SUH L'ALLIANCE DE LAME RELIGIEUSE AVEC DIEU
tantôt Tpus dites qu'il est impossible de se sauver dans le inonde, et tantAt tous prétendez qu*il y a autant et peut-être plus de solide Tertu dans le monde que dans la religion. Ainsi , prenant toujours les choses dans Tune ou dans Tautre des deux extrémités , tous ne tenez jamais ee juste milieu en quoi consiste Totre perfection, et vous ne remplissez jamais la mesure de cette grâce qui doit faire la sainteté de votre état. Si cette émulation d*état procédait d'un esprit sincère, d'un esprit humble, d'un esprit fervent et qui cherche Dieu, elle produirait des fruits du christianisme qui paraîtraient dans la conduite de votre vie; et c'est ce que voulait le grand apôtre , quand il recommandait aux premiers fidèles d'aspirer toujours à ce qu'il y a da plus excellent dans les dons de Dieu : jEmulamini autem charismaia meliora. (1. Car.f 12.) Mais parce que cette émulation ne procède bien souvent que d*un esprit vain, que d'un esprit de contention, que d'un esprit d'amour-propre pour tout œqui nous touche, et de chagrin ou d'aliénation pour tout ce qui n'a pas de rapport à nous , de là vient qu'elle se réduit à des paroles et à des contestations inutiles, qui, bien loin de vous édifier, conrompent dans vous le vrai zèle de votre sancti- Jleation.
Quoi qu'il en soit, chrétiens, il ne s'agit pas ici de mesurer ni da comparer les avantages de nos états. Da quelque manière que Dieu ait disposé les choses , et votre état et l'état religieux sont les ouvra, ges de sa providence, et il a eu dans l'un et dans
l'autre ses desseins. Il a suscité l'état religieux pour conserver dans son Église l'esprit et l'idée de ce premier christianisme que le paganisme même a admiré; et il veut que le vôtre subsiste comme un moyen de salut proportionné à votre faiblesse. Quelque différence qu'il y ait entre l'un et l'autre deux vérités sont certaines : la première , pour vous consoler, et la seconde, pour vous foire trembler. Car ce qui doit vous consoler, c'est que vous pouvez être dans votre état aussi parfeûts que les religieux : oui, vous pouvez être pauvres d'affection, au milieu même de l'abondance et des richesses; vous pouvez être chastes et continents , parmi la corruption du siècle où vous vivez; vous pouvez être fidèles et soufnis à la loi de Dieu , malgré le libertinage qui vous environne. Non-seulement vous le pouvez , mais , ce qui doit vous faire trembler, c'est que vous y êtes indispensablement obliges. Ah! chrétiens, travaillez-y comme à l'aflEiEdre essentielle de votre vie. C'est de quoi je vous conjure; car Dieu m'a donné du zèle pour votre salut, et je puis vous dire , aussi bien qu'à cette âme religieuse, ce que saint Paul disait aux Corinthiens : jEmukr enim vos Dei «mulatUme. DesporuU enim vos uni viro virginem castam exhibere ChrisCo (7. Cor., 11 ) : Je sens dans moi un zèle de Dieu pour vous; et animé de ce zèle , je voudrais vous pràenter tous à Jésus-Christ comme une vierge pure et sans ta- >
Iche, digne de ses grâces en cette vie, et de sa gloire dans l'éternité bienheureuse, où nous conduise , etc.