SUBSTITUTION DES GRACES DU SALUT
quand enfin Ions cela te Térifie à nos yeux , c*està-dire , quand noua aomuiea témoins de la corruption et du débordement de mœurs où se sont précipités des gens dont la vie , il y a quelques années , était très-régulière, très-chrétienne, très-édifiante, et que nous faisons cette réflexion quil a fallu , pour en venir à de telles extrémités , qu'Usaient été étrangement abandonnés de Dieu, ces idées nous effraient. Nous nous figurons Dieu comme un juge formidable, nous tremblons sous sa main toute puissante, nous adorons ses jugements; mais autant que nous les révérons, autant nous les redoutons. On ne peut disconvenir qu'ils ne soient à craindre, et 11 est bon même que nous soyons touchés de cette crainte salutaire dont le prophète royal souhaitait d'être pénétré jusque dans la moelle de ses os. Mais après tout, nous avons d'ailleurs de quoi nous rassurer; et voici comment. Car, suivant les principes de la religion, cette soustraction de grâces ne vient pas de Dieu primitivement, pour m'exprimer de la sorte , mais de nous-mêmes. Que veut dire cela ? c'est que Dieu ne soustrait à l'homme la grâce qu'après que l'homme, par sa résistance, s'en est rendu formellement indigne; c'est que Dieu ne cesse de communiquer à l'homme son esprit qu'après que l'homme , par une obstination volontaire et libre , lui a fermé l'entrée de son cœur ; c'est que Dieu n'abandonne l'homme, .et ne le retranche du nombre des justes, qu'âpre que l'homme a lui-même abandonné Dieu , et qu'il s'est livré à son sens réprouvé et aux ennemis de son salut*
Il ne tenait qu'à cet homme d'écouter la voix de Dieu , de suivre la grâce de Dieu , d'être fidèle aux inspirations de l'esprit de Dieu, de demeurer, avec l'assistance d'en haut, inviolablement attaché à Dieu : et Dieu alors l'eût toujours soutenu , lui eût toujours été présent par une protection constante, lui eilt toujours fourni de nouveaux secours : car ne plaise au ciel que jamais nous donnions dans cette erreur si hautement condamnée par l'Église, savoir, qu'il y ait des justes que Dieu laisse manquer de grâces nécessaires, lors même qu'ils veulent agir, et qu'ils s'efforcent d'obéir à ses divines volontés, selon l'état et le pouvoir actuel où ils se trouvent 1 Si donc Dieu interrompt , à notre égard , le cours de sa providence spirituelle , et laisse tarir pour nous les sources du salut, nous n'en pouvons accuser que nous-mêmes. Il a abandonné les Juifs, mais n'avait-il pas, auparavant, recherclié mille fois cette ingrate nation, et n*avait-il pas employé mille moyens pour vaincre leur opiniâtreté, et pour amollir la dureté de leur cœur? Jérusalem, Jérusalem, toi qui verses le sang des prophètes, et qui lapides ceux qui te sont envoyés ^ combien de jhis ai-je voulu rassembler tes enfants comme sous
mes ailes, et tune tas pas voulu! f^oilà que \ maison va être déserte. (Luc. , 33.) Sans m sur bien d'autres exemples assez connus, qan éloignés de nous, il abandonne tous les jomn infinité de pécheurs; mais si nous pouvions | trer dans le secret de leurs âmes, nous Ter combien, avant que d'en venir là., il fait d'à pour les attirer à lui et pour les gagner : Je vo app^és, et vous vous êtes rendus sourds à nk rôle; Je vous ai tendu les bras, et vous avei gligé de vous rendre à mes invitations; vous méprisé mes conseils, et vous n'avez tenu compte de mes avertissements ni demes mem c'est pourquoi je vous méprise moi-même. (P 1.) Or, qu'y a-MI en cela de la part de Diei de raisonnable? La conséquence que nous ei vons tirer, c'est de prendre bien garde à nous redoubler chaque jour notre attention , de cons chèrement le don de Dieu si nous l'avons ; i nous mettre jamais au hasard de perdre un 1 si précieux; de nous souvenir que nous le po dans des vases très-fragiles , et que c'est néann toute notre richesse et tout notre salut. A encore plus loin , et achevons.
III. Mystère où Dieu fait tellement éclater vérité de sa justice, qu'il nous découvre en i temps tous les trésors de sa miséricorde , et le sources inépuisables de sa providence. Car, j déjà dit, et c'est à quoi nous devons faire préf ment une réflexion toute nouvelle; il n'en est | notre Dieu comme de ces maîtres intéressés qi prennent leurs dons pour les avoir et pour les gi Ce qu'il enlève d'une part , il le rend de l'autre ; à qui le rend-il? à ceux que sa miséricorde d pour faire valoir ce que d'autres possédaient in ment et ce qu'ils dissipaient. De sorte que les de Dieu , si je l'ose dire ainsi , ne font que ch de mains. Substitution où nous ne pouvons admirer, ni les adorables conseils de sa sages les soins paternels de son amour. Et d'abord , par de telles substitutions qu'il remplit le noml ses élus ; car il veut que ce nombre soit compte faudra-t-il donc, disait l'apôtre^ parceque qve uns ont été incrédules, que par lettr obstinati parole de Dieudemeure sans effet? {Rom,, 8.; dra-t-il que les favorables desseins qu'il a plu infinie bonté de former sur le salut des hoi soient arrêtés et renversés? non , sans doute : au défaut de Tun, il appellera l'autre; l'étr deviendra Fliéritier, et l'esclave succédera au fi quel était né libre. Quand le père de famille ap] que ceux qu'il avait invités à son festin onti d'y venir, il ne veut pas pour cela que tous le prêts qu'il a faits soient perdus; mais il on sur l'heure à son serviteur, d'aller dans tout< rues de la viUe , et de lui amener les pauvres
PETIT NOMBRE DES ÉLUS
paralytiques 9 ki aveugles, les boiteux; et quand, malgré tout ce qu*on a pu ramasser de inonde, on loi rapporte eneore qu'il y a des places qui restent , il donne un nouvel ordre qu'on cherche hors de la ville, dans les ehemins et le long des haies, et qu'on presse les gens d'entrer : pourquoi ? Afin, dit-il, quA ma maiion se rempHsse. (Luc, 5.) C'est ainsi que les anges rebelles ayant laissé, par leur chute, comme un grand vide dans le ciel, Dieu leur a substitué les hommes, ne voulant pas que la damnatioD de ces esprits réprouvés interrompît le cours de ses largesses ni qu'elle mît des bornes b sa misérieorde. Or, ce qui est vrai des anges à l'égard des hoimneBv l'est pareillement d'un homme à l'égard (Tiin autre homme.
De plus, c'est par ces mêmes substitutions que Dieu tourne le mal à bien, et que le péché sert au aalut des pédieurs et h leur sanctification. Ce pécheur abusait de telle grâce , et Pieu Fa transportée à cet autre , aussi pécheur, peut-être même plus pécheur que lui, mais qui, dans l'heureux moment oft la grâce vient tout de nouveau le solliciter, cède enfin à Pattrait , et le suit, se reconnaît, se convertit, comble de consolation toutes les personnes qui s'intéressent à son salut. Cet olivier sauvage enté sur rolivier franc dont les branches on été rompues, produit des fruits au centuple, et d'excellents fruits. Ce pénitent efface tout le passé par la ferveur de sa pénitence; il s'avance, il se perfectionne, il se fait un saint : voilà l'œuvre du Seigneur, voilà le miracle de sa droite, voilà ce qui répand l'édification sur la terre et la Joie dans toute la cour céleste. Ajoutez que souvent dans ces substitutions, la perte d'un petit nombre de pécheurs est plus que suffisamment, et même plus qu'abondamment compensée par le grand nombre des autres que Dieu prend de là occasion de sauver. Qu'était-ce que le peuple juif en comparaison de toutes les nations du monde ? Or paree que cette petite contrée n'a pas reçu la loi évangélique, à quelles nations et en quels lieux les apdtres ne l'ont-ils pas prêchée ? ils se sont dispersés dans le monde entier ; ils y ont fait retentir le nom de Jésus-CJirist; ils y ont procuré le salut d'une multitude innombrable d'élus. Maison d'Israël, ouvre les yeux , et vois en quelle solitude tu es restée; il n'y a plus pour toi ni temple, ni autel, ni prophète : mais du levant au couchant, du midi au septentrion, que de prédicateurs ont été envoyés, que de ministres ont été consacrés, que d^autels ont été érigés, que de temples ont été construits en l'honneur du Dieu immortel ! Quelle moisson , quelle récolte . que tant d'âmes qui l'ont connu, qui l'ont glorifié, qui ae sont dévouées à lui et à son Fils unique, leur Messie et leur Sauveur! tant il est vrai , et tant le
Mais ce n'est pas encore tout, et il me semble que dans les substitutions dont je parle, et dont Je tâche, autant qu'il m'est permis, de développer le profond mystère , je découvre quelques traits de la miséricorde divine à l'égard même du pécheur que Dieu prive de certaines grâces pour les répandre ailleurs. Car ces grâces, par l'abus que ce pécheur en faisait, ne servaient qu'à le rendre plus criminel et plus redevable à la justice de Dieu, si bien que dans un sens il vaut mieux pour Im' de ne les point avoir, que de les tourner à sa ruine et à sa condamnation. Donnons à Dieu la gloire qui lui est due, reconnaissons en toutes choses la droiture et la sainteté de ses voies. Si, dans la vue des dérèglements de notre vie, nous craignons qu'il ne nous ait abandonnés, ne nous abandonnons point nous-mêmes; c'est-à-dire, ne nous persuadons point qu'il n'y ait plus de retour à espérer, ni de Dieu à nous, ni de nous à Dieu. Tant que nous vivons en ce monde , il y a toujours un fonds de grâces dont nous pouvons user. Avec ce fonds de grâces , tout petit qu'il est , nous pouvons gémir, prier, réclamer la bonté divine; et pourquoi le Seigneur ne nous écoutoralMl pas! Heureux le fidèle qui met toute son étude et toute son application à se pourvoir pour le salut; qui ne peut souffrir sur cela le nK)indre déchet ; qui , bien loin de se laisser ravir ce qu'il possède, le fiiit croître chaque jour, et ajoute mérites sur méritesl n doit souhaiter le salut de tous les hommes, il le doit demander à Dieu, et c'est ce que la charité nous inspire; mais avant le salut des autres il doit demander le sien , et le souhaiter par préférence : car , en matière de salut , voilà le premier objet de notre charité.
Ah ! quel sera le mortel dépit, quelle sera la consternation de tant de réprouvés au jugement de Dieu, quand il leur montrera les places qu'il leur destinait, et dont ils seront éternellement exclus! Quand, dis-je, un ecclésiastique verra en sa place un laïque; quand un religieux verra en yi place un homme du siècle; quand un chrétien verra en sa place un infidèle! Nous sommes si jaloux de garder chacun nos droits et nos rangs dans le monde, soyons-le mille fois encore plus de les pouvoir garder un jour dans le ciel.
PSTIT NOMBBE DES SLDS; DS QDSLLB MAlflBRB IL FAUT l'SNTENDAS, ET LE FBUIT QU'ON PEUT BETIBEB DE CETTE CONSIDBBATION.
Il est constant que le nombre des élus sera le plus petit, et qu'il y aura incomparablement plus de réprouvés. Or c'est une question que font les prédicateurs; savoir, s'il est à propos d'expliquer
prophète a eu sujet de dire, que les miséricordes aux peuples cette vérité, et de la traiter dans la du Seigneur sont au-dessus de ses JugemenU. \ chaire, parce qu'elle est capable de troubler kfljjgj^
et de les jeter dans le découragement. Taûnerais autant qu*on me demandât s'il est bon d'expliquer aux peuples TÉvangile, et de le prêcher dans la chaire. Hé ! qu*y a-t-il en effet de plus marqué dans rÉvangile, que ce petit nombre des élus? qu*y a-t-il que le Sauveur du monde, dans ses divines instructions, nous ait déclaré plus authentiquement, nous ait répété plus souvent, nous ait fait plus formellement et plus clairement entendre? Beaucoup $oni appelés, mais peu santélus (Ma.tth., 2) : c*est ainsi qu*il conclut quelques-unes de ses paraboles! Le chemin gui mène à la perdition est large et sfitadeux, dit-il ailleurs : le grand nombre va là. Mais que ta voie qui conduit à la vie est étroite! il y en a peu qui y marchent» Faites effort pour y entrer. (Ibid., 7.) Est-il rien de plus précis que ces paroles? Voilà ce que le Fils de Dieu enseignait publiquement; voilà ce qu'il inculquait à ses disciples, ce qu'il représentait sous différentes figures , qu'il serait trop long de rapporter. Sommes-nous mieux instruits que lui de ce qu'il convient ou ne convient pas d'annoncer aux fidèles? Prêchons l'Évangile, et prêchons- le sans en rien retrancher ni en rien adoucir; préchons-le dans toute son étendue, dans toute sa pureté, dans toute sa sévérité, dans toute sa force. Malheur à quiconque s'ra scandalisera ; il portera lui-même, et lui seul , la peine de son scandale.
On dit : Ce petit nombre d'élus, cette vérité fait trembler : mais aussi l'apôtre veut-il que nous opérions notre salut avec crainte et avec tremblement. On dit : Cest une matière qui trouble les consciences ; mais aussi est-il bon de les troubler quelquefois, et il vaut mieux les réveiller en les troublant, que de les laisser s'endormir dans un repos oisif et trompeur. Enfin , dit-on, l'idée d'un si petit nombre d'élus décourage et désespère : oui , cette idée peut décourager et peut même désespérer quand elle est mal conçue, quand elle est mal proposée, quand elle est portée Irop loin, et surtout quand elle est établie sur de faux principes et sur des opinions erronées. Mais qu'on la conçoive selon la vérité de la chose; qu'on la propose telle qu'elle est dans son fond, et non point telle que nous l'imaginons ; qu'on la renferme en de justes bornes, hors desquelles un zèle outré et une sévérité mal réglée peuvent la porter ; qu'on l'établisse sur de bons principes, sur des maximes constantes, sur des vérités connues dans lechris. tianisme : bien loin alors qu'elle jette dans le découragement, rien n'est plus capable de nous émouvoir, de nous exciter, d'allumer toute notre ardeur, et de nous engager à faire les derniers efforts pour assurer notre salut, et pour avoir place parmi la troupe bienheureuse des prédestinés. Il s'agit donc présentement devoir comment ce sujet doit être touché, 4iuels écueils il y faut éviter, et selon quels princi-
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pes il y fout raisonner, afin de le rendre utile et profitable.
Je l'avoue d'abord, et je m'en suis aeses expliqué ailleurs, il y a certaines doctrines suivant lesquelles on ne peut prêcher le petit nombre des élus sans ruiner l'espérance chrétienne, et sans mettre ses auditeurs au désespoir. Par exemple, dire qu'il y aura peu d'élus parce que Dieu ne veut pas le salut de tous les hommes; parce que Jésus-Christ, Fils de Dieu , n'a pas répandu son sang ni offert sa mort pour le salut de tous les hommes; parce qu'il ne donne pas sa grâce , ni ne fournit pas les moyens de salut à tous les hommes; parce qu'il réserve à quelques-uns ses bénédictions, qu'il épanche sur eux avec profusion toutes ses richesses et toutes ses miséricordes, Undis qu'il laisse tomber sur les autres toute la malédiction attachée à ce péché d'origine qu'ils ont apporté en naissant : je le sais, encore une fois, et j'en conviens, débiter dans une chaire chrétienne de pareilles propositions, et s'appuyer sur de semblables preuves, pour conclure précisément de là, que très-peu entreront dans l'héritage céleste et parviendront à la vie éternelle, c'est scandaliser tout un auditoire, et ralentir toute sa ferveur en renversant toutes ses prétentions au royaume de Dieu. Chacun dira ce que les apôtres dirent au Sauveur du monde, et le dira avec bien plus de siyet qu'eux : Si cela est de la sorte, qui est-ce qui pourra être sauvé f (Mâtth. , i ».) Aussi l'Église a-t-elle foudroyé de si pernicieuses erreurs, et a-t-elle cru devoir prévenir par ses anathèmes de si funestes conséquences.
Pour ne pas donner dans ces extrémités et pour prendre le point juste où l'on doit s'en tenir, si j'entreprenais de faire un discours sur le petit nombre des élus , voici , ce me semble , quel en devrait être le fond. Je poserais avant toutes choses les principes suivants :
1. Que nous avons tous droit d'espérer que nous serons du nombre des élus. Droit fondé sur la bonté et sur la miséricorde de Dieu, qui nous aime tous comme son ouvrage, et dont la providence prend soin de tous les êtres que sa puissance a créés; droit fondé sur les promesses d« Dieu, qui nous regarde tous, surtout comme chrétiens : car c'est à nous, aussi bien qu'aux fidèles de Corinthe , que saint Paul disait : Ayant donc, mes très-chers frères, de tet' les promesses de la part du Seigneur, purifionsnous de toute souillure, et achevons de nous sanC' tifier dans la crainte de Dieu. {Cor., 13.) Droit fondé sur les mérites infinis de Jésus-Christ, auxquels nous participons tous, et en vertu desquels nous pouvons et nous devons tous le reconnaître comme notre Sauveur; droit fondé sur la grâoe de notre adoption , puisque nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons acquis un pou-
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dde deoenir enfants de Dieu. (Joan., 1 .) I enfants ont droit à Théritage du père , et oent, en qualité d*enfantâ de Dieu, nous t droit à rhéritage de Dieu; oon-seulement nous sommes tous en s dans une obligation indispensable d>s- Dous serons du nombre des élus. Com- ' c*est que Dieu nous commande à tous m lui , de même qu*il nous commande à 3ire en lui et de l'aimer. L'espérance en ionc pour nous d'une obligation aussi \ la foi et que l'amour de Dieu. Or, être pérer en Dieu, c'est être obligé d*espéume de Dieu, la possession éternelle de loire et le bonheur des élus de Dieu ; de ne nous est jamais permis , tant que s sur la terre, de nous entretenir volondans la pensée et la créance formelle que is du nombre des réprouvés : pourquoi?
dès lors nous ne pourrions plus pratitu d'espérance, ni en accomplir le com-
n'y a point même de pécheur qui ne errer cette espérance, qui ne commette u péché quand il vient à perdre cette esui ne se rende coupable du péché le plus D plutôt qui ne mette le comble à tous , quand il renonce tout à fait à cette es- )t qu'il l'abandonne. Car, comme je l'ai ^marquer, on peut être actuellement pé- :re un jour au nombre des élus : témoin e, témoin saint Paul , témoin Madeleine. 18, à Dieu ne plaise, en demeurant tousur, mais en se convertissant. Or il n'y pécheur dont Dieu ne veuille la converl'esù pobit la mort des pécheurs que je niais je veux qu*iis se convertissent et nt. (EzECH., 83.) Il n'y a point de pélésus-Christ ne soit venu chercher et rarsque nous étions encore pécheurs et en* 7ieu, nous avons été récoficiliés par son ,, 5.) Il n'y a point de pécheur qui ne doive i péchés par une vie pénitente : Si vous énitence, vous pécirez tous. (Luc, 13. ) t cela étant essentiellement lié avec l'es- Dieu , il n'y a point de pécheur qui ne la >urs garder dans son cœur, quelque pé- 1 loit du reste, et en quelque abtme qu'il plongé.
cipes supposés comme autant de maximes Mes, j'examinerais ensuite, non point s'il d'élus, puisque Jésus-Christ nous l'a luirqué expressément dans son Évangile, ]uoi il y en aura peu; et il ne me serait e d'en donner la raison , savoir, qu'il y t fort peu qui marchent dans la voie du
salut, et qui veuillent y marcher. Je ne dis pas qu'il y en a peu qui puissent y marcher, car une autre vérité fondamentale que j'établirais, c'est que nous le pouvons tous avec la grâce divine , qui ne nous est point pour cela refusée; que tous, dis-je, nous pouvons, chacun dans notre état, accomplir ce qui nous est prescrit de la part de Dieu pour mériter la couronne, et pour assurer notre sîdut. Sur quoi je reprendrais et je conclurais, que si le nombre des élus sera petit, même dans le christianisme, c'est par la faute et la négligence du grand nombre des chrétiens; que c'est par leur conduite toute mondaine, toute païenne, toute contraire à la loi qu'ils ont embrassée, et h la religion qu'ils professent.
De là, prenant l'Évangile et entrant dans le détail, je dirais : A qui est-ce que le salut est promis ? à ceux qui se font violence : Depuis le temps de Jean-Baptiste Jusqttes à présent, le royaume des deux se prend par force, et ceux qui y emploient lu force le ravissent (Matth., 11); à ceux qui se renoncent eux-mêmes, qui portent leur croix, qui la portent chaque jour, et qui consentent à la porter : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à sol-même, qu'il prenne sa croix, qu'il la porte tous les jours et qu'il me suive (Ibld., 16); à ceux qui observent les commandements , surtout les deux commandements les plus essentiels, qui sont l'amour de Dieu et la charité du prochain : yous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre coeur y et votre prochain comme vous-même; faites cela, et vous vivrez (Luc, 10); à ceux qui travaillent pour Dieu, qui agissent selon Dieu, qui pratiquent les bonnes œuvres, et font en toutes choses la volonté de Dieu : Ceux qui me disent : Seigneur , Seigneur, n'entreront pas tous dans le royaume des cieux; mais celui qui fera la volonté de mon Père céleste, celui-làenirera dans le royaume des cieux (Màtt., 7); è ceux qui mortifient leurs passions, qui surmontent les tentations, qui s'éloignent des voies du monde et de ses scandales , qui se préservent du péché, qui se maintiennent dans l'ordre, dans la règle, dans l'innocence, ou qui se relèvent au moins par la pénitence, et y persévèrent jusqu'à la mort. Voilà le caractère des élus ; mais sans cela ce serait immanquablement des réprouvés. Or y en a-t-it beaucoup parmi les chrétiens mêmes, à qui ces caractères conviennent.' lii-dessus je renverrais h l'expérience : c'est la preuve la plus sensible et la plus convaincante. Sans juger mal de personne en particulier, ni damner personne, il suffit de jeter les yeux autour de nous, et de parcourir toutes les conditions du monde, pour voir combien il y en a peu qui fassent quelque chose pour gagner le del ,. peu qui sadient profiter des croix de la vie, et qui les reçoivent avee soittBM||gy||||jri donnent &