CONTRE JÉSUS-CHRIST
SIf FÂYEUn DE BÂfiÀBBAS.
Begpondtmê autem pnuei, ait illiê : Quem vultis vohiâ de dmobu» dinUtli? At ilH dixerunt : Barabbam. Dixit illis Pilahu : Quid ifitur faciam de Jesu, qui diciiur Chrisius? Dieuni omnes : Cruci/lgatur,... Sanguis ejut tuper nos et smperJUiot noeiroe.
Pflate lear dit : Qui voalez-TOus qu'on voos remette Ides deux? Barabbas, dirent-Us. Pilate leur reparut : Que ferai-Je donc de Jésus, qu*on appelle Christ? Tous lui répondirent : Qoll soit erocUié..... Que son sang retombe sur nous et sur DOS eofaots. Sàuit Hatth. , chap. 27.
S'il y aune image naturelle du péché , et du pécheur qui le commet , n*e8t-ce pas celle-ci , chrétiens , 011 nous voyons tout un peuple animé de la plus aveugle passion , donner, sur le Fils même de Dieu , la préférence à un insigne voleur, et consentir à porter toute la malédiction que doit attirer sur leur tête le sang de ce Dieu-Homme si injustement répandu , et sa mort poursuivie avec tant de ▼iolence ? Combien d*autres réflexions me fournirait rinconstance de cette nation, qui depuis peu de jours avait reçu le Sauveur du monde avec tant d'applaudissements et de cris de joie, et Tavait conû>léde bénédictions; l'obstination invincible et i'animosité des pharisiens, qui, non contents de tout ce qu'ils avaient déjà entrepris contre Jésus- Christ, veulent achever de le perdre , et forment le détestable dessein de le faire cruciGer ; la faiblesse de Pilate, qui n'a pas la force d*employer son autorité à défendre ce prétendu criminel , dont il connaît toute l'innocence , et qui, pour le tirer de leurs mains, use d'artifice, et lui fait l'affront de le mettre en parallèle avec Barabbas; que ne pourrais-je pas, dis-je, vous représenter sur tout cela , et quel sujet de morale n'auraîs-je pas à traiter? mais je
m'en tiens à la pensée de saint ChrysostAme, et dans une juste application de la conduite des Juifs à la nôtre, quand nous nous élevons oontre Dieu par de grièves transgressions de sa loi : il me sufQt aujourd'hui de vous apprendre à craindre le péché , à le haïr et à le fuir, à le regarder comme le plus mortel ennemi de vos âmes, et à vous en préserver commedu plus grand de tous les maux. Nous avons deux choses à considérer dans le péché : premièrement la malice du péché, et secondement la peine du péché. Or l'une et l'autre ne se trouvent ici que trop bien exprimées , et ce sera le partage de cet entretien. Les Juifs, en renonçant Jésus-Christ, lui préfèrent Barabbas : voilà la malice du péché. Et par une si indigne préférence , ils se rendent devant Dieu responsables du sang de Jésus-Christ : voilà la peine du péché. Je dis, la malice du péché, dont nous devenons nous-mêmes coupables, en sa- . crifiant ànos passions tous les intérêts de Dieu. Je dis, la peine du péché, dont nous nous chargeons nous-mêmes , et à quoi nous nous exposons, en suscitant contre nous le sang de Jesus-Christ et toute la justice de Dieu. C'est tout le sujet de votre attention.