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DE LA PEM ECOTE.
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* i'raiiilr,maisun esprit de force eide charité ■; » i monde comme dans un cliump de bataille, (jour et tel est l'esprit du christianisme dont lesajiôtres combattre mille ennemis découverts et mille inouï etc remplis. ' nemis invisibles! Parmi tant de difllcultés et tant
En effet, considérons attentivement I histoirc de i^rils qui nous environnent, devons-nous pas de l'Église naissante; qu'y voyons- nous d'ex- : être nourris dans un esprit de force et de fermeté; traordinaire, et en quoi y remarquons-nous cet , nlin d'étre toujours Immobiles malgré les plaisirs esprit du christianisme ? En ces deux effets admi- qui nouslenlent, malgré les afllietions qui nous
râbles , je veux dire , en Ui fermeté invincible et en la sainte union de tous les fidèles; et vous le j verre/, clairement, si vous voulez seulement en- | tendre ce que saint Luc a dit dans les Actes : - Ils j
• furent remplis de l'Esprit de Dieu : " Itrpleti i sunt omnes Spirilu sancln; et de là qii'cst-il arrivé? Deux choses que saint l.uc a bien remar- ; quées : Loquebaniur cum JUlucia' \ première- I ment , • Ils parlèrent avec fermeté ; ■ voyez-vous I pas cet esprit de force? Et il a joute aussitôt après, |
• et ils n'etaient tous(|u'un cœur et qu'une àme, » cor unum et anima niia ’ ; et c'est l'esprit de la charité. 'Voilà donc , et n'en doutez pas , quel est l'esprit du christianisme ; voilà quel était l’esprit de nos pères : esprit courageux, esprit pacilique ; esprit de fermeté et de résistance ; esprit de charité et de douceur : esprit qui se met au-dessus de tout par sa force et par sa vigueur ; • esprit qui se
• met au-dessous de tous par la condescendance
• desacbanté:‘PcrcAaritatemsercitcinvicem^.
Tel est l'esprit de la loi nouvelle : «chrélicus,
• ne l'éteignez pas : •Spiri/um nolilecxUnquere'. Imitez l'Eglise naissante, et la ferveur de sespremiers temps, dont je vous dois aujourd'hui proposer l'exemple. Conservez cet esprit de force, par lequel vous pourrez combatlre le monde; conservez cet esprit d'amour, pour vivre eu runitc de vos frères dans la paixduchristianisme ; deux points que je traite en peu de paroles , avec le secours de la grâce.
PBEHIER POIXT.
Disons donc, avant toutes choses, que les chrétiens doivent être forts, et que l'esprit du christianisme est un esprit de courage et de fermeté : car si nous voyons dans l'histoire , (|iic des peuples se vantaient d'être belliqueux ; parce que des leurpremicre jeunesse on les préparait à la guerre, on les durcissait aux travaux, on les accoutumait aux périls; combien devons-nous être forts, nous qui sommes dès notre enfance enrôles par le saint baptême à une milice spirituelle dont la vie n'est que tentation , dont tout l’e.xereice est la guerre, et qui sommes exposés au milieu du
• II. Tim. 1,7.
> yid. IV. 31.
' JbiJ. 33.
• Cal. V, 13.
• II. Tim. V. I»
frap|>cnt, malgré les tempêtesqui nous menacent ? Aussi voyons-nous d.ins les hicritures, (|ue Dieu prévoyant les combats où il engageait ses fidèles,
" leur ordonne de se renfermer et de demeurer • en reposjusqu’a ccqu’il lésait revêtus de force : Srdctc in civitatc, qnoadusque induamini rirliile ex alto'-, leur montrant par cette parole, que , pour soutenir les efforts qui atlm|uent les enfants de Dieu en ce monde. Il faut une fermeté extraordinaire.
C’est ce qui m'oblige, mes.sieurs, à vous propos»-r aujourd’hui trois maximes fondamentales de la générosité chrétienne , lesquelles vous verrez pratiquées dans l’histoire du christianisme naissant , et dans la conduite de ces grands hommes que le Saint-V!sprit remplit en ce jour : voici quelles sont ces maximes , que je vous prie d’imprimer dans votre mémoire. Mépriser les présents du monde , scs richesses , ses biens , ses plaisirs ; voilà la première maxime. Mais parce qu'en refusant les présents du monde , on encourt infailliblement ses disgrâces : non-seulement mépriser sT's biens, mais encore mépriser sa haine, et ne piLs craindre de lui dépl.iirc, voilà la seconde maxime. Et comme sa haine étant méprisée se tourne en une fureur implacable : non-seulement mépriser sa haine, mais sa rage, mais ses menaces, et enfin se mettre au-dessus des maux que la fureur la plus emportée peut faire souffrir à notre innocence; voila la troisième maxime: c’est ce qu’il nous faut expliquer par ordre.
La première maxime de force que nous donne l'esprit du christianisme, c'est de mépriser les présents du monde ; et lu raison en est évidente ; carc’csl un principe très-indubitable que notre estime ou notre mépris suivent les idées dont nous sommes pleins, et les espérances que l’on nous douue. Voyons donc dequclles idées nous remplit l’esprit du christianisme, et quels désirs il excite en nous. Il faut que vous l’appreniez de saint Paul par ces excellentes paroles qu'il adresse aux Corinthiens: Non enim spirilmn hiijun mundi nccepimu.i : • Nous n’avons pas reçu l’esprit de « ce monde; » et par conséquent concluez que le chrétien véritablo n’est pas plein des idées du monde. Quel esp it avons-nous reçu 7 Sed Spiritum qui ex Deocsl ; • un ICspril qui est de Dieu, ■
‘ l.uc. XXIV, VJ
10 roi! U 1.1
(Ut saint Paul , <!l il en ajoute celte raison : ■ A fm • que nous sachions, poursuit-il, toutes les ehoses " que Dieu nous donne : ■ L't sciamus quœ a Dco (lunata sunt nobis ', Quelles sont ces choses que Dieu nous donne, sinon l'adoption des enfants, lï’palitéavec les anges, fhéritagedeJesus-Christ, la communication de sa gloire , la socKtc de son trône? Voilà quelles sont les idées que le Saint- Esprit imprime en nos âmes : il y grave l’idée d’un bien éternel, d'un trésor qui ne se perd, d'une vie qui ne finit pas , d’une paix immuable et perpétuelle. Si je suis picmdeces grandes choses , et si j’ai l’esprit occupé d’espérances si relevées, puisje estimer les présents du monde î Car, ô monde , qu’opposeras-tu à ces biens infinis et iiu^stimables? Des plaisirs? mais seront-ils purs? Des honneui's? seront-ils solidi>s? l.a faveur? est-elle durable? La fortune? est-elle assurée? Quelque grand établissement? es-tu capable de m’en garantir une jouissance paisible, et me rendrastu immortel [lour posséder ces biens sans inquiétude? qui ne sait qu’il est impossible? La ligure de ce monde passe ; tout ce que les hommes estiment n’est que folio et illusion; et l’esprit de grâce que j’ai reçu , me remplissant des grandes idées des biens éternels qui me sont donnés, m’a élevé au-dessus du monde, et ses présents ne me sont (ilus rien. Te|lc est la première maxime de la générosité chrétienne.
Mais, fidèles, ce n’est pas assez: sivousn’aimez pas le monde, il vous haira; ceux qui méprisent les présents du monde encourent infailliblement sa disgrâce; et il faut ou s’engager avec lui, en recevant scs faveure, ou rompre ouvertement ses liens, et ne pas craindre de lui déplaire ; et c’est la seconde maxime de l’Esprit du christianisme. Car c’est une vérité très-constante, que jamais les hommes ne produiront rien qui soit digne de l'Évangile et de l’esprit de la loi nouvelle, tant qu’on n’aura pas le courage de renoncer à la complaisance , et de se résoudre à déplaire aux hommes. En effet, considérez, chrétiens, les lois tyranniqtics et pernicieuses que le monde nous a imposées contre les obligations de notre baptême. N’est-cc pas le monde qui dit que de pardonner, c'est faiblesse ; et que c’est manquer de courage, que de modérer sonnmhitiun? A’estcc pas le monde qui veut que la jeunesse coure aux voluptés; et que l’âge plus avancé n'ait de soin que pour s’établir, et que tout cède à l’intérét? N’est-ce pas une loi du monde , qu'il faut nécessairement s’avancer, s’il se peut par les bonnes voies, sinon s’avancei'par quelque fatmn; s’il le faut, par la fiatteric; s’il est besoin, même par le crime? N’est-ce pas ce que dit le monde?
> I. Cmr. II. U.