LE DIMANCHE DES RAMEAUX
SUR LA COMMUNION PASCALE
Hoc autem totum factum est, ut adimpleretur quod (fictum est per prophetam dieentem : Dkitejtlim SUm : Ecc€ rex tuus venit tibi mansuetus»
Or, tout ceci se fit afin que cette |Murole da prophète fût accomplie : Dites à la fiUe de Sion : Voici votre roi qui Tient à TOUS plein de dooceur. SAurr-BlATTa., ehap. si.
SiBB, Le prophète l'avait prédit, que le Sauveur du monde entrerait dans Jérusalem, glorieux et triomphant ; et c'est dans le mystère de ce jour que cette parole du prophète devait s'accomplir, et qu'en effet elle s'accomplit. Mais du reste pourquoi les Ju^ reçoivent-ils aujourd'hui le Fils de Dieu avec tant de pompe et tant de solennité , et d*où leur vient ce
SUR LA COMMUNION PASCALE
zèlequlls font parattre pour lui rendre des honneurs qu'il n'en avait jamais reçus? Cent fois ils Tavatent vu parmi eux sans qu'à peine on pensât à lui : mais, par un changement bien nouveau, l'Évangile nous le représente dans une espèce de triomphe, entrant au milieu des acclamations et des applaudissements publics, escorté d'une foule de peuple, reconnu solennellement comme Fils de David et comme envoyé de Dieu : Hosanna Filio David : benedictus qui venu in nomine DonUni! (Matth., 21 .) N'en soyons point surpris, chrétiens, puisque les évangélistes nous en apprennent la raison. Il venait, ce Sauveur ado rable, de faire un miracle dont le bruit s'était répandu dans toute la J udée. La résurrection de Lazare, de cet homme mort depuis quatre jours et enfermé dans le tombeau (miracle que toutes ses circonstances rendaient incontestable; miracle subsistant encore, dit saint Augustin , et que l'incrédulité même la plus obstinée ne pouvait désavouer), voilà de quoi les habitants de Jérusalem avaient été témoins; voilà ce qu'ils avaient admiré, et ce qui leur donna une si haute idée de Jésus-Christ. C'est donc en vue de cii miracle, et pour en reconnaître publiquement l'auteur, qu'ils coururent au-devant de lui , portant des palmes dans les mains, et voulant honorer par là, remarque saint Chrysostôme, la victoire que cet Homme-Dieu avait remportée sur la mort. Tel est, mes cbers auditeurs, le précis de notre évangile dans le sens historique et littéral : écoutez-en le mystère et l'application. Le temps approche, chrétiens, et nous le commençons, où Jésus-Christ par une action spirituelle et intérieure, mais encore plus puissante et plus eCQcace, renouvelle ce grand miracle de la résurrection de Lazare, en faisant revivre par la grâce de la pénitence des âmes mortes par le péché, et comme ensevelies dans les habitudes criminelles. Après ce miracle, l'Église, que tous les prophètes nous ont marquée sous la figure de Jérusalem, prépare à ce divin Sauveur une sainte et honorable entrée dans les cœurs des fidèles par la communion pascale; et, pour me conformer à son dessein, c'est de cette communion pascale que je dois vous entretenir. Saluons d'abord la Vierge, qui eut avant nous le bonheur de recevoir ce Verbe fait chair, et de le porter dans son sein : j4ve. Maria,
Deux sortes de personnes reçoivent aujourd'hui le Fils de Dieu dans Jérusalem; d'une part ses disciples, qui faisaient profession de le suivre, et qui par un engagement particulier s'étaient attachés à son parti; d'autre part les pharisiens, les prêtres, les docteurs de la synagogue, qui, par un aveuglement extrême, rejetaient sa doctrine et s'étaient secrètement ligués contre lui. Ses disciples le reçoivent avec respect, avec ferveur, avec joie; et voilà pourquoi il vient à eux comme en triomphe, et même, selon la prophétie, é'n qualité de roi : Ecce rex tvu$
venit tibitnansuehts. (Matth., 21.) An contraire t les pharisiens le reçoivent avec des sentiments (Tai* greur, et dans la r^olution de faire bientôt éclater leurs pernicieux desseins et de le perdre : c'est pour cela qu'il vient à eux comme un ennemi; et que le Sauveur verse sur ces aveugles des larmes de compassion : FideMcixHtaiemJlevU super iUam. (Lik:., 19.) Deux idées bien naturelles de ce qui se passe encore chaque année dans la conmiunion paseale , et dont je vais faire le partage de ce discours. Car pre* nez garde, chrétiens : dans le triomphe dont les disciples de Jésus-Christ honorent ce îàHn maître, j^ trouve l'idée d'une sainte et parfaite communioo; ce sera la première partie : mais dans la manièn dont ee même Dieu fut reçu des pharisiens , je trouve l'idée d'une communion indigne et sacrilège; eesera la seconde partie. Pour les justes, qui sont les vrais fidèles, le Sauveur vient comme un roi débonnaire et bienfaisant; maispour les impies engagés et obs* tinés dans le crime, il vient comme un ennemi ter* rible et redoutable. C'est tout le sujet de votre attention.