‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 74 sur 408 · SUR LE RENOUVELLEMENT DES VŒUX · texte numérisé non relu

SUR LE RENOUVELLEMENT DES VŒUX

genre de vie et aux mêmes exercices. Nous combattons sous les mêmes étendards, et nous avons tous ks mêmes intérêts. Chaque règle a son esprit propre , et cet esprit de la règle est le même dans tous les sujets qu'elle dirige et qu'elle conduit. Tel est le principe de notre union. Mais que ce fondement soit renversé, que ce lien soit rompu par Tinfraction de la règle; comme les contraires doivent avoir des conséquences toutes contraires, ce qui s'ensuit infailliblement alors , c*est que les cœurs se divisent , et que le trouble bannit la tranquillité.

En effet, supposons une communauté semblable à la vdtre, mes très-chères sœurs ; je veux dire une communauté où la règle se soit conservée jusqu'à présent dans toute sa force et dans toute son intégrité : est-il rien de plus paisible? N'est-ce pas une Jémsalem, n'est-ce pas sur la terre un paradis et nn jardin de délices? Mais si c'était une maison où il n'y eût ni ordre, ni règle, permettez-moi de le dire, ne serait-ce pas bientôt une Babylone? ne seraît-ee pas un lieu de confusion , plus exposé que le monde même aux schismes et aux partialités? Car ce que saint Chrysostdme a remarqué de l'homme en général , nous peut bien être appliqué en particulier. Rien de plus sociable que l'homme, dit ce saint docteur, quand il use de sa raison ; mais dès qu'il Fonblie, rien de plus opposé à la paix ni de plus sujet aux dissensions et aux discordes. Il en est de même des personnes religieuses , et nous ne devons point craindre de le reconnaître ici pour notre instraction. Point de liaison plus étroite ni plus constante que celle qui les attache les unes aux autres, tant qu'elles persévèrent dans la règle ; mais qu'elles viennent h en sortir, rien de plus irréconciliable, de plus opiniâtre, de plus scandaleux que les factions qui se forment entre elles , et que produit la. diversité des partis. Vérité qui n'est que trop connue; et plût au ciel que dans l'Église du Dieu de la paix on n'en eût pas eu des témoignages si fréquents et si éclatants!

Ah! mes chères sœurs, souvenons-nous de ce que nous sommes , souvenons-nous que nous avons succédé à ces premiers chrétiens dont on nous raconte tant de merveilles, et que nous représentons dans la religion l'état florissant de l'Église naissante. A quoi reconnaissait-on ces fidèles des premiers siècles? A la charité. Ils n'avaient entre eux qu'un cœur et qu'une âme : MuUUudinU credeniium eral corunum et anima una. {Jcl.^ 4.) Ft sur quoi était fondée leur charité? Sur ce qu'ils observaient une même règle de vie. Car du moment qu'ils se relâchèrent là-dessus, on vit croître parmi ce bon grain la zizanie : et quels désordres suivirent la triste désunion qui se fit des cœurs! C'est par votre infinie miséricorde, d mon Dieu! que la paix, jusqu'à ce jour, depuis son établissement , a régné dans cette

sainte maison, parce que la règle n'y a jamais reçu nulle atteinte. Soutenez, Seigneur, ce que vous ave? si heureusement commencé; soutenez-le vous-mêmes, mes chères sœurs, et ne laissez pas dépérir entre vos mains l'œuvre de Dieu. Secondez les pieuses intentions , et marchez sur les traces de tant de ferventes religieuses qui vous ont précédées, et dont on vous propose les exemples. Que loue-t-on en elles? la fidélité à la règle. Par où se sont-elles sanctifiées? par l'accomplissement de la règle. Quelle a été dès ce monde leur récompense? la paix avec Dieu, la paix avec elles-mêmes, la paix avec le prochain , fruits ordinaires de la règle. Et qu'ont-elles enfin trouvé après la mort? cette paix éternelle où nous conduise, etc.

EXHORTATION

SDR LB RENOUVELLEMEIIT

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