SUR LA FLAC.EIXATION DE JÉSUS-CHRIST
Sujet. Alors Piiate fit prendre Jésus, et le fit flageller.
Pourquoi ce supplice, et comment fut-il exécuté ?
DiTiaiON. Flagellation la plus honteuse et la plus douloureuse. Cette iHUile que voulut subir Jésus-Christ, nous apprendra à oori i;*or les désordres d'une honte criminelle, qui souvent nous arrête dans le service de Dieu , et à nous prémunir contre le pikhé , de la honte salutaire que nous en devons concevoir : première (Kirlie. Kl celte douleur qq ) a voulu re««entir dans tous les membres de son corix» ,
nous animera à retrancher en nous les délicafetses de la chair, et à nous armer contre nous-mêmes des saintes ngueurs de la pénitence chrétienne : deauème partie.
PREMii:RE PARTIE. Flagellation la pins bontease. Quelle confusion pour un Homme-Dieu , de paraître dennt les Juif^ dans l'état où il parut! Qu'a-t-il prétendu par là? Corriger les désordres d'une mauvaise honte qui nous retient en mille rencontres où il s'agit des intérêts de Dieu. et nous enseigner l'usage que nous devons faire d'une hoote raisonnable et utile pour nous garantir du péché.
Kn effet , d'où vint au Fils de Dieu cette confusion qoi le jeta dans un si profond accablement? De nos péchés, dont il était charge. Mais nous , par un sentiment tout contraire, nous n avons nulle honte de ■•'■■ mettre le mal, et nous en avons de pratiijuerle bien : deux dispositions l^s plus fui:es!es.
Pour les corriger, considérons toujours Jésus-Christ. Point de frein plus puissant pour nous arrêter et nous retirer du péché, que celte pensée : Ce péché, que je eooimets sans pudeur et sans honte , a fait rougir mon Diei. Point de meilleur soutien contre le respect humain et li honte de pratiquer le bien , que cette réflexion : Toute la honte de la flagellation de mon Sauveur n*a pu ralentir son zèle pour l'honneur de son Père.
Deuxième partie. Flagellation la plus douloureuse. H hit livré à toute la barbarie d'une brutale soldatesque , qui le déchira de coups; et c'est en cet état qu'il nous prêche b mortification de la chair.
La chair de Jésus-Christ était une chair innocente , au lieu que la nôtre est une chair criminelle. Combien donc mérite-t-elle plus d'être mortifiée, que celle de ce Dieu Sauveur? Aussi saint Paul recommandait-il si souvent et si fortement aux premiers fidèles de mortifier leur chair. Et c'est dans cette mortification de la chair que tous les saints ont fait consister une partie de leur sainteté.
Mais nous raisonnons , ou du moins nous agissons bien autrement. La maxime la plus commune et la plus établie dans toutes les conditions , est d'avoir toin de sou corps, et de lui [irocurer toutes ses aises. Ce qu'il y a de plus étrange, c'est qu'avec cela l'on prétend être pénitent, l'on prétend être dévot , l'on prétend s'ériger en réformateur du relâciiement des mœurs et de la doctrine.
sur le COtRON?iEMENT DE JÉSUS-CURIST.
Sujet. Alors les soldats du gouverneur ayant emmené Jésus dans le prétoire, rassemblèrent autour de lui toute la cohorte; et après Pavoir dépouillé, ils le couvrirent d'un manteau de pourpre : puis faisant une couronne d'épines , ils la lui mirent sur la tête. Ils lui mirent aussi un roseau à la main droite.
Voilà proprement le mystère de la royauté de Jésus- Christ.
Division. Royauté de Jésus-Christ méprisée et profanée par les indignités qu'exercèrent contre lui les soldats, première partie ; mais en même tejnps royauté reconnue et solidement vérifiée par mie secrète disposition de la Providence, qui se sert pour cela de l'insolence même des soldais et de leur impiété , deuxième partie.
PREuiFiiE pvRTiE. Royauté dc Jésus-Christ méprisée cl profanée par les indignités qu'exercèrent contre lui les boldali. Pu! la plus sanglante dérision, ils le revêtent d'âne
ANALYSES DES SERMONS
labc de pourpre, ils lai donnent pour sceptre un roseau, ils lui mettent sur la tête une couronne d*épines : et en le saluant comme roi des Juifs, ils lui crachent au visage, et le uieurtrissenl de soufflets.
Or, n'est-ce pas ainsi que nous le traitons nous-mêmes? Nous le couronnons, en le reconnaissant pour notre roi : mais nous le couronnons d'épines. Ces épines , ce sont tant de désordres où nous nous abandonnons.
De plus, nous ne lui faisons porter pour sceptre qu*un roseau : comment cela? par nos inconstances et nos légèretés perpétuelles dans son service.
Eittin, nous le couvrons d'une misérable robe de pourpre, c'est-à-dire, de nos ptxhés, plus rouges que l'écarlaie, selon la figure du Propliète, et qui le font rougir luimême. Mais il aura son temps pour venger sa royauté flétrie et profanée. De quelle frayeur serons-nous saisis , quand à son jugement universel nous le verronscouronné de gloire?
Deuxième partie. Royauté de Jésus-Christ reconnue et solidement vérifiée , par une secrète disposition de la Providence , qui se sert pour cela de l'insolence même et Tïe l'impiété des soldats. Les choses mêmes par où ils ■croyaient le déshonorer, ont été les marques les plus naturelles de sa souveraineté , et ont servi à nous en donner l'idée la plus juste. Ils l'ont couronné d'épines ; or, k qui cette couronne pouvait-elle mieux convenir, qu'à celui qui devait être le roi surtout des âmes souffrantes?
Ils lui ont donné pour sceptre un roseau. Rien ne pouvait mieux représenter la nature de son pouvoir, qui n'a point éclaté par la force ni par la violence, mais par la faiblesse même et par TinCrmité. Avec ce roseau , il a soumis toutes les puissances du monde.
Ils l'ont couvert d'une robe de pouq^re. Était-il une œulenr plus convenable à un roi qui devait former son royaume sur la terre, et l'amplifier par l'effusion de son sang?
Delà , concluons ce que nous sommes , à qui nous sommes, pourquoi nous y sommes, et ce que nous devons enfin devenir seloh le caractère que nous portons , et les sacrés rapports que nous avons, en qualité de chrétiens, avec Jésus-Christ.
SUR JÉSCS-CBRIST PORTANT SA CROIX.
ScJET. Alors ils prirent Jésus, et remmenèrent; et Jésus, chargé de sa croix, sortit pour aller au lieu appelé Calvaire.
Apprenons de l'exemple de Jésus-Christ, comment nous devons nous-mêmes porter la croix , c'est-à-dire, toutes les souffrances dont nous sommes affligés dans la vie.
Division. Nécessité de porter la croix après Jésus^^brist, première partie. Facilité de porter la croix après Jésus- Christ , deuxième partie.
Première partie. Nécessité de porter la croix après Jésus-Christ. Il la porta depuis le prétoire jusqu'au Calvaire, comme Isaac porta lui-même sur la montagne le bûcher où il devait être immolé. Or, selon ce qu'il dit à ces femmes qui le suivaient. Si l'on traite ainsi le bois vert, quefera-t-on au bois sec? concluons que si Jésus-Christ notre modèle et notre médiateur a porté la croix , il n'y a donc nul homme qui ait droit de s'en exempter. Jésus- Christ ne l'a portée que parce qu'il l'a voulu ; mais nous, soit que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas ,
nous sommes condamnés par l'arrêt de Dieu à la porter. Cependant, nous pouvons nous la rendre volontaire en l'acceptant, et nous sommes bien à plaindre si nous ne la sanctifions pas au moins par notre soumission.
Ce n'est point assez déporter la croix : il faut la porter après Jésus-Cbrist , et c'est pour nous le faire entendre qu'il voulut que Simqn le Cyrénéen la portât avec lui. Mais il y en a bien peu qui veuillent à ce prix suivre leur Sauveur. On verse assez de larmes en considérant sa Passion , mais il nous répond comme à ses fenunes de Jérusalem : Pleurez sur vous-mêmes. Pleurez sur toutes vos sensualités.
Trois sentiments là-dessus à prendre, t. d'une vive douleur ; 2. d'une humble reconnaissance; 3. d'une feiine résolution.
Deuxième partis. Facilité de porter la croix après Jésus-Christ. Car son exemple est si puissant qu'il doit nous aplanir toutes les difûcultés, comme l'exemple du chef fait oublier au soldat tous les périls. Sans cet exemple de Jésus-Christ soufTrant,que n'ont pas souffert les justes de l'ancieune loi , et que n'ont-ils pas voulu souffrir? il n'y a qu'à lire le détail qu'en a fait saint Paud. Quelle serait donc notre lâcheté, après un tel exemple, de fuir encore la croix ?
D'autant plus que c'est la croix de Jésus-Christ que nous avons à porter, et non point précisément la nôti-e; car il ne nous a iias dit. Prenez votre joug, mus mon joug. Si ce pauvre Cyrénéen qu'on força de porter la croix do cet Homme-Dieu , eût su que c'était la a-oix de son Sauveur, avec quelle ardeur et quelle joie l'eût-il embrassée?
Ajoutez que cette croix de Jésus-Christ, nous ne la portons pas tout entière, mais qu'il en porte la plus gicnde partie , et que nous ne la portons pas seuls , mais qu'il la porte avec nous. Or, soutenus de son secours et de celui de sa grâce , que ne pouvons-nous pas , et qu'y a-t-U de si pesant qui ne nous devienne léger et doux?
SUR le CRUCinEMENT DE JÉSUS-CHRIST.
Sujet. Quand ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, on y crucifia Jésus.
C'est sur la croix et dans la personne de Jé«us-Cbristque s'est accomplie cette parole du Prophète : La justice et la miséricorde ont fait ensemble une alliance étroite.
Division. Jésus-Christ mourant sur la croix comme victime de la justice de Dieu , première partie. Jésus-Christ mourant sur la croix comme victime de la miséricorde de Dieu, deuxième fiartie.
Première partie. Jésus-Christ mourant sur la croix comme victime de la justice de Dieu. Après le péché de l'homme , il fallait que la justice de Dieu fût satisfaite. Nul autre qu'un Dieu ne pouvait satisfaire à un Dieu. JésuS'Chrisl vrai Dieu et vrai homme est donc venu , et s'est offert comme victime. Ce n'est pas pour ses péchés, mais pour les nôtres qu'il a satisfait. Car il s'en était chargé, et voilà pourquoi la justice divine le regarde au Calvahpe comme un objet digne de ses vengeances.
Cest donc cette redoutable justice , qui préside au dernier supplice de ce Fils de Dieu couvert des péchés de tous les hommes. Cest elle qui veut qu'on le dépouille encore une fois de ses habits, qu'on l'étende sur la croix, qu'il obéisse à d'infâmes bourreaux , qu'il soit placé au milieu
ANALYSES DES SERMONS
ôt deox Toleure , qu'on le comble de nonreaux opprobres , que dans sa soif on ne lui donne à boire que du vinaigre et du fiel, enfin qu'il meure comme abandonné même de son père.
De \k apprenons combien il est terrible de tomber dans les mains du Dieu Tivant et de sa justice. Car s*il n'a pas épargné son propre fils, que fera-t-it de nous et contre nous? Nous devons ici reconnaître toute la puissance de cette suprême justice , toute sa sainteté , toute sa sévérité, toute sa droiture et son inflexible équité.
Quelles vérités ! et de quelle frayeur doivent-elles saisir un pécheur qui vit dans Timpéniteoce? Mais surtout de quelle frayeur sera-t-il saisi à la mort , en considérant même le crucifix qu'on lui présentera pour sa consolation?
Deuxième partie. Jésus-Cbrist mourant sur la croix comme victime de la miséricorde de Dieu. 11 est vrai qu'il devait souffrir et qu'il devait mourir ; mais comment le devait-il? Dans cette supposition toute gratuite de sa part : savoir, qu'il voulût sauver le monde ; car il pouvait ne le pas vouloir et nous abandonner. C'est donc par un effet de sa miséricorde qu'il a pris sur lui nos dettes , et qu'A s'est engagé à les acquitter en souffrant et en mourant. Solide théologie de l'apôtre saint Paul.
De \k ne nous étonnons point des témoignages particuliers, ou plutôt des prodiges d'amour et de miséricorde qu'il fait paraître sur la croix. Il prie, et c'est une prière de miséricorde ; il promet , et c'est une promesse de miséricorde; il donne, et c'est un don de miséricorde : il témoigne sa soif, et cette soif qu'il souffre , quelque pressante qu'elle puisse être , n'est que l'image d'ime soif mille lois encore plus ardente qui achève de le consumer et qui est un sentiment de miséricorde.
Ainsi nous devons regarder la croix comme le siège de la grèce et le trône de la miséricorde divine. Ayons-y souvent recours. Solide dévotion dans le christianisme , que la dévotion au crucifix. Où sera notre ressource à la mort , où sera notre consolation? Dans le crucifix.
PODR LE TEMPS DE L'aVENT.
Dans ce saint temps l'Église honore l'incarnation du Verbe. Nous ne pouvons donc mieux nous y occuper que de la méditation de ce grand mystère, où le Verbe divin est venu sur la terre, 1. découvrir sensiblement aux hommes la gloire de Dieu ; 2. combattre parmi les hommes , et y détruire tous les ennemis de la gloire de Dieu ; 3. allumer dans le cœur des hommes un zèle ardent pour la gloire de Dieu.
I. Comment Jésus-Christ vient découvrir sensiblement aux hommes la gloire de Dieu. Qu'est-ce que la gloire de Dieu ? cette gloire de Dieu , telle que nous la devons maintenant entendre , ce sont ses perfections révélées et publiées au monde. Or, n'est-ce pas ce que nous découvre sensiblement le Fils de Dieu dans son incarnation?
C'est là que parait la miséricorde de Dieu ,
Sa sagesse.
Sa puissance ,
Sa justice.
Cependant n'est-il pas étrange que Dieu soit si peu connu dans le monde, ou qu'on y vive comme si l'on ne le connaissait point?
n. Comment Jésus-Christ vient combattre parmi les hommes, et y détruire tous les ennemis de la gloire de Dieu. Trois sortes d'ennemis : le démon ^ le péché, les biens de la terre, ou plutôt l'amour déréglé des biens de la terre.
11 dépossède le démon de Fempire qu'il exerçait sur la terre. Les idoles des faux dieux tombent , et les oracles se taisent.
Il efface les péchés des hommes , et en qualité de victime U présentée Dieu le sacrifii^ de notre salut.
Il attaque la cupidité et l'amour déréglé des biens de la terre en deux manières. Dans les justes, il déracine de leur cœur cette convoitise. Dans les impics et les mondains , il la condamne au moins et la réprouve.
Comment Jésus-Christ vient allumer dans le cœor das hommes un zèle ardent pour la gloire de Dieu. Premièrement , U nous donne la plus haute estime de cette gloire de Dieu.
Secondement, il nous foit trouver pour nobs-mêmes im intérêt propre et essentiel dans cette gloire de Dieu.
Par où pouvons-nous glorifier Dieu? Par les mêmes moyens que Jésus-Christ l'a glorifié : honorons les perfections de Dieu , et reconnaissons-les. Combattons nos passions , qui sont autant de démons domestiques. Pleurons nos péchés, effaçons-les par la pénitence. Renonçons, au moins de cœur, à tous les biens du monde.
POCR LE TEMPS nU CARÊME.
Le temps du carême est un temps de pénitence.
La loi de la pénitence en général est une loi indispensable.
La pénitence du carême ne consiste pas précisément dans l'abstinence ni dans le jeûne , mais dans Fesprit d'une salutaire componction.
Cet esprit de pénitence doit nous porter à la mortification de nos passions et k un véritable changement de cœur.
A cette pénitence il faut joindre les œuvres extérieures , autant qu'elles nous peuvent convenir : mortification des sens, exercices de charité.
Surtout il faut pratiquer l'aumône.
Retrancher les plaisirs et les vaines joies du monde.
Se tenir dans la retraite , à l'exemple de Jésus-Christ
Assister à la parole divine et vaquer à la lecture.
Approcher des sacremenU.
Enfin , méditer souvent la passion et les souffrances àa Fils de Dieu.
Prière à Dieu pour le remercier de nous avoir encore accordé ce temps de miséricorde et d'expiation de nos pécliés.
POUR LA SECONDE FÊTE DR PAQUES , SrR LES DEUX DISdTLKS QUI ALLÈRENT A EMM4US.
Jésus-Christ, s'entretenant avec ces deux disciple^^, raffermit leur foi , ranime leur espérance , et rallume eniin leur charité , d'où nous pouvons tirer pour nous-mêmes de très-solides leçons.
I. Comment Jésus-Christ raffermit la foi des deux disciples. Us commençaient à se scandaliser du mystère de la croix , et à douter qu'un homme mort si ignominieusement fût le Messie. Mais il confond leur incrédulité par trois arguments invincibles. Car d'abord il leur montre gi»
ANALYSES DES SERMONS
ce grand mystère d*an Diea cnidfié «fait été prédit par tous les prophètes.
Ensuite fl les lait souTenir qae lai-méme il leur aTtit plusieuVs fois parlé de son crucifiement et annoncé sa mort.
Enfin , il leur lait entendre et leur explique comment 11 était oon?enable et nécessaire que le Christ souffrit.
Caractère des incrédules : ce qui altère leur foi, c'est cela même qui de?rait l'augmenter. Demandons à Dieu le don de la fini, et conserrons-le avec tout le soin possible.
Comment Jésus-Christ ranime l'espérance des deux disciples. Ils commençaient à ne plus espérer, parce qu'il y a?ait dans leur espérance des erreurs que Jésus-Christ leur découTre : l'une par rapport au fond, et l'autre par rapport au temps.
Erreur par rapport au fond : Ils espéraient que Jésus- Christ rétablirait le royaume temporel disraël ; mais ce n'était point là le royaume qu'il leur a?ait promis, puisqu'il km avait même expressément marqué que son royaume n'était pas de ce monde. Ne tombons-nous pas dans une erreur toute semblable ? Nous n'espérons en Dieu que dans la Tue des biens de cette vie.
Erreur par rapport au temps. Le fils de Dieu leur avait dit qu'il ressusciterait le troisième jour : ce troisième jour u*était pas encore passé , et ils ne laissent pas de témoigner déjà leur impatience et leur défiance. Ainsi nous espérons en Dieu; mais pour peu qu'il diffère à nous exaucer, nous nous décourageons et nous perdons toute confiance. Ne nous attend-il pas lui-même en tant d'occasions ? Pour- (pioi ne i'attendrions-nous pas.
III. Comment Jésus-CbrÎMt rallume la charité des deux disciples. Leur amour s'était beaucoup refroidi; mais il en railnroe toute l'ardeur en trois manières.
Par ses discours.
Par la pratique des bonnes œuvres.
Par l'usage de hi divine Eucharistie.
Or, ce sont ces trois mêmes moyens dont nous devons nous servir pour renouveler en nous la ferveur de notre dévotion et de notre amour envers Dieu. Mais de quoi parlons-nous communément, et de quoi nous enlretenons-nous? quelles bonnes œuvres pratiquons-nous? comment approchons-nous du sacrement de Jésus-Christ et de sa sainte table?
poim l'octave nu mÈs-SAniT sAGREnufT.
Cette octave est instituée pour réparer les outrages faits à Jésus-Christ dans l'adorable Eucharistie, considérée, soit comme sacrement, soit comme sacrifice.
I. Comment nous de vous réparer les outrages que nous avons faits à la divine Eucharistie considérée comme sacrement. Ces outrages consistent surtout en tant de communions, ou sacrilèges, ou lâches, tièdes, inutiles, que nous avons faites. Réparons-les dans la suite , et en particulier dans cette octave , par de saintes communions.
Approchons de la communion avec humilité et avec amour, avec crainte et avec confiance, avec un profond respect et un désir ardent de nous unir à Jésus-Christ. C'est dans le juste tempérament de ces mouvements du cœur, contraires en apparence, mais d'un merveilleux accord, qu'est renfermée toute la perfection de la communion chrétienne. Pour commencer à en faire l'épreuve, faisons l'endant cette octave une amende honorable an Sauveur
du monde, et allons à loi avec les mêmes «««tf'itfPts de repentir que l'enfimt prodigue aOa à son pèf«.
II. Comment nous devons réparer les outrages que nous avons &its à la divine Eucharistie considérée comme sacrifice. Par rapport à ce dhhi sacrifice, que nous appelons le sacrifice de la messe, on se rend coupable, soit en n'y assistant pas, soit en y assistant mal.
Sur cela les promesses que nous devons foire à Jésus- Christ, et les résolutions où nous devons nous confirmer durant l'octave, se réduisent à quatre; savoû-, d'assister désormais tous les jours au sacrifice de la messe.
D'y assister avec révérence, avec attention, avec dévotion.
D'ofTrir le sacrifice avec le prêtre toutes les fois que nous y assisterons.
De communier spirituellement à chaque messe.
POUR l'octate oe l'assomphoti de la vierge.
Trois fruits, que nous devons retirer de cette octave : 1. apprendre à mourir de la mort des sainU; 2. apprendre à discerner en quoi consiste et sur quoi est fondé le bonheur des saints ; 3. apprendre quelle est la vraie dévotion envers Marie, mère du Saint des saints.
I. Comment Texerople de Marie nous apprend à mourir de la mort des saints. Sa noort fut précieuse devant Dieu ; premièrement , par la bonne vie qui l'avait précédée.
Secondement, par la paix dont elle fut accompagnée. Paix éublie sur l'exemption du péché et sur le détachement du monde.
Enfin , par la disposition d'esprit et de cœur avec laquelle Marie la reçut. Voilà comment tous les chrétiens pourraient et devraient mourir.
H< Comment Marie nous apprend sur quoi doit être fondé le bonheur des saints. Dieu , en couronnant Marie dans le ciel , a prétendu couronner surtout sa sainteté et ses bonnes œuvres. Leçon importante qui doit tout à la fois nêus instniûre, nous confondre, nous consoler.
Trois vertus principales que Dieu, entre les autres, a singulièrement glorifiées idans cette sainte Mère : sa pureté , son humilité , sa charité. C'est par les mêmes vertus et les mêmes mérites que nous obtiendrons la même gloire.
III. En quoi consiste la vraie dévotion envers Marie. Cest d'abord à la prendre pour notre modèle , et à ré^er toute notre conduite sur la sienne.
Cest de plus à la prendre pour notre protectrice, en nous adressant à elle dans nos besoins. Prière à la Yierge.
SDR LA MORT.
La pensée de se préparer à la mort est une grftce.
Cette pensée de la mort doit produhv d'abord en nous le détachement du monde.
Ce détachement du monde ne peut être parlait , si nous n'y joignons le détachement de nous-mêmes.
Ni l'un ni l'autre ne doit aller jusqu'à nous faJre négliger les choses de la vie et les soins temporels dont la Providence nous a chargés.
Nous devons encore tver de la pensée de la mort une autre conséquence, qui est de nous hâter de faire le bien que Dieu demande de nous.
Jésus-Christ ne nous a pas dit seulement : Préparezvous quand la mort viendra; mais : Soyez prêts.
La pensée de la mort est un remède contre la tiédeur dans les exercices de la religion.
dtfitollétqw
ANALYSES DES «ERMOXS.
iéà fcrfir po«r réModre tovtes ki povTOM aroér dtat b caednle de
fCB LA Pàa ATK LS rBOOUIIL
Celle iMtffère regvde fartoot lei eomonmaaléi relil0eiMe»,elelleierédottàtrobpofaiU,<iiiiioiit, l.noifyortiiiee de la pahi aree le |)voeliais ; 2. les obftadet let plof ordimlrM qoi la troobleDt; 3. lei moye» les plus pfopm à les mafoleiiir.
I. Inpofrlaoee de la paix a? ec le prochain. Jéu^-Otml qofttairt fes disdples , la leor latoa ronune le plus précknx liéritMgfi* Aofsi ne peut-oo , sans cette paix , travailler tofidemeiit à s'avancer dans la voie de Dieo.
Dès qoe la paix n'est pins dans une commonanl^, combien s'y comroet'il de p^cbéi.
Ile là tonte la diidpline régulière vient à se renverser.
MécontentanentSy troaUes, scandales qui passent au dehors.
Tant de liens nous unissent ensemble : pourquoi nous divîftons'noos?
II. Obstacles les plus ordinaires «fui troublent la paix avec le prochain. Ce sont la diversité des tempéraments et des humeurs.
La diversité des intérêts et des prétentions. lA diversité des opinions et des ientiments en matière de doctrine.
La divemité des directions et des conduites. Knfin, les liaisons et les amitiés particulières.
III. Moyens les plus propres à maiotejih' la paix avec le procliain. S'accoutumer de bonne heure à vaincre son humeur.
Se désister volontairement de toutes ses prétentions, din qu'il y va de la paix.
Ke s'attacher pohit à son propre sens.
Sacrifler même, s'il est iiécesMire, sa propre raison.
Préférer une sa^e et religieuse •imp.icilé à une envie dangereuse et immodérée de savoir.
Mais de tous , le plus efficace et le plus puissant, est la bonne et fréquente communion , puisque le sacrement de nos autels est le sacrement de Tunité.
SCR L4 CHARITé.
Deux choses à considérer dans la diarilé , son précepte i et sa pratique.
I. Le précepte et l'obligation de la charité. C'est le commandement de Jésus-Christ.
C'est la marque spécifique et certaine des vrais dirétions.
C'est dans ce commandement que sont contenus tous 1rs autres.
Sans l'observation de ce précepte, toutes les autres œuvres sont inutiles.
Sans la charité nous sommes dans un état de mort, c'està-dire, dans l'état du |)éché mortel.
Sans la charité nous marchons dans les ténèbres.
Sans la charité nous sommes homicides de nous- mêmes, de la charité et du procliain.
lUen au reste de plus exposé que la charifé, non-seulement dans le monde , mais dans la profession religieuse.
M. La pratique et les caractères de la charité. Saint Paul nouH les ti marqués.
La charité cat|
ElleestplÔBedel
Elle n'eu point jalMHe.
Eflen'agHpoftitnnlài
EOenes'en
Elle n'est point i
Elle ne dKrdie poiM ses iBlérêls.
EBe ne iTeoporte point
Elle ne pense point de BaL
Elle n'a point de joie de nnÎMliee ; mais elle en a de b vérité.
Elle endnretoot, elle croit ioat, elle espère toot , Hie supporte tout.
Elle ne sera pas sans réoooipense , et sans une récompense étemelle , puisqu'elle ne doit jamais finir.
scn Varmiurt ne la roi.
Sans une solide humilité on ne peut conserver une lai bien pore.
Deux choses à disUa;;uer dans la foi : ce que nous croyons , et U manière dont nous le croyons. Or, l'on et l'autre a une connexion essentielle avec l'humilité.
Ce que nous croyons se réduit à des mystères et des maximes d'humilité : comment les croire sans avoir quelqnes principes d'humilité dans le cœur.
La manière dont nous le croyons renferme les actes d'humilité les plus excellents, par la soumission de notre esprit et de notre raison.
C'est nous rendre semblables à des entants.
C'est nous réduire dans une espèce de servitude.
Servitude ou soumission trèsdifBdle, parce qu'elle nous humilie.
Nous sommes jaloux de nos propres pensées ; mais ce n'est point par nos propres pensées que Dieu veut nous conduire.
• Nous voulons que Dieu nous rende raison des choses qu'il njub itvèic i mais de quel droit le voulons-nous?
Présomption et orgueil qui a précipité dans 1 abîme tant d'hérésiarques et leurs sectateurs. Exemple de Luther et de Calvm. Au lieu de s'humilier en se soumettant à l'Église, ils ont voulu se faire juges de l'Église. Ils l'ont rejetée , et lui ont substitué un fantâme d'Église.
Châtiment de Dieu, qui permet que les orgueilleux tombent dans les plus grandes erreurs et qu'ils s'y obstinent.
Le grand moyen de réduire une infinité d'esprits n'est pas de disputer et de raisonner avec eux ; mais ce serait de leur inspirer plus d'humilité.
On parle avec trop de liberté de tout ce qui a rapport à la fui.
Conservons l'avantage que nous avons toujours eu sur les hérétiques , qui est l'humilité de la foi. Avis de saint Jérùme.
SUR LA PRUDENCE DU SALUT
Nécessité de la prudence du salut , et en quoi elle consiste.
On est souvent sage mondain , et insensé chrétien.
Point de vraie prudence sans la prudence du salut
La vraie prudence doit se proposer une fin , et une fin digne de nous. Or, point de fin digne de nous, que le salul.
On peut néanmoins avoir pour fin les biens de la vie pré-
ANALYSES DES SERMONS
srnlc; mais pour fin procliaine, e( non point pour fin dernit'.re : tellement que cette fin procl^ine doit être rapportée à la fin dernière , qui <«t le salut.
Ainsi la prudence dn salut doit entrer dans toutes les affaires, même humaines, pour les régler selon Dien et selon la conscience. Comparaison de saint Chrysostâme.
l>e là Tient la nécessité de savoir bien joindre ensemble la prudence du monde et la prudence dn salut.
De là encore la nécessité d'un directeur sage et vertueux avec qui l'on confère même des aflaires temporelles où Ton est engagé.
La pnidence du salut ne doit pas seulement entrer dans les aCbires humaines pour en bannir le péché ; mais pour les rendre utiles au salut même et profitables devant Dieu ; car elles le peuvent être.
Telle est la science du salut, qu'on ne connaît guère dans les cours des princes. Joseph l'enseigna aux ministres de Pharaon.
Désordre des gens du monde qui ne suivent que la prudence du monde. Prétendus esprits forts ; combien ils se* ront confondus au jugement de Dieu.
Ne point penser à tout cela, c'est un renversement d'esprit.
sua LE CHOIX D'UIt ÉTAT DE VIE.
Combien ledioix d'un état de vie est important pour le salut
Il ne faut point entrer dans un état sans vocation.
L'abus est qu'on n'y entre communément que par des vues humaines, et qu'on ne consulte que la prudence du siècle.
De là il arrive qu'il y a très-peu de gens qui puissent se flatter d'être dans l'état où Dieu les veut.
Trois règles pour bien connaître la vocation de Dieu. Premièrement , recourir à Dieu même par la prière.
Secondement , consulter les ministres de Dieu , qui sont