SUR LA FOI
plus efficaces pour Tun et pour l'autre, c'est Taumône.
Moyen efficace pour sortir de l'état du péché : car il fout pour cela une grâce de pénitence, et cette grftce, nous ne pouvons plus sûrement l'obtenir que par les oeayres de la charité chrétienne envers les pauvres. Cest ainsi que les Pères entendent ce beau témoignage du saint homme Tobie en faveur de raaindne, où il dit en termes si exprès et si précis , que fawnône délivre de la mort de l'dme, qu'elle ^faee les péchés, gu*elle/aU trouver grâce auprès de Dieu, qu'elle conduit à la vie éternelle. (Tob. , 12.) Comment cela? non pas, répond saint Augustin, que le pécheur soit réconcilié avec Dieu, ni que ses péchés lui soient remis du moment qu'il a foit l'aumdne, mais parce que ses aumônes lui attirent du ciel de puissants secours pour se relever de ses chutes par une solide conversion et pour se remettre dans le chemin du salut. La grâce est le fruit delà prière, et, selon l'oracle du Saint-Esprit, Taumôue prie pour nous, et sa voix monte jusqu'au trône de Dieu pour le fléchir. Aussi est-ce une maxime constante parmi les maîtres de la morale et les docteurs les plus éclairés dans la conduite des âmes, qu'à quelques excès qu'un homme soit abandonné, on peut toujours espérer de lui dans l'avenir un retour salutaire, tant qu'au milieu de ses désordres on le voit porté à faire du bien aux pauvres. Tôt ou tard Dieu récompense la miséricorde par la miséricorde.
Moyen efQcacc pour expier les péchés passés. Car après être revenu a Dieu, il faut satisfaire à la justice de Dieu , il faut dès cette vie acquitter les dettes dont nous sommes chargés devant Dieu , et par là prévenir les rigoureux châtiments qui nous sont réservés après la mort, puisqu'en ce monde ou en l'autre le péché doit être puni. Or entre les œuvres pénales et satisfactoires , il n'en est point de plus agréable à Dieu ni de plus recevable à son tribunal que l'aumône , et cela à raison de son utilité. En effet, leis autres œuvres de pénitence ne sont profitables et utiles qu'au pénitent même qui les pratique, au lieu que l'aumône profite tout à la fois et au pénitent qui la fait, et au pauvre qui la re- ( oit. Sur quoi l'aveuglement des riches est bien déplorable , quand ils négligent un moyen si présent que Dieu leur met dans les mains, et qu'ils perdent le plus grand avantage de leurs richesses ; car voilà à quoi elles sont bonnes, et ce ne sont plus alors des richesses d'iniquité, mais une rançon pour racheter toutes les iniquités de la vie, et pour échapper au souverain juge, qui n'en remet la peine qu'autant que nous nous l'imposons nous-mêmes. Tout autre usage des biens temporels est , ou criminel, ou vain, ou du moins passager ; mais des'en servir pour rendre à Dieu le devoir d'un^
obéissance, pour marquer à Dieu les sentiments d'une vive reconnaissance, pour se rapprocher de Dieu par la grâce et par une solide pénitence, c'est là l'usage chrétien qui les sanctifie, et qui, de richesses périssables , en fait les gages d'une bienheureuse immortalité.