SUR LETAT DU MARIAGE
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ngereusemeot exposée, que la présence ec qui elle vit, et Pintérét de le ménager, impression sur elle. Si peut-être , à cernts où la résolution est plus forte et la bondante, elle écoute la conscience et se ms le devoir, qu'il est a craindre quecette
toujours combattue par Toecasion, ne I ù se reiâcber avec le temps et à céder ! ainsi qu'une molle complaisance a perdu mes, et tous les jours en perd tant d'autaient, de leur fonds et par leur penchant, lentes , équitables, droites, régulières; ame insatiable et avare, colère et vindiel et voluptueux, les a rendues eompliaudes et de ses aversions , de ses excès is honteuses cupidités, -je, ou que ne me reste-t-il point à dire r danger, que porte avec soi le soin d'une éducation des enfants ? Il est certain , et déjà fait assez entendre, que l'éducation its vous engage par devoir et par état à
affaires temporelles. Mais il n'est pas que cet engagement est un écueil , où il ne pas échouer; et qui ne voit pas l'ex- «ilté qu'il y a de concilier ensemble le ins de la terre et le détachement de ces is? Selon l'Évangile , si vous négligez de s enfants d'une manière conforme h leur ous vous rendez coupables devant Dieu ; irs, aGn de pourvoir vos enfants, vous : emporter au désir et à l'amour des ria'y a point de salut pour vous. Dans le ne vous est pas permis , comme aux auidonner toutes choses poursuivre Jésusl'est point là votre perfection. Il faut que liez , que vous conserviez , et même que liiez raisonnablement à acquérir. Mais it, en conservant, en acquérant, il faut otre cœur de toute affection terrestre, edit saint Paul; écoutez-le. ffoc itaque s y rellqiaun extut et quihabent uxorex, on habenfes sint; et qui emunty tan- 90ssiden(£s;€t quiutuntur hoc mundo, m utantvr. (l . Cor,, 7.) Voilà, mes frères, *and apôtre, ce que j'ai à vous intimer de Dieu ; savoir, que parmi vous ceux gagés dans le mariage aient l'esprit et issi libres que s'ils étaient pleinement ix-mémes; que ceux qui vendent et qui fassent comme s'ils ne possédaient rien ; c qui ont la disposition des biens de ce sent comme s'ils ne leur appartenaient ]uoi c^la? parce que la figure de ce «, poursuivait le docteur des gentils : \m figura ht^jus mundi. (fbid.) Et moi T, en vous appliquant cette morale,
parce que le soin que vous pcavéz et que vous devez avoir des biens de ce monde , ne vous dispensa en aucunesortede l'obligation d'y renoncer de cœur et de volonté. Jésus-Christ en a fait une loi générale pour tous les hommes; et cette loi , dit saint Chrysostôme, ne pouvait s'entendre d'un renoncement réel et effectif, il faut par nécessité l'interpréter du renoncement de l'esprit ; Qui non renuntiat omnibus (Luc, 14.) C'est-à-dire, chrétiens, que quand le Sauveur des hommes prononçait cet oracle, il parlait pour vous aussi bien que pour moi : avec cette différence néanmoins , qu'en vous faisant ee commandement, il vous obligeait à quelque chose de plus difficile que moi. Car il voulait que ce détacbrâient intéjrieur ne vous ôtât rien de toute la vigilance nécessaire pour la conservation de vos biens et pour l'entretien de vos familles. Or, de joindre l'un et l'autre ensemble, c'est ce que j'appelle la vertu héroïque de votre état. Et comment en effet, me direz-vous , atteindre à ce point de pauvreté évangélique? A cela je vous réponds ce que répondait Jésus-Christ lui-même sur un sujet à peu près sem* blable : La tho»e est impossible aux hommes, mais elle ne l'est pas à Dieu. Elle est impossible à ceux qui s'ingèrent d'eux-mêmes et sans la grâce de la vocation dans le mariage , ou qui l'ayant cette grâce n'en font pas l'usage qu'ils doivent. Mais à ceux qui y sont;fidèles, tout devient possible. Abraham vécut dans le même état que vous , il eut une maison h soutenir comme vous, il posséda de plus grands biens que vous; et jamais ces biens périssables n'excitèrent le moindre désir dans son cœur, et n'y allumèrent le feu de la convoitise.
Quoi qu'il en soit, vous connaissez, mes chers auditeurs, les obligations du mariage, vous en savez les peines , vous n'en ignorez pas les dangers, et par conséquent vous voyez combien il vous importe d'y être éclairés, conduits, secourus de Dieu; c'est-àdire, combien il vous importe de n'y entrer que par le choix de Dieu , et d'y attirer sur vous la grâce de Dieu. Mais si ce n'est pas par cette vocation divine que je l'ai embrassé , n'y a-t-il plus de ressource pour moi, et que ferai-je? Vous ferez ce que fait le pécheur pénitent. En se convertissant à Dieu , il répare par la grâce de la pénitence ce qu*il a perdu en se dépouillant de la grâce d'innocence. De même vous réparerez après le mariage le mal que vous avez commis en vous engageant dans le mariage , et puisque vous n'avez pas eu les premières grâces de cet état, vous aurez recours à Dieu pour obtenir les secondes. Car Dieu a de seconde» grâces pour suppléer au défaut des premières, et c'est dans ces secondes grâces que vous devez mettre votre confiance. Cependant, parce qu'elle» sont plus rares et moins abondantes , quand elles n'ont pas été précédées des autres, ^e qui vous reste c'est
sua LA FOI.
de veiller arec plus d'attention sur vous-mêmes, . de vous appliquer avec plus de zèle à tous les devoirs d*un état oii Dieu veut maintenant que vous persévériez, de concevoir un repentir plus vif et plus amer de Tégarement où vous êtes tombés par votre faute; de redoubler sur cela vos vœux , et de crier plus fortement vers le Seigneur. Ah ! mon Dieu , lui direz-vous , comme dit le frère de Jacob à Isaac après avoir perdu son droit d'aînesse , n*avez-vous pas plus d'une bénédiction, et le trésor de vos grâces n'est-il pas infini ? Num unam tantum benedictionem habes, Pater f (Gènes,, 27 .) Il est vrai , Seigneur, je me suis écarté de ma route, en m'écartant de celle que vous m'aviez marquée : car c'était là proprement ma route , c'était mon chemin. Mais m'avez-vous pour cela rejeté, et votre providence manque-t-elle de moyens pour réparer la perte que j'ai faite? Jetez, mon Dieu , jetez encore un regard favorable sur moi, et ne m'abandonnez pas à moi-même, lorsque je veux désormais m'abandonner pleinement à votre conduite. Mihi quoque obsecro ut benedicas, (Ibid.) Il vous écoutera, mon cher auditeur; et par un retour de sa miséricorde, il prendra pour vous de nouvelles vues de prédestination , et vous fera arriver au salut éternel, que je vous souhaite, etc.
SERMON
POUR LE TROISIÈME DIMANCHE
APRÈS L'EPIPHANIE
SUR LA FOI
et âixit Juus centurkmi : Fade, et ticut credidâti, Jtat tibi.
Jésus dit au centurion : AJlez , et qa*U vous soit fait selon qne vous avez cm. SàiNT Matth. , cbap. 8.
N'est-il pas surprenant que le Sauveur du monde , au lieu d'attribuer les miracles de sa toute-puissance à sa toute-puissance même et à la vertu souveraine de Dieu, les ait communément attribués dans TÉvangile à la foi des hommes? Puissant en œuvres et en paroles, il délivrait les possédés, il guérissait les malades , il ressuscitait les morts ; mais quoiqu'il pût bien au moins s'en réserver la gloire, tandis qu'il en laissait aux autres l'avantage, il la donne encore tout entière à la foi ; comme si la foi seule eût opéré par lui ce que lui seul il opérait pour la foi. Allez, dit-il dans notre évangile, et qu'il vous soit fait selon votre foi : /'acte, etsicut credidisti , fiai tibi. C'est la réponse qu'il fait à ce centenier qui lui vient demander la guérison de son serviteur frappé d'une mortelle paralysie , et c'est la réponse qu'il a JàiUeD Uat d'autres occasions et sur Unt d'autres
sujets : partout admirant la foi , lui qui ne devait rien, ce semble, admirer; partout exaltant la foi ; partout publiant la force et l'efficace de la foi , partout faisant entendre qu'il ne pouvait rien refuser à la foi : rade , et sicut credidisti , fiât tibi. Cest de là même que les hérétiques desdemiers siècles ont prétendu tirer cette fausse conséquence, que tout l'ouvrage et toute l'affaire du salut de Phomme roule uniquement sur la foi. Erreur que l'Église a frappée d'anathème, et qui va directement à détmîre dans le christianisme la pratique et la nécessité des bonnes oeuvres. Mais moi, mes chers auditeurs, sans donner dans une telle extrémité, je tire de mon évangile un sujet beaucoup plus solide, et qui sert de fondement à toute la morale chrétienne; et m'attachant à ces paroles du Fils de Dieu , Qu'il tous soit faix comme vous avez cru, Sicut credidisti, fiai Obi, je veux vous parler des vrais effets de la foi par rapport au salut. C'est dans Marie que cette vertu a fait éclater tout son pouvoir, puisque e'est par la foi que Marie conçut le Verbe divin. Adressona-nous à elle, et disons-lui : Ave.
De quelque numière que je prétende ici m'ezpli- I quer, chrétiens , mon dessein n'est pas de dierdier ' des tempéraments pour concilier Topinîon desh^ tiques de notre siècle , avec la doctrine de l'Église, touchant l'efficace et la vertu de la foi, puisque saint Augustin m'apprend qu'entre rerreur et la vérité, il n'y a point d'autre parti que la confession de l'une et l'abjuration de l'autre. L'optnioo, disons mieux, l'erreur des hérétiques de notre lîèek, est que la foi seule nous justifie devant Dieu; que nos bonnes œuvres , quelque parfiutes qu'elles soient, ne contribuent en rien au salut; que la vie étemelle ne nous est point donnée par titre de récompense, mais par forme de simple héritage : héritage que noos ne pouvons mériter, et dont nous prenons possession sans y avoir acquis aucun droit. Tel est le langage de l'hérésie ; mais voici celui de la foi même. Car il est de la foi , que la foi seule ne suffît pas pour nous sauver. Il est de la foi , que nos bonnes oeavres doivent faire une partie de notre justification. H est de la foi qu'en vertu de ces bonnes œuvres, nous acquérons un droit légitime à la gloire que Dieu nous prépare, et que cette gloire, par un effet merveilleux de la grâce de Jésus-Christ, est tout à la fois, comme s'exprime saint Augustin , et le don de Dieu, et le mérite de l'homme.
Cependant, chrétiens, sans m'engager dansuoe controverse qui ne convient ni au temps ni à l'assemblée où je parle, j'avance deux propositions nonseulement orthodoxes, mais incontestables, et qui vont partager ce discours : savoir, que c'est la foi qui nous sauve, première proposition; et que souvent aussi c'est la foi qui nous condamne , seconde proposition. Elles semblait l'une et l'autre contra-
SUE LA FOI
dictoires; mais «a contradiction apparente qu'elles renferment me donnera lieu de vous développer les plus beaux principes et les plus grandes maximes 4e la théologie sur cette importante matière. Le josle sauvé par la foi , et le pécheur condamné par la foi. Le juste sauvé par la foi , parce que c'est surtout de la foi que vient notre justification : vous le ▼errez dans la première partie. Le pécheur condamné par la foi, parce que la foi sans les œuvres devient iXMtve lui un titre de réprobation ; je vous le ferai ▼oir dans la seeonde partie. Commençons.