‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 325 sur 408 · JÉSUS-CHRIST OUTRAGE DANS L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST OUTRAGE DANS L'EUCHARISTIE

SIXIÈME JOUR

on litige la eoaununion, qu'elle est trop rare et qu'oo est trop longtemps privé de la vertu du sacrement , bientôt le goût des choses de Dieu s'émousse ; on se ralentit , on se dérange à Tégard de tous les autres exercices, et insensiblement Tesprit de piété s'éteint. Aussi est-ce par là qu'on a vu bien des personnes se relâcher. La fréquentation des sacrements les gênait; c'était un frein qui les captivait et les retenait. Elles ont peu à peu secoué le joug, et s'émancipant là-dessus, elles se sont émancipées sur tout le reste.

Mais je dis plus, et j'ajoute : Fréquente communion utile aux justes , non-seulement pour se soutenir et ne pas reculer, mais pour faire plus de progrès et pour s'avancer. Car, selon la maxime de tous ks Pères et de tous les maîtres de la vie spirituelle, dans les voies de Dieu, le juste ne doit jamais s'arrêter, ni dire : C'est assez. La sainteté est un fonds où l'on trouve toujours à puiser ; c'est une vaste eerrière où il y a toujours à courir pour emporter le prix, et voilà pourquoi le docteur des gentils, après les avoir convertis à la foi , leur recommandait si expressément , tantôt de rechercher ks dont les fdus sublimes {Cor., 12), tantôt de prendre, une voie plus excellente encore ( Ibid. ) que celle où ils avaient marché , tantôt de croître incessamment et de toutes manières en Jésus-Christ Jusqu* à ce qu'ils fussent parvenus à Vétat d'hommes faits. {Ephes., 4.) Or comment l'âme juste peut-elle mieux croître en Jésus-Christ que par une union aussi étroite avec Jésus-Christ que l'est la participation de son corps et de son sang.^ Union en vertu de laquelle, selon l'oracle de Jésus-Christ même, nous demeurons en lui, et il demeure en nous : et puisqu'il demeure, qu'il vit dans nous , conclut saint Jérôme , il s'ensuit que la sagesse, que la force, que la charité, que la piété, que toutes les vertus vivent dans nous avec lui et par lui; qu'elles y agissent, et que, par les actes réitérés qu'elles produisent, elles nous perfectionnent de plus en plus et nous sanctifient. Je ne puis donc mieux finir ce discours qu'en adressant à tout ce qu'il y a ici d'âmes justes et fidèles les paroles de l'ange au prophète Élie : ^'e vous trompez pas, ne pensez pas que vous soyez déjà au terme; U vous reste bien du chemin à faire. (3. Beg., 19.) Mais, afin de ne vous point lasser dans la route, et de la poursuivre heureusement, prenez et mangez, (Ibid. ) Le pain que je vous présente est le pain des forts. Élie obéit à l'ange , il mangea ; et, remis de toutes ses fatigues, il ne cessa point de marcher qu'il ne fût arrivé à la montagne d'Horeb. Puissions-nous, munis du divin aliment qui nous est offert, avancer nous-mêmes dans les sentiers de la justice chrétienne, et atteindre jusques au sommet de la montagne du Seigneur! Ainsi soit-U.

Jésus*Chri8t outragé dans l'Eucharistie.

SERMON

Page 1