DEVANT LES RELIGIEUSES URSULINES DE MEAUX
Terriblf compir qa'rlle» auront S rondre dra grâces rpiVIIes ont reçues. Perfection qu'eilgent d'eUes les VŒUa qu'elles ont Uils d'ans leur probssloo. Tendresse et sollicitude pastorale du prélat pour ses lillts. MoUfs qui l'ublisent d'esiger d’elles une otsIUsance enUâre. Etroite union qu'il dCsire voir régner entre elles.
Quid hoc audio de le? redde rationcm Tlllicationis toæ.
Qu'esta que j’entends dire de musf rendez compte
de votre administration. Ce sont Ica paroles de Jésiia-
Cluiat danal'érangiledece jour, en saint Luc, an, 3.
Je suis bien aise , mes filles , de ne m'en aller pas sans vous dire adieu : mais c'est un court adieu , puisque je ne m'éloigne que pour peu de temps; et j'espère même que je serai ici le dernier jour de ce mois. Il me semble que je ne pouvais mieux choisir que ces paroles pour le sujet de cette conférence ; pour vous laisser quelque chose qui soit profitable et utile & votre salut, et qui s'imprime dans vos cœurs.
Ces paroles de l’Évangile s'entendent d'un seigneur qui ayant donné ses terres et confié son bien à un certain homme et ayant appris qu'il en faisait un mauvais usage, qu'il avait tout dissipé, le fait venir en sa présence , et lui dit ces paroles : - Qu’est-ce que j'entends dire de vous? - quel bruit est venu à mes oreilles? J'ai appris que vous avez dissipé mes biens et en avez fait un mauvais usage : venez, rendez compte de votre administration.
C'est ce que Jésus-Christ dit à chacun de nous en particulier : et le premier sens de ces paroles |H'ut être appliqué et entendu des pasteurs. Et il inc sembleque j’entends cette voix ; Qu'cutcuds-
je, qu'entends-je de vous? rends compte, rends compte de ton administration. Où est cette charité pastorale? où est ce zèle apostolique? où est cette sollicitude ecclésiastique? où est cette inquiétude spirituelle? où est cette charité chrétienne? où est ce soin de la perfection ? Quand je fais réflexion à ces paroles , je vous avoue , mes filles, que cette voix me fait trembler. Que puis-je faire et que puis-je répondre, sinon ; Mon Dieu, ayez pitié de moi? [li ne me reste d’autre ressource que] d’attendre et de demander la miséricorde de Dieu , et de m'abandonner à sa providence.
Mais il ne faut pas que vous pensiez que ces paroles soient mises dans l'Évangile seulement pour les pasteurs de l'Église , et pour les personnes supérieures; elles s'adressent aussi à tous les chrétiens, et à vous, mes sœurs, tout particulièrement. Car • on demandera beaucoup à celui « qui a reçu beaucoup ' ; > et on demandera peu à celui qui a reçu peu. Jésus-Christ nous dit dans l'Évangile* que celui qui avedt cinq talents, on lui en demanda cinq autres; et celui qui n'en avfüt que deux, on ne lui en demanda que deux. C'est le Maître qui parle, il n’y a rien à dire : sa parole est expresse.
Qu'avez-vous reçu? Examinez un peu , mes sœurs, les grâces que Dieu vous a faites, nonseulement comme au commun des chrétiens, vous donnant la grâce du baptême et vous faisant enfants de Dieu ; mais encore la grâce de la vocation religieuse , grâce pour suivre les conseils évangéliques ; mais de plus vous donnant une abondance de lumières pour connaître les misères du monde , et les difficultés de s'y sauver. Envisagez un peu les occasions qu'il y a de se perdre dans le monde, les scandales , les médisances, les mauvais exemples , les sensnalités, les dissensions; et vous connaîtrez les grâces que Dieu vous a faites , voua faisant entrer dans la religion où vous ferez votre salut avec plus de paix , de repos , et avec moins d’inquiétude que dans le monde, n'ayant point de plus grande affaire que l'unique soin de votre salut. Prenez que je vienne aujourd’hui, non pas comme une personne particulière , mais de la part de Dieu , qui m'envoie vous demander compte de l'administration de tous ses biens : Qu'entends-je de vous? rendez compte de votre âme et de votre vocation. Qu'entends-je dire de vous? quelles sont ces négligences? Quelles affections humaines! quel oubli de votre âme! de votre âme, non pas parce qu'elle est votre âme ; mais à cause qu'elle appartient à Jésus-Christ I
' Inr. XII . 4^.
* .VufM. 1VY.30, ÎJ.