‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 344 sur 408 · E LA FIN DU RELIGIEUX · texte numérisé non relu

E LA FIN DU RELIGIEUX

io non estiè.

les plus da monde. lE4if , cfaap. IS.

BB POINT. Dieu m*a appelé à l'état reli- In que j'y vive séparé du monde, détaché e, crucifié pour le monde, et absolument monde. Quatre degrés par rapport auxlois méjuger moi-même, et me confondre isques à présent si mal répondu à ma vo-

dans réut religieux est d*y vivre séparé le, non-seulement d'habitation et de deuais d'esprit K de sentiments. Il ne me i, pour être religieux, d'en porter l'habit, d'en avoir fait le vœu, il faut que j'en aie Or il arrive tous les jours que l'esprit du introduit jusque dans la religion : comme, ffet tout contraire , l'esprit de la religion unique quelquefois aux conditions les plus ; dans le monde. Combien d'âmes toutes es dans les communautés religieuses ? Ne )int de ce nombre?

dans l'état religieux est d'y vivre détaché le. Car je serais le plus malheureux des , si j'étais séparé du monde, sans en être puisque dès là je n'aurais plus, ni les condu monde, ni celles de Dieu. Être séparé e, et n'en être pas détaché , ce serait pour i-seulement le plus grand de tous les maltais le plus grand de tout les désordres ; et lis me reprocbor Of/m^ÊÊmÉilÊÊÊÊÊÊUÊm

saint Bernard , que je suis la chimère de mon siècle. Cest-à-ëire , que je ne suis ni séculier, ni religieux : ni séculier, puisque je me suis retiré du monde; ni religieux, puisque je tiens encore au monde et que je ne l'ai pas tout à fait abandonné.

Ma fin dans l'état religieux est d'y être, comme saint Paul, crucifié pour le monde. Tellement que si, malgré ma profession de religieuxg'aime encore le monde, et si le monde m'aime encore ; que si je me plais encore avec le monde, et si le monde se plaît encore avec moi ; que si le monde, tout religieux que je suis , ne laisse pas de s'accommoder de mes maximes, et si je m'aoconunode également des maximes du monde, je ne suis plus religieuï que de nom. Pour l'être en effet et en vérité, il faut que je sois dans le monde comme dans un état de souffrance. Il faut que le monde soit ma croix , comme je serai infailliblement la croix du monde , par la contrariété de sentiments et de principes qui se trouvera entre lui et moi, dès que je me comporterai en religieux.

Ma fin dans l'état religieux est de mourir absolument au monde et à moi-même : car en vain me flatterais-je d*être mort h tout ce qui s'appelle le monde ) si je n'était mort à moi-même. Le monde auquel je dois surtout mourir est en moi. Le monde qui est hors de moi n'a rien pour moi de dangereux en comparaison de celui que je porte au milieu de moi. Le monde que j'ai à combattre, ce sont ces trois concupiscences dont parle saint Jean, d'autant plus à craindre pour moi , qu'elles sont dans moi* même et une partie de moi-même. Être mort à moi» même dans la religion , c'est n'y avoir plus de vo» lonté, plus d'humeur, plus de vues, ni de prétentions humaines. SI tout cela est encore en moi , et si j'ai encore pour certains intérêts que l'on se fait dans la profession religieuse, des vivacités, des empressements, de la- sensibilité , je ne suis ni mort selon Jésus-Christ, ni enseveli avec Jésus-Christ. Ainsi ma religion est vaine, et n'eût-il pas presque autant valu rester dans le monde?

Sbcono POiiiT. Cette séparation et ce détache» ment du monde, ce crucifiement et cette mort spirituelle, sont d'une sainteté bien relevée : mais pourquoi suis-je entré dans l'état religieux? Pour y travailler tout autrement que je n'aurais pu faire dans le monde , non-seulement à mon salut, mais à ma perfection. Supposé mon engagement à la religion , ma perfection et mon salut sont désormais deux choses inséparables. Je dois donc être persuadé qu'au lieu que le Sauveur du monde disait à ce ienne homme de l'Évangile : Si vous wnilez éireparfaU, qulUeztoutçequevoutavez, ^fidoes-mo^CMAmi., 19) : il me dit maintenant et sans condition : Paroi flue %ous avez tout quitté^ et que vq.^% "t^t^ss^ ^ans^

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