‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 319 sur 408 · SERMON SUR LE SACRIFICE DE LA MESSE · texte numérisé non relu

SERMON SUR LE SACRIFICE DE LA MESSE

Obiatm eU, quia ipie volnU.

Il a été (rftet, parce que lal-méme ra voida. ISAiB, ehap. 5a.

Cest ainsi que parlait le prophète dans une vue anticipée de Jésus-Christ offert à son Père comme la victime du salut des hommes. Ce Sauveur du monde, selon que le témoigne TapAtre saint Paul, se présenU d*abord lui-même en entrant dans le monde. Quelques jours après sa naissance, il fut encore présenté par Marie, sa mère, qui le porta an temple, le mit dans les mains de Siméon , et fit hommage à Dieu de cet Enlan^Dieu , lequel devait nn jour, par sa mort, réparer la gloire de Dieu. Il arriva, ce jour; cette mort, la plus ignominieuse et la plus cruelle, fut concertée par les intrigues et la haine des Juifs; cette hostie pure et sans tache reçut le dernier coup sur la croix , et fut immolée à l'honneur de la divine majesté. Tout cela, parce qu'il avait %té résolu de la sorte dans le conseil de la sagesse étemelle, et que le Fils du Très-Haut y avait volontairement et librement consenti. Mais ee n'était point assez pour ce Dieu médiateur. Tout ressuscité et tout vivant qu'il est, il ne cesse point d'être victime, et c'est en cette qualité de victime qu'il veut être offert ou qu'il s'offre lui-même par les mains de ses ministres, dans le sacrifice de nos autels. Sacrifice le plus excellent et au-dessus de tous les sacrifices, puisqu'il est d'un prix infini; sacrifice unique et où se rapportaient tous les safrifloes de l'ancienne loi, comme les figures à la vérité qu'elles représentent; sacrifice tout à la fois eoeharistique, propitiatoire, impétratoire. En trois mots , qui comprennent tout le fond de ce discours , sacrifice de louange, sacrifice de propitiation , sacrifice (Timpétration. Sacrifice de louange pour lionorer Dieu, premier point; sacrifice de propitiation pour effacer les péchés et apaiser la colère de Dieu, second point ; sacrifice d'ûnpétratîon pour

obtenir les grâces de Dieu, troisième point. De tout ceci nous apprendrons dans quel esprit nous y devons assister, quelle attention nous y devons apporter, quels avantages enfin et quels fruits nous en pouvons et nous en devons retirer.

Pbemibb PoniT. Sacrifice de louange pour honorer Dieu. Nous offrons à Dieu le sacrifice de nos autels : 1 . pour l'honorer et le glorifier comme souverain Seigneur; 1. pour l'honorer et le remercier comme bienfaiteur.

1 . Pour honorer Dieu comme souverain Seigneur Cest en cette vue que Marie, dans le temple de Jérusalem, selon que je l'ai déjà remarqué, après s*être purifiée, présenta Jésus-Christ. Elle obéissait à la loi , laquelle ordonnait que tout premier-né serait présenté à Dieu : pourquoi ? afin de reconnaître solennellement que tout vient de Dieu , par conséquent que tout est à lui . et que la gloire de tout lui doit être rendue. Or, voilà ce que nous faisons en sacrifiant le corps et le sang du Sauveur; car c'est un vrai sacrifice qui s'accomplit dans nos temples : l'autel, le prêtre, la victime, l'oblation, la consommation, rien n'y manque. Voilà , dis-je , ce que nous faisons, ou plutôt ce que fait le prêtre plus immédiatement et plus parfeitement en notre nom. Il offre, et quoi? c'est Jésus-Christ même; il offre, et à qui? au Dieu tout-puissant et immortel; il offre , et pourquoi ? pour rendre à la souveraine majesté un honneur souverain : car de tous les honneurs, le plus grand est celui du sacrifice, et par cette raison même il ne peut être dû qu'à Dieu.

Il y a plus : mais parce que le sacrifice ne consiste pas seulement dans l'oblation, et qu'il consiste encore dans la consommation où la victime est dé« truite, le même ministre, après avoir présenté l'hostie et l'avoir consacrée , la consomme : si bien , oserai- je le dire? que selon son être sacramentel , Jésus-Christ meurt à ce moment, et est détruit luimême. Pourquoi détruit de la sorte? Ah! mes frères , pour faire, bien moins par les paroles que par la pratique, cette grande protestation à son Père : Dieu du ciel et de la terre. Seigneur, vous êtes l'être des êtres, et devant vous tout autre être disparaît et n'est rien. Protestation toujours glorieuse à Dieu, de quelque part qu'elle vienne : qu'est-ce donc quand elle est faite aux dépens d'un Dieu et par un Dieu? De là quelle leçon pour nous! quelle règle pour assister dignement au sacrifice de l'autel ! On nous trace là-dessus assez de méthodes , elles sont bonnes, et je n'ai garde de les condamner, pourvu qu'elles soient conformes aux intentions de l'Église. Mais de toutes les méthodes, voici sans contredit une des plus solides : d'assister au sacrifice en esprit de sacrifice, de nous y entretenir des plus hautes idées de la grandeur de Dieu et des plus bas sen^l-

JÉSUS-CHBIST PRÉSENTÉ A DIED DANS L'EnCHARISTIE.

mentsde notre faiblesse, de nous unir au prêtre , qui sacrifie, d*offnr avec lui la même victime, de ; nous offrir nous-mêmes avec Jésus-Christ : tout cela dans un vrai désir de glorifier ce premier être, dont nous dépendonsessentiellement, et qui est seul la fin de toutes choses comme il en est le principe. 2. Pour honorer et remercier Dieu comme bienfaiteur. L'infinie bonté de Dieu se répandant sur nous par tant de bienfaits, il était juste qu'il y eût dans la religion un sacrifice d'actions de grâces. Or, tel est le sacrifice de nos autels. Le prêtre nous le fait bien entendre , lorsqu'au milieu des saints mystères , avant que de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ, il nous avertit expressément de rendre grâces au Seigneur notre Dieu. Car il est , ô mon Dieu ! conUnue-t-ii , de la droite justice et de l'équité la mieux fondée , que partout et en tout temps on vous remercie, on vous loue, on vous bénisse en mémoire de vos dons. Sacrifice qui , dans sa valeur, égale au moins et même surpasse communément tout ce que nous avons reçu ou pu recevoir de la libéralité divine. Celui qui n'a pas épargné son FiUf mais qui l'a livré pour nous^ ne nous a-t-il pas tout donné avec lui y {Rom, S)f C'était le raisonnement de l'apôtre, et, suivant cette règle, je dis : Nous sommes redevables à Dieu de tout, puisque nous tenons tout de lui , il est vrai ; mais de lui présenter son Fils, n'est-ce pas lui rendre tout ? et que peut-il au delà demander de notre reconnaissance?

Pensée capable d'occuper utilement et saintement une âme dans toute la suite du sacrifice où elle est présente. Elle repasse dans son souvenir les bienfaits de Dieu : elle ne les peut compter, parce qu'ils sont sans nombre ; mais elle en est comme toute remplie au dedans. d'elle-même et comme tout investie au dehors. Insolvable de son fonds, elle sent sa pauvreté et sa misère; elle la reconnaît et s'en humilie. Que ferai-je donc, dit-elle avec le roi prophète : Que donnerai'je au Seigneur pour tout ce qu'il m'a donné? {Psalm. 115.) Mais là-dessus elle ne demeure pas longtemps incertaine; elle a devant elle une ressource prompte et la plus abondante : c'est la précieuse victime immolée sur l'autel ; elle prend le calice du salut , selon l'expression du même prophète, et, pleine de confiance en le présenUnt, elle se croit auprès de Dieu quitte de tout du côté de la reconnaissance. De quels sentiments, au reste, accompagne-t-elle cette offrande, de quelle gratitude et de quel zèle pour la gloire d'un Dieu si libéral envers elle et si bon?

Second pqint. Sacrifice de propitiation pour effiicer les péchés et apaiser la colère de Dieu. Il Tapaise, soit à l'égard des vivants, soit même à l'égard des morts.

1 . Sacrifice de propitiation pour les vivants. Noos ne doutons point que le sacrifiée de la croix n*mt été un sacrifice de propitiation , où le Sauveur dec hommes a versé son sang , et est mort pour effacer les péchés du monde, et pour apaiser son Père, justement irrité contre nous. Or, le sacrifice de l'autel est le même que celui de la croix : c'est la même hostie, le même corps et le même sang de l'Homme-Dieu, et, par une suite nécessaire, c'est la même efficace et la même vertu , avec cette différence néanmoins , que le sacrifice de la croix fut un sacrifice sanglant, au lieu que celui-ci est non sanglant. Ainsi le décide en termes formels le saint concile de Trente, nous donnant à connaître et nous enseignant que Jésus-Christ n'a pas voulu que son sacrifice se terminât à la croix, mais qu'étant prêtre dans toute l'éternité , et prêtre selon l'ordre de Melchisédech , il s'est proposé deux choses : l'une que le même sacrifice se perpétuerait dans l'Église jusqu'à la consommation des siècles, et l'autre, qu'il s'accomplirait sous les espèces du pain et du vin , comme c'était du pain et du vin que Melchisédech avait offert au Seigneur.

Doctrine appuyée sur cette parole du Fils de Dieu que rapporte saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens : Toutes les fois que vous mangerez de ce pain et que vous boirez de ce calice, vous an' noncerez la mort du Seigneur. (1. Cor., II.) Qu'estce à dire vous annoncerez? Ce n'est pas seulement à dire : Vous rappellerez la mémoire de cette mort; mais : Vous la renouvellerez , et le mérite vous en sera appliqué. C'est donc dans le sacrifice de l'autel, comme sur la croix , que Jésus-Christ est une victime de propitiation pour nos péchés; et cela posé, il serait bien étrange qu'on éloignât les pécheurs d'un sacrifice institué pour eux et pour leur réconciliation. Soyons-y tous assidus; mais vous surtout, venez-y, pécheurs, et ne craignez point. De participer à ce sacrifice par la communion dans un état de péché , c'est ce que l'Église vous défend sous les plus grièves peines; mais d'y prrendre part en y assistant, en le présentant, c'est dans votre péché même l'avantage inestimable qui vous reste, et qu'il vous importe infiniment de ne pas perdre. Yenes, dis-je, à cette piscine où le ministre du Seigneur, pour votre guérison, donne le mouvement, non point à une eau salutaire, mais à un sang tout divin. Venez-y dans la même disposition que le publicaib allant au temple et y priant. C'était un pécheur; mais, dans la vue de toutes ses iniquités, il s'humiliait, il se confondait, il se tenait les yeux baissés, il se frappait la poitrine, il disait à Dieu : Sâgneur, soyez-moi propice, à moi qui suis un pécheur. Voilà votre modèle. 11 s'en retourna justifié; et qui sait si vous-mêmes vous ne serez pas comme lui touchés d'une grâce toute nouvelle, et si, par lh.j

JÉSUS-CflaiST PRESEiNTÉ A DIEU DANS L'ECOIARISTIE.

forw de Totre contrition, d'ennemis que voos étiez, vous ne vous retirerez pas amis de Dieu?

3. Sacrifice de propitiation même pour les morts. La preuve sur ce point la plus convaincante, c*est la pratique de PÉglise. Dans tous les temps , elle a toijiiours offert le sacrifice pour les morts , et de siècle en siècle nous produisons là-dessus les témoignages les plus sensibles et les plus irréprochables. A remonter même jusques au temps de Tancienne loi, nous avons l'exemple du fameux Judas Machabée et des sacrifices qu'il ordonna pour ceux du peuple qui , dans un sanglant combat , avaient été tués. L'Église n'est pas moins attentive encore que la synagogue aux besoins de ses enfants jusques après la mort; et le sacrifice qu'elle offre pour eux est bien d'un autre prix que toutes les victimes qu'on inunolait dans le temple de Jérusalem. Elle le sait^ et elle sait de plus qu'elle a des voies sûres pour leur faire part du riche trésor dont elle est dépositaire. Cest donc pour cela q*CAutant de fois que ses ministres célèbrent les saints mystères , elle veut qu'ils fassent une mention des morts, disant à Dieu : Souvenez-vous, Seigneur, de ceux et de celles qui nous ont précédés au tombeau, et qui reposent dans le sommeil de la paix. Voilà à quoi je reconnais une mère charitable. Et que n'entrez-vous dans ces sentiments de compassion et de charité, vous que l'hérésie endurcit sur l'état de tant d'âmes que vous pourriez aider, et à qui vous refusez votre secours! Que la miséricorde ne vous rend-elle plus dociles, et ne TOUS feit-elle prêter plus aisément l'oreille à une vérité que tant de voix vous annoncent, et où vos frères se trouvent si intéressés! r^e serait-ce pas assez du seul doute pour vous déterminer en leur faveur? et par quelle aveugle prévention aimez-vous mieux leur manquer que de déposer vos erreurs?

Mais* que dis-je, et d'ailleurs, tout fidèles que vous êtes dans la créance, n'est-ce pas à vous-mêmes, mes diers auditeurs, que je puis adresser le même reproche? Catholiques dans la foi et par la foi, l'étesvous également dans les œuvres et par les œuvres? et, sans m'écarter de mon sujet , vous savez quel est Tefficace du sacriGce de nos autels pour le soulagement des morts et pour leur délivrance; vous en êtes instruits : mais en avez- vous plus de zèle à les secourir? Quel usage faites-vous d'un moyen qui vous est si Êicile et si présent ? L'injustice de votre part va encore plus loin : et combien de fois arrivet-il que ce qu'eux-mêmes, dans leurs dernières volontés, ils ont prescrit sur cela, par ime sage prévoyance et pour le repos de leurs âmes, demeure sans exécution? Pourquoi? par un oubli criminel, par une négligence affectée, par une monstrueuse inseoMbilité ? Hélas ! des pères, des mères, des parents ordonnent; des enfants, des héritiers s'engagent -• ■«» promettent ; mais dès que la mort les a enle-

vés et qu'on ne les voit plus, ordres, engagemenu, promesses, tout s'évanouit.

Tboisièmb point. Sacrifice d'împétration pour obtenir les grâces de Dieu. Deux sortes de grâces que nous obtenons par ce sacriGce : i . grâces spirituelles; 2. grâces même temporelles.

1. Grâces spirituelles. Tout ce que l'Église demande à Dieu, c'est par les mérites de Jésus-CIirist qu'elle le demande et qu'elle l'obtient. C'est pourquoi elle finit ainsi toutes st% prières : Par Notre- Seigneur Jésus-Christ votre Fils y gui vit et régne avec vous dans les siècles des siècles. Or, où peutelle mieux, où peut-elle plus efQcacement employer les mérites et la médiation de Jésus-Christ, que dans le sacrifice de l'autel , où Jésus-Christ en personne est la victime , et où elle offre le corps et le vrai sang de ce puissant médiateur? Dans les Jours de sa vie mortelle, dit saint Paul , il/ut exaucé pour la révérence qui lui était due. ( Hebr, , 5. ) Est-il moins digne dans son sacrement de ce même égard pour sa divinité? et quand, en qualité de sacrificateur et de sacrifice tout ensemble, il s'intéresse pour nous et qu'il prie, est-il rien que nous n'ayons droit de nous promettre, et rien qui nous puisse être refusé, surtout sfles grâces que nous demandons par son entremise sont plus selon les vues et l'esprit de Dieu ? Car il y en a de différentes espèces, et celles qui regardent l'âme, son avancement, son salut, appelées pour cela grâces spirituelles, sont incomparablement au-dessus des autres.

Aussi est-ce particulièrement pour ces sortes de grâces que l'Église présente le sacrifice. Elle ne l'offre jamais qu'elle ne demande pour le troupeau fidèle, et sp^ialement pour tous ceux qui assistent à cet acte de religion, qu'ils soient admis au nombre des élus et préservés de la damnation éternelle ; qu'ils entrent un jour dans la société des saints, et que Dieu, dès ce monde, les comble de toutes les bénédictions célestes ; que, par une conduite toujours innocente et pure, ils évitent toutoequî pourrait les séparer de lui, et qu'une fidélité inviolable, jusques au dernier soupir de la vie , les attache sans relâche à ses commandements. Mais parce que ces demandes sont générales, et que, suivant les diverses occurrences, nous avons plus de besoin, tantêt d'une grâce, et tantôt de l'autre, l'Église encore, dans le cours du sacrifice, a autant de prières propres pour demander, tantêt une foi vive , tantôt un ardent amour de Dieu, tantôt la charité envers le prochain ou l'humilité dans les sentiments, la patience dans les peines , ou la force contre les tentations; quelquefois l'extirpation des vices et des habitudes criminelles f d'autres fois l'extinction des schismes et des hérésies : chaque chose en détail, selon qu'elle est plus nécessaire dans les eonjone-

JÉSDS-CHRIST CONVERSANT DANS LEUCHARISTIE.

tares présentes. Quelle matière à nos réflexions, dans ces moments précieux où un Dieu simmole pour nous! quelle occasion favorable pour lui exposer chacun les misères et les besoins de notre âme! Nous les éprouvons tous les jours, nous nous en plaignons amèrement : nous nous plaignons, dis-je, du penchant de notre cœur qui nous entraîne, de la tjnrannie de nos passions qui nous dominent, des illusions du monde qui nous enchantent, de nos sécheresses, de notre indifférence pour Dieu et pour tout ce qui regarde son service, de Tinstabilité de nos résolutions, du peu de progrès que nous faisons. Cest un bien de ressentir nos maux, et ce serait le dernier malheur de ne les pas connaître et de n'en être pas touché. Mais si nous les ressentons et si nous les déplorons sincèrement, que ne courons-nous donc au remède? que ne profitons-nous d*un temps où nous pouvons avec plus de fruit réclamer Tassistance divine, et que n'assistons-nous à Tautel , tandis qu'on y exerce Vouorage de notre rédempUtml {Offic, Ecd,) N 'est-ce pas là que se dispensent plus libéralement les grâces du salut , et n'est-ce pas à ceux qui les demandent alors avec plus de recueillement , plus d'attention , plus de ferveur et de zèle, qu'elles sont accordées ave* moins de réserve?

2. Grâces même temporelles. Elles peuvent être l'objet de nos prières, et Dieu ne nous défend point de les demander. Dans la loi de Moïse, il y avait des hosties pacifiques, soit pour reconnaître les bienfaits de Dieu déjà reçus, soit pour en obtenir de nouveaux ; et ces bienfaits n'étaient communément, dans cette loi de servitude , que des avantages humains. David obtint par des sacrifices que son empire fût délivré de la peste qui le désolait; Onias obtint de même la santé d'Héliodore, et ainsi de bien d'autres dont il est parlé dans les saints livres. Or, suivant la pensée de saint Chrysostôme et de saint Augustin, le sacrifice de la loi nouvelle contient éminemment et réunit en soi toutes les propriétés des anciens sacrifices : par conséquent il n'y a point à douter que Dieu ne l'agrée , lors même qu'il lui est offert pour des biens temporels, dès qu'ils ne sont point contraires aux desseins de sa providence. Saint Chrysostôme explique du sacrifice de l'autel ces paroles de l'apêtre à son disciple Timothée : Ayezsoin, jevous en conjure j qu'on fasse des supplications, des vasux , des demandes pour les rois et pour toutes les personnes d^unhcuitrang, afinquenous vir vims 9 eux et nous, dans la tranquillité et la paix. ( Timoih^ 2. ) Quand nous sacrifions à Dieu et que, saos effusion de sang, nous lui présentons la victime, dit saint Cyrille de Jérusalem , nous prions pour la prospérité des empereurs , pour le succès de leurs armes , pour la guérison des malades , pour la consolation des affligés, pour quelque sujet que

ce soit de même nature où nous voulons sur nous le secours et la protection du del. Ce n'est donc point traiter indignement le mystères ni les profaner que d'employer 1« tes de Jésus-Christ même à obtenir de telles j Et n'est-ce pas ce que fait l'Église et ce qi fait dans tous les temps? Elle offre le sacrifia les fruits de la terre et la fertilité des camp pour l*heureuse issue d'une entreprise et d'un procès, pour le soutien d'une famille, conservation ou le rétablissement de sa sant reste; en quoi nous ne pouvons assez adnc condescendance toute paternelle et l'immen rite de notre Dieu. Il se prête , s'il m'est pern ser de ce terme, et il veille à tous nos intérêt est-ce à lui que nous avons recours ? Dans toi affaires qui nous surviennent, les patron nous recherchons d'abord l'appui sont-celes très du Seigneur, sont-ce les prêtres? et pa: moyens que nous prenons pour réussir, le « de nos autels est-il , comme il le devrait être première ressource? C'est toutefois la plus nableet la plus certaine ; mais avec cette coi essentielle, qu'elle ne soit mise en œuvre qu de justes causes et des intérêts légitimes. • présenter le sacrifice, ce sacrifice de louange crifice de propitiation , ce sacrifice d'impeti de l'offrir , dis-je , pour avoir de quoi content passions, de quoi nourrir nos cupidités, de qu ter notre orgueil, de quoi fomenter tous nos dres, ne serait-ce pas l'usage le plus abominai serait-ce pas de tous les abus le plus énorm pendant tout énorme qu'il est et qu'il nous d raitre, est-il sans exemple?

QUATRIÈME JOUB.

JésoS'Christ conversant avec les hommes da rEudiaristie.

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