RECOURS A L\ PBIÈBB DANS LES AFFLICTIONS DE LA VIE
Daiis Vafjliciion où fêtais, je me suis souvniu ie Dieu, et J'ai senti la joie se répandre dans mon
cœur. (Psalm. 76.) C'est ce qu'éprouvait le prophète royal , et c'est le témoignage qu'il en rend lui-même. Le sceptre ni la couronne qu'il portait ne l'exemptaient pas de peines; ou plutôt, n'est-ce pas ce qui l'exposait aux plus grandes peines? Quoi qu'il en soit, à quoi , dans toutes ses peines , avaitil recours? à la prière. Il y trouvait son soutien, son repos, sa consolation. Ressource des âmes affligées, et ressource immanquable. Il faut en avoir fait l'expérience pour le connaître.
En effet , ce n'est jamais en vain qu'une âme s'adresse à Dieu dans la douleur qui la presse. Souvent elle ne sait pas , ni ne peut savoir par où Dieu la consolera. Souvent même, à n'en croire que les sens et que la raison humaine, il lui semble que son mal est sans remède, tant elle en est possédée et accablée. Mais qu'elle ne s'écoute point elle-même; qu'elle se fasse violence pour surmonter un certain dégoût qui l'éloigné de la prière (car le chagrin dégoûte de tout) ; que dans un esprit de foi et de confiance elle aille à Dieu, elle se prosterne aux pieds de Dieu , elle se jette dans le sein de Dieu ; qu'elle lui dise comme David : Vous êtes , Seigneur, souverainement équitable dans vos jugements , mais vous n'êtes pas moins compatissant à nos maux, ni moins charitable; vous exercez sur moi votre justice en m'affligeant , exercez encore sur moi-même votre miséricorde en me consolant : qu'elle agisse et qu'elle parle de la sorte. Dieu se laissera toucher à celte prière; il y prêtera l'oreille, et elle opérera dans le temps.
Je dis dans le temps marqué de Dieu. Il a ses moments , et ce n'est pas toujours sur l'heure ni dès le jour même qu'il calme la tempête, et qu'il remet une âme dans sa première tranquillité. Mais au bout de quelques heures, de quelques jours , ou extérieurement il la console par quelque événement auquel elle ne s'attendait pas, et qui lui présente une scène toute nouvelle et plus agréable, ou il la fortifie intérieurement par quelque réflexion qui lui fait envisager les choses sous des idées moins tristes et moins fâcheuses. Car comme la plupart de nos chagrins ne viennent que d'une imagination blessée, il ne faut assez communément qu'une vue, qu'une réflexion , 'pour dissiper le nuage qui enveloppait l'espritetqui le plongeait dans une noire mélancolie. Dans un instant on ne se reconnaît plus; on n'est plus le même; ce qui semblait un monstre ne paraît plus qu'un vain fantôme ; on a honte de sa faiblesse passée; et, de l'abattement où l'on est tombé, on se relève et on rentre dans la paix. Que fait tout cela ? c'est qu'on n'a pas oublié Dieu , et qu'on s'est tourné vers Dieu. Delà cet important avis de l'apôtre saint Jacques : Si quelqu'un est dans la tristesse, qu'il prie. (Jac, 6, v. 13.) Peut-être Dieutardera-t-il un peu à venir et à ramener la sérénité : mais ne cea-