‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 326 sur 408 · SUR LES OUTRAGES FAITS A JÉSUS- CHRIST DANS LE SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

SUR LES OUTRAGES FAITS A JÉSUS- CHRIST DANS LE SAINT SACREMENT

Saturahiiur opprobriis.

U sera raBsasIë d*opprobres. Jerem., Thren. , chap. 3.

Était-ce donc là le partage du Messie, de cet envoyé du ciel, le désiré des nations, et le Sauveur promis au monde? Est-ce à cela qu'était destiné le Fils unique de Dieu, égal à son Père et Dieu luimême ? N'était-ce pas assez qu'en se revêtant de notre humanité, il fût revêtu de toutes nos misères, et fallait-il encore qu'il fût exposé à tant d'opprobres de la part de ces mêmes hommes pour qui il avait quitté le séjour de sa gloire, et était descendu sur la terre? Nous n'en pouvons douter, chrétiens auditeurs, puisque le prophète l'avait ainsi prédit, et que Jésus-Christ même l'annonça à ses apôtres en des termes si précis, lorsque, sur le point d'entrer dans Jérusalem, il leur dit : Foid que nous allons à Jérusalem, et là tout ce qui est écrit du Fils de l'homme s'accomplira. Il sera livré aux gentils , moq^ué, flagellé, couvert de toutes sortes d'ignominies. (Matth. , 20.) J'ose dire néanmoins que la prédiction ne fut pas alors tellement accomplie qu'elle ne se sçit vérifiée tout de nouveau dans la suite des temps. II est resté avec nous et au milieu de nous, ce divin médiateur. En nous privant de sa présence visible, il ne s'est point séparé de nous, et nous avons toujours le bonheur de le posséder dans son adorable sacrement. Mais qui jamais pourrait se le persuader, si nous n'en étions convaincus par la triste et malheureuse évidence des faits? C'est là, c'est à l'égard de cet auguste mystère , qu'ont été renouvelés tous les opprobres de la passion de Jésus- Christ, et n'est-ce pas là même qu'ils se renouvellent tous les jours? Que d'excès! que d'attentats, que d'irrévérences! que d'outrages! A qui viens-je adresser cette plainte, et à qui dois- je reprocher de telles abominations? Est-ce à ces déserteurs de la foi, que l'hérésie a suscités contre le sacrement de nos autels ? est-ce à ces fidèles prétendus , qui dans la pratique et parla plus monstrueuse contradiction, démentant leur foi, déshonorent le sacrement qu'ils font profession d'adorer? C'est aux uns et aux antres : ennemis de l'Église, enfants de l'Église , hérétiques, catholiques, tous ont outragé le Seigneur dans ses tabernacles. Outrages éclatants et pleins de violence de la part des uns , ennemis déclarés de l'Église : premier point. Outrages, quoique moins violents , plus sensibles encore et plus piquants de la part des autres, indignes enfants de l'Église : se< eond point.

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