DANGER DUNE GRANDE REPUTATION
Deur « et* pour le déterminer , il lui faudrait de séikeoDL eiameut et de longues délii)érations. Mais dès qa*OB a niamiKté dans le eonir , on n^est plus si jaleiu d'un vain nom, ni si sensible aux reproches qtt*oa f'atUrera, supposé qu'on vienne à échouer. On s'abandonne à ki conduite de l'esprit de Dieu , et da reste on se soumet à tout ce qui en peut arriter pour notre humiliation devant les hommes.
Ce ne sont point là da simples spéculations; on ea a To la pratique. Fut-il jamais une entreprise paieiUe à eelle des apôtres, lorsqu'ils se partagèrent dans toutes les eontrées de la terre pour travailler à la conversion dn monde entier ? Les plus fameux eoaqsérants dont l'histoire pro&ne a vanté les faits nénMrables ont porté leurs armes et étendu leurs conquêtes sur quelques nations, mais ces saints oonqsérantSt ou , pour mieux dire, ces saints et zélét propagateurs de la loi chrétienne , se proposerait de soumettre généralement tous les peuples à rempire de Jésus-Christ. Dans ce vaste projet, ils n*eieeptèrent ni âge , ni sexe, ni rangs, ni qualités, ni états. A en juger selon la prudence du sièele, e*était un dessein chimérique, et l'on sait néanmoins avec quelle ardeur ils s'y employèrent, avee quelle constance ils le soutinrent, avec quel bonlieur ils l'accomplirent.
Or qu'étaivce que ces apôtres? de pauvres péeheors, petits selon le monde, et humbles selon l'Évangile. Leur humilité ne borna point leurs vues, elle ne leur resserra point le cœur, elle ne les afiÊMbUt ni ne les arréu point. Avec cette humilité, ils ont passé les mers, ils ont parcouru les provinces et les royaumes, ils ont répondujaux juges et au 'magistrats, ils ont résisté aux grands, ils ont confondu les savants , ils ont instruit les infidèles et les barbares , ils ont triomphé de l'idolAtrie et du paganisme; et, dans la suite des temps, combien ont-ils en d'imitateurs et de successeurs, humbles eoBune eux, et appliqués sans relâche à perpétuer les ùniXM de leur zèle ? combien en ont-ils encore de nos jours qui, par une sainte alliance; réunissent dans leurs personnes, et la même humilité et ki mtoe élévation de sentiments?
Pour en revenir «ux apôtres, et pour dire en particulier quelque chose de saint Paul, on ne peut lire ses Épttres, et ne pas voir que ce fut un des esprits les plus sublimes, et une des plus grandes Anôes. Quel feu , quelle vivacité , et , tout ensemble , quelle solidité.! Pense-t-on plus noblement? s'exprim^t-on plus éloquemroent? Que n'a-Ml pas lait? quen'a-t-ll pas souffert? supérieur à tout, aux dangers, aux embûches, aux persécutions, aux trahisons , aux calomnies , aux opprobres , aux fers, à la £ûm, à la soif, au glaive, à la mort; car, disait-Il, nous sommes au-dessus de tout cela. (Rom., ê.) Saint Gbrysostôme en était ravi d'admiration ,
et n'avait point de termes pour fiure entendre ce qu'il en concevait. Cependant ce vaisseau d'élection, ce grand apôtre, quel mépris faisait-il de luimême, et comment en parlait-il? Il se traitait de pédieur, de blasphémateur, de persécuteur de l'É* glise, d'homme indigne de l'apostolat, d'avorton : tant l'humilité lui représentait vivement aes misères, estant elle le ridMiIssait dans son estime.
Que ne pourrions-nous pas ajouter de ces sociétés et de ces ordres religieux, qui sont pour l'un et l'autre sexe des écoles de perfection , et dont ki sainteté est Fédification du monde chrétien? Que n'en a-t-il pas dû coûter pour former ces grands corps , pour en rassembler tous les membres, pour les assortir et les régler? Que d'études et de soins! que de méditations, de réflexions, de conseils I maia aussi quels progr^ surprenants! Ces sociétés se sont multipliées , ces ordres religieux se sont répandus dans tous les lieux éclairés de la foi et soumis à l'Église de Jésus-Christ. Comme autant de républiques, ils ont leur forme de gouvernement , leurs lois, leurs statuts, leurs offices, leurs fonctions, leurs observances , qu'il a fiadlu ordonner avec une pénétration et une sagesse qui descendit aux moindres détails , qui prévit toutes choses , et qui ne laissât rien échapper. Voilà par où ils se sont maintenus depuis des siècles , et ils se maintiennent. Or, après Dieu et la grâce de Dieu, je demande à qui nous sommes redevables de ces saints établissements. Est-ce à d'habiles politiques et à leurs intrigues ? est-ceà des philosophes fiers de leur science et pleins d'eux-mêmes? Là-dessus fd ne puis mieux répondre que par les paroles du Vïh de Dieu à son Père : Seigneur, Père toul-puUsant^Je vous bé$Uê et vous rends grâce d'avoir caché ces choses aux sages selon la chair et aux savants; mais de les avoir révélées aux petits (Luc.', 10 ) ; d'y avoir employé d'humbles instituteurs; un humble François d'Assise, un humble François de Paule, et d'autres. Parce qu'ils étaient humbles, ils n'en ont été que plus propres à entrer dans les grandes vues de la providence sur eux , et que mieux préparés à les seconder.
Je finis, car peut-être n'en ai-je déjà qne trop dit : mais, quoiqu'il en soit, apprenez à réformer vos idées touchant une des vertus les plus essen tielles du christianisme , qui est Thumilité. Autant qu'elle nous porte à nous mépriser nous-mêmes , autant devons-nous l'estimer. Puissiez-vous en bien connaître le mérite, et plaise au ciel qu'au miliea de tous vos honneurs, vous travailliez désormais à l'acquérir.
UXU810N BT OAMGIR D'UNE CEAIIDB titmKTHm.
Prenez «oin de vous étoMir dans une bomm réputation ei de vous y maintenu*. ( EecH., 41.) Ccst