SUBSTITUTION DES GBAGES DU SALUT
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f» Kes enÛDts de la promesse sont tombés dans fareuglement le plus profond , et dans un abandon- ■ement qui s*est perpétué de génération en généralioo, et d*oii ils ne sont jamais revenus. Vengeance tfrine dont nous n*avons pas seulement la preuve dans cette nation réprouvée , mais ailleurs. On a tu des provinces , des royaumes, des empires, où la Traie Église de Jésus-Christ dominait, et où la plus pure et la plus fervente catholicité formait les milliers de saints, perdre tout à coup la foi de leurs pères , et se précipiter dans tous les abîmes M Tesprit de mensonge les a conduits, pendant que cette même foi, proscrite et bannie, passait au delà des mers, et portait le salut a des sauvages et 3 des infidèles. Voilà , dis-je , ce que Ton a vu , et de quoi nous avons encore devant les yeux 1rs tristes monuments. Plaise au ciel'de ne nous pas enlever un si ridie talent, et que nous ne servions pas d'exemple à ceux qui viendoont après nous , comme nous en servent ceux qui nous ont précédés. Le danger est plus à craindre et plus pressant que nous ne le croyons; puissions-nous y prendre garde ! Substitutions particulières , d'un homme à un autre homme. Dans Fancienne loi , Jacob eut la bénédiction qui, par le droit d*atnesse, appartenait à son frère Ésaû : ûgure si familière a Tapôtre saint Paul , et qu'il met si souvent en œuvre. Dans la loi nouvelle, saint Matthias succéda à Judas, déchu deTapostolat; entre quarante martyrs sur le point de consommer leur sacrifice, un fut vaincu et manqua de constance; mais dans le moment même un autre fit le quarantième , et emporta la couronne. Ce n'est pas pour une fois que des solitaires , que des pénitents , que des justes se sont pervertis, et qu'en même temps des mondains, des pécheurs scandaleux, des impies ont été touchés, ont ouvert les yeux ; non-seulement sont revenus à Dieu, mais se sont élevés à la plus haute sainteté. On est encore quelquefois témoin de certaines chutes qui étonnent, et d'autre part on entend aussi parler de certaines conversions qui ne paraissent pas moins surprenantes. Chacun en juge selon sa pensée, et chacun prétend en connaître les véritables causes ; mais si nous pouvions approfondir les secrets de Dieu, nous trouverions souvent que cela s'est fait par un transport de grâces que cdul-là a rejetées, et dont celui-ci a profité.
Quoi qu'il en soit, n'oublions jamais l'avis que saint Paul donnait aux Romains, de ne se laisser point enfler des dons qu'ils avaient reçus, mais de se tenir toujours dans une crainte humble et salutaire. Si nous pouvons croire avec quelque confiance que nous marchons dans le chemin du salut et de la perfection chrétienne, humilions-nous à la vue de tant d'autres qui, après y avoùr passé de longues amiées, et y avoir fait incomparablement plus de
progrès que nous , ont eu le malheur d'en sortir, et de s'engager dans la voie de perdition, où ils ont péri. Et si nous voyons un pécheur plongé dans toutes les abominations du vice et du libertinage , ne pensons point avoir droit de le mépriser; mais humilions-nous encore à la vue de tant d'autres aussi corrompus, et, pour ainsi dire, aussi perdus, que lui , qui ont eu le bonheur de se reconnaître , de se relever, d'acquérir, par la ferveur de leur pénitence , un fonds de mérites que nous n'avons pas , et de parvenir dans le ciel à un point de gloire où nous ne pouvons guère espérer d'atteindre. Voilà le grand sentiment que nous avons à prendre, et dont nous ne devons point nous départir. Mais avançons.
IL Mystère qui, tout rigoureux qu'il paraît, et qu'il est en effet , ne s'accomplit néanmoins que selon les lois de la plus droite justice , et que par le jugement de Dieu le plus équitable. Quand dans une cour on voit la décadence d'un grand que le'prince éloigne de sa personne, qu'il bannit de sa présence, qu'il dégrade de tous les titres d*honneur qui l'illustraient et le distinguaient , ce renversement de fortune, cette disgrâce répand dans les cœurs une terreur secrète. On se regarde l'un l'autre; et, dans la surprise où l'on se trouvé, on mesure toutes ses paroles, et l'on n'ose d'abord s'expliquer : Mais si l'on apprend ensuite les justes sujets qu'a eus le maître de frapper de son indignation ce favori , ce courtisan, et de retirer de lui ses dons, on revient alors de l'étonnement où l'on était, on impute à la personne son propre malheur, et l'on traite la conduite du prince, non point de sévérité, mais de punition légitime et raisonnable.
Image parfaite de ce qui se passe entre Dieu et l'homme. Quand on nous dit que Dieu délaisse une âme, et qu'il ne lui donne plus, comme autrefois, ses soins paternels ; qu'il ne fait plus descendre sur cette terre stérile et déserte, ni la rosée du ciel pour l'amollir, ni les rayons du soleil pour l'éclairer; qu'il n'y croît plus que des ronces et des épines. Quand nous entendons cette affreuse malédiction que Dieu lance contre son peuple : P^ous ne serez plus mon peupàs, et Je ne serai plus votre Dieu {Os ^. 1); quand nous lisons au livre des Rois cette triste parole de Samuel à Saul , Le Sei» gneur vous a renoncé (1. Reg., 25), et que là même nous voyons comment l'esprit de Dieu sort de ce prince malheureux , et va susciter David pour occuper le trône d'Israël. Quand nous pensons à cette menace prononcée par le Fils de Dieu : P/usieurs viendront de torient et de l'occident, et tout étrangers qu'ils sont, ik auront place au fes" tin avec Abrahamy Isaac et Jacob dans le royaume des deux; mais les enfants du royaume seront jetés dehors dans les ténèbres, (Mâtth., 8.) EM
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