SUR L'OFFICE DIVIN
meUe, où Von n'est plus en état de travMller ni d'avancer, (Joan., 9.)
Conclusion. Dieu de miséricorde, Seigneur, vous me voyez à vos pieds,' prosterné et humilié comme ce serviteur insolvable qui , par sa prière , toucha le cœur de son maître et en fut favorablement écouté. Vous pouvez ordonner de mou sort. C'est vous qui avez mesuré le nombre de mes jours , et il ne tient qu'à vous de les abréger tant qu'il vous plaira ; mais encore un peu de patience, ô mon Dieu, et. je vous rendrai tout. (Matth., 18.) Encore quelque temps , et je n'oublierai rien pour vous satisfaire.
J'y suis assez intéressé pour moi-même, Seigneur, et si vous me refusez le peu de délai que j'ose vous demander , que deviendrai-je? en quelle pauvreté et eu quelle misère paraltrai-je devant vous ! Les saints désiraient que le temps finit pour eux, et ne soupiraient qu'après l'éternité. Je ne m'en étonne pas; c'étaient des saints. Leurs années étaient des années pleines; ei, après s'être, enrichis sur la terre, il ne leur restait plus que d'aller dans votre royaume goiUer les fruits de leurs travaux : mais moi, mon Dieu, je crains la fin du temps, et j'ai bien sujet de la craindre. Je crains que la mort ne vienne trop tôt, et qu'elle ne me ravisse des jours qui me sont si nécessaires , et qui seuls peuvent compenser en quelque sorte tous les autres jours de ma vie. Votre providence. Seigneur , ne m'abandonnera pas, et c'est en elle que je me confie ; mais, dans cette confiance, je ne veux pas perdre désormais un moment. Je n'attendrai point à commencer demain; des ce jour et dès cet instant je commence. C'est bien tard, ô mon Deu ; mais après tout il est encore temps. Tous les temps ne sont pas propres au service du monde ; in.iis dans tous les temps on peut vous aimer , Seigneur , vous servir et se sanctifier.
CONSIDÉRATION