la

• vertu de son sang; aûn de paraître pour nous

• devant la face de Dieu4, > et y ezercerun sacerdoce étemel selon l’ordre de Melcbisédecb. 11 est donc pontife et sacrifleateur à Jamais ; c'est la doctrine du même apôtre : ce qui a donné la hardiesse à l'admirable Origène de dire ces affectueuses paroles ; • Mon Seigneur Jésus picore

• encore mes péchés, il gémit et soupire pour . noos : > Dominus meus Jésus luget eliamnunc peccata mea, gémit suspiratque pro nobis^. Il veut dire que , pour être heureux, il n'en a pas dépouillé les sentiments d’humanité : il a encore pitié de nous; il n'a pas oublié ses longs travaux, ni toutes les autres épreuves de son laborieux pèlerinage : il a compassiou de nous voir passer une vie dont il a éprouvé les misères, qu'il sait être assiégée de tant de diverses calamités. Ce sentiment le touche dans la félicité de sa gloire, encore qu'il ne le trouble pas ; Il agit en son cœur, bien qu'il n’agite pas son cœur : si nous avions besoin de larmes , Il en donnerait.

Pour moi, Je vous l’avoue , chrétiens, c’est là mon unique espérance ; c'est là toute ma Joie et le seul appui de mon repos : autrement, dans quel désespoir ne m'abîmerait pas le nombre infini de mes crimes? Quand Je considère le sentier étroit sur lequel Dieu m’a commandé de marcher ; la prodigieuse difficulté qu'il y a de retenir, dans un chemin si glissant, une volonté si volage et si précipitée que la mienne; quand je jette les yeux sur la profondeur impénétrable du cœur de i'homme, capable de cacher dans ses replis

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