SUR LHDBULITÉ BE LA FOL
monde voudraient que Dieu les gouvernât par la saison : et Dieu leur répond : Je veux que ce soit la foi qui vous gouverne , ou plutôt je veux moimême vous gouverner par la foi. Toutes sortes de considérations Ty engagent, mais en particulier oelle-cî : qu'étant d'aussi faibles et d'aussi petites créatures que nous le sommes, il n'est pas juste que nous soyons les juges et les arbitres de ce qui concerne ses adorables mystères et ses impénétrables conseHs : que si c'était par la raison que nous fussions conduits, ce ne serait point précisément à sa divine parole que nous nous soumettrions; mais qu'avec cette raison qui nous servirait de guide, nous jugerions de sa parole même , et noos nous érigerions un tribunal au-dessus de lui; ce qui sans doute ne nous appartient pas, ni ne bous peut jamais appartenir.
IX: Quoi donc, dit un sage du numde, n'ai-je pas droit de demander la raison des choses que Dieu me déclare, ou qu'on me déclare de sa part, et qu'on m'ordonne de croire? Eh! qui vous aurait donné ce droit, et pourquoi voudriez-vous vous l'attribuer à l'égard de Dieu et de l'Église de Dieu, lorsque tous les jours et en mille sujets vous croyez de simples hommes, sans caractère et sans autorité, sur leur seule parole? Combien y a-t-il de choses dans l'univers qui vous sont inconnues, et dont néanmoins vous ne doutez pas, parce que vous vous en rapportez au témoignage des savants? Il est étrange, dit saint Hilaire , que nous soyons si humbles dans la profession que nous faisons de ne pas savoir la plupart des secrets de la nature , et qu'il n'y ait qu'à l'égard dea mystères de Dieu et des points de la religion, que nous fassions paraître une ignorance présomptueuse et pleine d'orgueil.
X. Nous savons en quels abîmes cette dangereuse présomption et cet orgueil a précipité tant d'hérésiarques et leurs sectateurs; nous savons à quelles extrémités et quels exoès ils se sont portés. Ils ont mieux aimé abandonner la religion de leurs pères, déchirer le sein de leur mère , qui est PÉglise, être séparés de la communion de leurs frères, qui sont les fidèles , passer pour des analhèmes dans le monde, voir le trouble et la confusion qu'ils causaient, que de se relâcher d'un sentiment erroné et nouveau, dont ils étaient préoccupés. S'ils avaient pu dire une fois : Je me suis trompé, je me suis trop laissé remplir de mes pensées, et je ne devais pas m'y attacher avec tant d'opiniâtreté; s'ils avaient pu, dis-je, parler de la sorte, et agir ensuite conformément à cet aveu , combien de maux cette humble confession eût-elle arrêtés? Dieu en eût tiré sa gloire, l'Église en eût été édifiée, la foi en eât triomphé, et eux-mêmes ils s'en seraient fait devant tout le peuple chrétien une couronne de mérite cl d'honneur. Mais il eût fallu pour cela s'humilier ei