LE DIMANCHE DE LA QUINQUAGËSIME
a LE SCANDALE DE LA CROIX ET DES HUMIUATIONS DE JÉSUS-CHRIST.
ttuwtprii Jmus duodecim, et ait illit : Bcet ascendimut mlymam, et contummalniHiur omnia qua tcripta tunt tropheioê de Filio hominù. Tradeiur enim gentibus, et UhtTj et Jlagellabitur, et cùntpuetur; et pottquamfla" wttrint, occident eum. Etipn nihil hcrum intellexerunt , tU verbum istud abêconditum ab eit,
lus prit ftTee lai ses douze apôtres , et leur dit : Yolci qae I allons à Jérusalem , et tout ce que les prophètes ont écrit Ils de rbomme s^aooomplira. Car il sera livré aux gentils, oé, flagellé, couvert de crachats; et après qu*on l*aara ilé, ou le mettra à mort Mais les apôtres n'entendirent à tout cela, et c*était une chose cachée pour eux. SAiirr ,chap. 18.
'oilà , chrétiens , ce qui a soulevé tant cl*esprits , ]ai a même révolté toute la terre, et de quoi le ade entier s'est scandalisé : Jésus-Christ couvert Tiominie et d'opprobres, Jésus-Christ souffrant nourant sur une croix. Scandale de b croix , où t compris tous les autres ! Car qui dit un Dieu ûfié, dit un Dieu anéanti, un Dieu méprisé, un a persécuté. Et parce que toqt cela est venu de
choix, dire tout cela, c'est dire un Dieu qui a é les mépris , les abaissements , les persécutions , souffrances. Et comme le choix de Dieu fait le : et la valeur des choses, dire un Dieu qui a é tout cela , c'est dire un Dieu qui nous a rendu t cela recommandable, qui l'a estimé, qui l'a seillé, qui l'a établi pour fondement de la perion des hommes ; et qui par conséquent nous Dposé une obligation indispensable d'estimer t cela nous-mêmes et de le respecter, puisqu'il
bien juste que la créature conforme ses senents à ceux de son souverain auteur et de son u. C'est toutefois , mes chers auditeurs, de ces oiliations et de cette croix, que les hommes se l laissé rebuter : jusque-là que les apôtres mé- ; , élevés à l'école du Fils de Dieu , n'entendirent i à ce qu'il leur disait des outrages qu'il devait itôt recevoir en Jérusalem, et de la mort qu'il liait souffrir : Et ipsi nihil horum itUeUexet; et erat verbum istud abscanMum ab eis. tombons-nous pas tous les jours dans le même idale ? Qu'on nous propose un Dieu tout-puist et brillant dans l'état de sa gloire, notre esprit >it aisément les grandes idées qu'on nous en ne. Mais qu'on nous fasse voir ce même Dieu s l'obscurité et dans les douleurs d'un supplice lement rigoureux et honteux, c'est à quoi notre ir sent une résistance naturelle ; et de cette réance dont on ne suit que trop le mouvement,
BOURDàLOVE. — T. I.
naît, jusques au milieu du christianisme, le libertinage. Il est donc, chrétiens, du devoir de mon ministère, que je travaille , ou à vous préserver, ou à vous retirer d'un scandale, qui se répand sans cesse et qui infecte les âmes de son venin. Il est important d'exciter votre foi , de la soutenir, et de vous mettre dans les mains des armes pour la défendre. U s'agit des points fondamentaux de notre religion , puisqu'elle est fondée sur la croix et sur les humiliations de Jésus-Christ. La conséquence inflnie de mon sujet demande toute la force de mon zèle et toute la réflexion de vos esprits, après que nous aurons imploré le secours du ciel par l'intercession de Marie , en lui disant, y^oe.
Qui l'eût cru, que Jésus-Christ prédestinéde Dieu conune le Rédempteur du monde, dût être un scandale pour le monde même? 11 n'est néanmoins que trop vrai , chrétiens et c'est le désordre que j'ai présentement à combattre. Or, pourvous expliquer d'abord mon dessein , j'avance deux propositions qui vont partager ce discours, et qui vous feront voir tout ensemble le cxime et le malheur de ce scandale que nous tirons des humiliations d'un Dieu Sauveur et de sa croix. Car je prétends qu'à considérer ce scandale dans son objet et par rapport à Dieu, il n'est rien de plus criminel ni de plus injurieux; et j'ajoute qu'à le regarder dans ses suites et par rapport à l'homme, il n'est rien de plus funeste ni de plus pernicieux. Deux vérités, mes chers auditeurs, que j'entreprends de traiter aujourd'hui, et dont il ne me sera pas difficile de vous convaincre. Deux vérités capables de faire sur vos cœurs les plus fortes impressions. Pour peu que vous compreniez ce que c'est que Dieu et ce qui lui est dû, vous comprendrez aisément quelle est l'injustice de l'homme, qui, par une témérité insoutenable, veut entrer dans les conseils de la sagesse divine ; et qui, trouvant dans les hiuniliations et dans la croix de son Sauveur le plus puissant motif pour s'attacher inviolablement à lui, s'en fait au contraire une raison de se séparer deluietdel'abandonner.Cen'est pas assez:mais pour peu que vous soyez encore sensibles à votre plus solide intérêt, qui est celui de votre salut, vous le serez au danger affreux où vous expose le scandale que j'attaque , et vous apprendrez à vous en garantir. Je sais que je parle dans un auditoire chrétien; mais dans l'auditoire le plus chrétien, il y en a dont la foi est faible et chancelante; il y en a qui aiment à raisonner sur ces points de religion, et dont tous les raisonnements n'ont d'autre effet que de les jeter dans le trouble; il y en a même qui , chrétiens en apparence, sont incrédules et libertins dans le cœur. Or vous voyez combien cette matière leur convient à tous. Ainsi je reprends, et je dis en deux mots : Dieu offensé par le scandale de l'homme touchant les hunûliations et la croix de Jésus-Christ,
SUR LE SCANDALE
cVst la première partie. L*homme perdu par ce méine scandale des humiliations et de la croix de Jésus-Christ, c'est la seconde partie. Appliquezvous, 8*il TOUS plaît, à Tune et à Fautre. Ce sujet convient d'autant plus au temps où je parle, que c'est un temps de plaisir, où le monde semble insulter à rÉvangile, et où le libertinage traite avec plus de mépris les mystères de Dieu , pour être en droit de rejeter l'étroite et sainte morale , dont ces divins mystères sont les solides fondements. Commençons.