POUR LA FÊTE DE TOUS LES SAJNTS
fiim LA RÉOOMPBNSB DES SAINTS.
SoiST. RejcuisseZ'Vous , et faites éclater vatte joie; car une çrande récompense vous est réservée dans le ciel.
Jésus-Cbrist dans ces paroles nous propose la gloire céleste comme une récompense , et en cela même, il ooos fait coonattre que nous pouvons aimer et servir Dlea par intérêt, pourvu que ce ne soit point un intérêt senrile, mais un intérêt chrétien. Or, on ne peut mieux juge» de rexceHenoe et des avantages de cette récompense qui nous est promise dans le ciel , que par comparaison avec les récompenses du monde ; et c'est le sujet de ce discours.
Division. La récompense des saints est une récompense sûre , au lieu que les récompenses du monde sont doutea- •et et incertaines; 1" partie. La récompense des saints est mie récompense abondante , au lieu que les récompenses dn monde sont vides et défectueuses; 2® partie. La récompense des saints est une récompense étemelle , au lieu que les récompenses du inonde sont caduques et périssables ; 3« partie.
PEsmÈBB FARTS. Récompenses du monde, récompenses doateiises et incertaines; an lieu que la récompense dts saints est une récompense sûre. Preuves tirées de deax passages de saint PauL Jesais, disai^il, à qui J'ai confié num dép&t, c^t-à-dire, le fond des mérites que je tâche d'sacquérir ; et Je suis certain quHl saura me le garder potsr ce grand Jour, oà chacun recevra selon ses œur vres. J'ai achevé ma course, ajoutait l'apôtre : il ne me reste que d'attendre la couronne dejwtioe que le Sel' gneur me donnera comme Juste Juge, et qu'il réserve à tousceuxqui le servent.
Cest ainsi que nous pouvons et que nous devons nous direà nousHnêmes : Scio cui eredidi ; je ne sais si je mériterai la récompense que Dieu prépare à ses éhis; mids je sais que si je la mérite , je l'aurai. Je ne sois pas sûr de moi, mais Je sois sûr do Diea qoe jesers , parce qoe je sois sûr de sa bonté, de sa fidélité, de sa puissance. Les saints
en étaient sûrs, et cette assorance soutenait leur zèle et leur ferveur.
Un mondain ne peut tenir ce langage à l'égard du monde et des récompenses du monde ; mais souvent il doit dire tout au contraire : Je sais que par rapport au iponde, j'ai fiiit mon devoir ; mais je ne sais si le monde m'en tiendra compte : je suis sûr de mol ; mais je ne suis pas sûr de ceux qui sont les maîtres et les distributeurs des grftces. Il peut dire dans un sens tout opposé à celui de saint Paul : Sdo cui eredidi, je sais quel est ce inonde à qui je me suis attaché, et combien il y a peu de fonds à (aire sur luL Or, n'avoir rien sor quoi l'on puisse compter, c'est ce qui afIUge et qui désole.
Trois causes de l'incertitode des récompenses du monde. 1. Cest qu'il y a des mérites que les hommes ne connaissent pas. 2. C'est qu'il y a des mérites , quoique connus des hommes , qui ne leur plaisent pas. 3. Cest qu'il y a des mérites que les hommes estiment et dont ils sont même touchés , mais qn'Hs ne récompensent pas , parce qu'ils ne le peuvent pas.
1. Des mérites qoe les hommes ne connaissent pas. Par ce seul principe, combien dans le monde de mérites perdus.' Mais Dieu connaît tous nos mérites. Il connaît les mérites obscurs aussi hIen que les éclatants : sujet de consolation pour les humbles. H connaît jusques à nos intentions et à nos désirs : si^et de consolation pour les Ikibles. n connaît jusques à nos moindres actions : siyet de consolatioD pour les pauvres. H connaît dans chaque action tout son prix, et fl y proportionne bt récompense : sujet de consolation pour les âmes fidèles et ferventes. Par rapport au monde, point démérites qoe le temps n'e(&ce : mais Diea n'oublie rien.
2. Dea mérites, quoique connus des hommes, qol ne leur plaisent pas : soit par Faliénation des cœurs, soit par la contrariété des intérêts, soit parjabusie. Mais comme Dieu hait nécessairement le péché, aussi ne peut-Il pas ne point ahner le mérite des œovres chrétiennes , et en Faimant ne le point couronner.
3. Des mérites que les hommes ne récompensent pas, parce qu'ils ne le peuvent pas. Ils ne sont ni assez riches, nijassez puissants. Au lieu que rien ne peut excéder le pouvoir de Dieu , qui est infini.
Nous sommes donc sûrs de Diea. D'où David tirait cette sahite conclusion : qu*il vaut bien mieux se confier dans le Seigneur que dans les hommes , et dans les princes mêmes de la terre.
Ce n'est pas qu'on ne paisse et qo'on ne doive servir les princes et les maîtres du siècle ; mais à combien phis fbrte raison devons-nous servir Diea ; et si nous avons tant d'ardeur pour des récompenses qui, par tant de raisons, noos peuvent manquer, combien sommes-noos inexcosables de ne rien foire pour cette récompense souveraine qu'on Diett à noas assure.
ANALYSES DES SERMONS
DBbuàME PARTIE. Récompenses da monde, récompenses Tides et défectueuses; au lieu que la récoinpense des saints est une récompense abondante. Car c^est une récompense, 1. qui surpasse, ou du moins qui égale nos senrices; 2. qui , par elle-même, est capable de nous rendre parfaitement beureux. Deux propriétés dont nulle ne oonTient aux récompenses du monde.
1. Récompense qui surpasse tous nos services. Que ne faitKHi pas tous les jours pour la fortune du monde , et dès qa'oD y est panrenu, par combien d'épreuTes n'en reoonnalt-on pas la vanité et le néant? beaucoup de travail et peu de finit.
Mais le moindre degré de la gloire des saints est lnfin^ ment au-dessus de tout ce qu'ils ont entrepris oa souffert pour IMeo. Ce qui faisait dire à saint Paul que UnUe9 les souffrances de la vie ne sont pas dignes de la gloire que Dieu nous réserve. Venez, est-il dit an bon serviteur dans TÉvangile , vous avez été fidèle en peu de choses : entrez dans la joie de votre Dieu , parce que la joie de Totre Dieu est trop grande pour entrer dans vous.
2. Récompense capable par elleinême de nous rendre parfaitement beureux. Yoit^n des grands et des riches dans le monde qui soient contents ? Ne forment-ils pas sans cesse de nouveaux désirs : parce qu'ils ne trouvent rien , ni dans les biens, ni dans les honneurs du monde, qui remplisse leur cœur?
Mais, Seigneur, s*écriait David, Je serai rassasié quand vous me découvrirez votre gloire, La foi même nous l'enseigne, et nous n*en devons point être surpris, puisque Dieu on la possession de Dieu sera la recompense des saints.
Un pr^ogé sensible de cette vérité, c'est qu'en effet, dès cette vie , nous voyons des hommes qui se tiennent et qui sont réellement heureux de ne posséder que Dieu , et de ne s'attacher qu'à Dieu. Mous ne voyons point de riches contents de leurs richesses, d'ambitieux contents de leur fortune, de sensuels contents de leurs plaisirs; et nous voyons des pauvres évangéliques contents de leur pau* Treté, des humbles contents de leurs abaissements, des chrétiens crucifiés et morts au monde , contents de leurs austérités et de leur croix.
Quelle onction intérieure n'ai-Je pas goûtée moi-même. Seigneur, à certains moments où vous bannissiez de mon coeur les vains plaisirs, pour y entrer à leur place ! £t intrabeupro eis. Or, si Dieu remplit ainsi notre cœur sur la terre, que sera-ce dans le ciel?
Troisième partie. Récompenses du inonde, récompenses caduques et périssables, au lieu que la récompense des saints est une récompense étemelle. Les athlètes courent dans la carrière et combattent : pourquoi? pour une couronne corruptible; mais nous, reprenait l'apùtre, si nous travaillons, c'est pour une couronne immortelle.
En effet, toutes les récompenses du monde sont passagères. Conîbien de fortunes avons-nous vues tomber ? combien tombent encore tous les jours ; et de celles qui paraissent maintenant les mieux établies, combien tomberont? Toutes au moins finissent à la mort. Or cela seul ne doit-il pas suffire pour nous en détacher? Si ceux que nous avons connus les plus avides des récompenses do siècle , avaient pu prévoir ce qui devait leur arriver, bien loin de les re* chercher avec tant d'ardeur, ils n'auraient pu gagner sur eux de iàire seuiemeot une partie de ce qu*ils oui kil, eV
de se donner tant de peine pour des biens si peu durables.
11 n'y aque la récompense des justes qui ne passe point, parce qu'ef/e est en Dieu, qui ne peut changer. Élermlé de puissance , éternité de bonheur, éternité de gloire; tells est l'heureuse destinée des élus de Dieu. .
Mous Toyons dès maintenant comme un rayon de cette gloire dans ce culte perpétuel que l'Église rend aux saints, et qu'elle leur rendra jusques à la fin des siècles. Cest pour cela que leurs fêtes sont instituées , et que chaque année on renouvelle le souvenir de leurs rertus.
Pouvons-nous donc assez estimer cette récompense éternelle? Malheur ànous, si toute notre récompeiise est pour ce monde , et si nos noms ne sont écrUt çiie «ter la Isrre. Au contraire , fussions-nous , selon le monde , les ptas Dilbeureuxdes hommes, si cependant nos noms sont écrfli dans le ciel, consolons-nous et disons arec l'apure: m moment de tribulation, etd^unetribulaiion légèrtfmi procurera un poids étemel de gloire.
Espérance par où les saints ont triomphé du monde. Pourquoi ne les imitons-nous pas? c'est que noua ne oqbsidérons pas comme eux cette bienheureuse immortallléoè ils aspiraient Mais en vain célébrons-nous leurs f6le8,en vain les invoquons-nous et implorons-nous leur secours , si nous ne suivons pas leurs exemples.
Prière aux saints, pour demander leur protection. Mais du reste, assurés de leur protection, TiTons comme eux, si nous voulons être glorifiés comme eux.
Compliment au roi.
POUR LE PREMIER DIMAMCHE DE L'AVEMT.
SDR LE JOCEMERT nSRmER.
Sujet. Alors ils verront le Fils de r Homme venir mr une grande nuée avec une grande puissance et um grande majesté.
Le terme de majesté n'est attribuéà Jésus-Christ dsos l'Évangile, que lorsqu'U s'agit du jugement universel, et il est remarquable que cet Homme-Dieu n'a pria la qnalilé de roi qu'en deux occasions : 1. dans sa passioa, quand il comparut devant Pilate ; 2. dans la description qu'il noos a fiUte du jugement même. Aussi est-ce pn^irement anx monarques et aux souverains qu'il appartient de joger. Mais du reste , si c'est le propre des rois de juger les peuples , c'est le propre de Dieu de juger les rois, et ce jugement où seront appelés sans distinctkm les rois et les peu* pies , est l'importante matière de ce discours.
DmsiOR. Dieu, dit Tertullien, est miséricordieux de son fonds , et juste du nôtre. Si donc ilest sévère dans ses jugements , c'est de nous-mêmes que procède cette sévérité; et quand il nous jugera, il ne nous jugera que par nous-mêmes. Or il y a surtout deux choses dans nous qull produira contre nous, notre fin et notre raison. U se S9vira de notre foi pour nous juger cooune chrétiens ; f* psr tie. 11 se servira de notre raison pour nous juger comme hommes ; 2* partie.
Première partie. Dieu se servira de notre Ibi pour noos juger. La foi même des païens entrera dans le jugement que Dieu fera des chrétiens; c'est-à-dire, sdon la pensée de Tertullien, que Dieu confondra la froideur et l'iodifléreuce des chrétiens dans son service, par le zèle des païens pour leurs fausses divinités. Or, si la foi des païens doit ssr \ ^ à(& Va. MttA i noua iu§M't que sera-ct de mitre propre
ANALYSES DES SERMONS
fol? Difla nous Jugera par elle, 1. soit qoe nous l'ayons conservée; 2. soit qae dans le coeur nous Tayons renonoée etattandonnée.
Supposant donc d'abord qoe nous ayons toi^ours oon* serré la foi, Dieu nous jugera par notre foi : comment? 1. Cest que notre foi nous accusera devant Dieu; 2. c'est que notre foi servira de témoin contre nous au tribunal de Dieo; 3. c'est que notre foi dictera elle-même l'arrêt de notre condamnation» si nous sommes réprouvés de Dieu.
1. Noire foi nous accusera devant Dieu. Jésus-Christ InlHiiême nous l'apprend. Ne pensez pas quê ce soit nuH gui dolvevous accuser devant mon Père; vous avez un accusateur, qui est Moise. Or, en disant aux Juifs que Moise, c^e6t44ire la loi de Bfolse , devait les accuser au •ugement de Dieu, n'était-ce pas nous dire , à nous qui sommes chrétiens 9 qu'à ce jugement l'Évan^e nous accuserait nous-mêmes? Saint Paul nous enseigne la même vérité lorsque, parlant aux Romains , il leur dit que dans le Jugement dernier, les pensées des hommes s'accuseront mutuellement, et se défendront,
3. Notre foi servira de témoin contre nous au tribunal de Dieu. Comme les justes l'auront honorée par leurs oeuvres, elle leur rendra témoignage pour témoignage; et perce que les péchaprs, au contraire, l'auront démentie dans la pratique et dans leurs actions, elle leur rendra témoignage contre témoignage. Tu croyais un Dieu , dirat-eUe au pécheur; mais tu ne f es pas mis en peine de le servir.
3. Notre foi dictera elle-même l'arrêt de notre condamnation, si nous sommes réprouvés de Dieu. Tontes ces malédictions de l'Évangile : malfieur àvous, riches; malheur à vous, hypocrites ; malheur au monde , el les autres , qui ne sont maintenant que des menaces , se changeront en autant d'arrêts , et d'arrêts définitifs. Et voilà le sens de cette parole de saint Jean : Celui qui croit ne sera point jugé : pourquoi? parce qu'il est déjà tout jugé.
Bla religion me jugera , pensée touchante ; mais surtout pensée terrible-Cette religion si sainte condamnera ma vie criminelle , juge qu'il ne sera pomt en mon pouvoir de récuser. Lacroix de Jésus-Christ, celte cruix, Fabrégé des Yérités de la foi, me sera présentée, et Dieu emploiera à ma perte jusques à Finstniment de mon salut. C'est àquoi nous ne pensons pas présentement ; mais c'est ce qui nous remplira alors d'elïïoi. Mahitenant notre foi est languissante et presque morte , mais Dieu la ranimera et la ressuscitera avec nous. Or cette foi ranimée et ressusdCée demandera justice , contre qui? contre nous-mêmes.
Biais si nous avons perdu la foi, et que nous soyons tombés dans l'irréligion , sera-ce encore par la foi que Dieu nous jugera ? Oui. Et nous serons alors jugés comme déserteurs de la foi ; car après l'avoir embrassée , il ne nous était plus permis de Tabaudonner. Un paien ne sera pas ainsi jugé, parce qu'il n'a jamais eu la foi, au lieu qu'un homme soumis par le baptême à la loi chrétienne , et devenu apostat, trouvera dans son apostasie son jugement
Et il ne faut point dire que Dieu , dans la profession de notre foi, nous a faits libres ; car cette liberté ne va pas Jusqu'à pouvoir renoncer la foi quand il nous pUhra. Dieu donc nous en demandera compte ; et qu'aurons-nous à lui TépoDàre, surtout quand il nous fera voir conmient la foi aconvaincu le monde entier,commentnousavonsquitté son parti, et quelles ont été les deux vraies causes de notre in-
fidâité , savoir, le libertin^ de l'esprit etlelibertinage du cœur?
En appefonsnous à notre raison? mais notre raison elle-même nous condamnera jusque dans la perte de notre foi. D^aiileurs, qui sommes-nous pour vouloir entrer en raisonnement avec Dieu , et quel succès en pouvons^KMis attendre? Telle est néanmoins la ressource de Tbomme criminel et libertin: il veut traiter avec Dieu parvoiede raison; par conséquent,il veut être jugé par sa reison, et c*est aussi l'autre tribunal où il sera présenté.
Deuxième PAans. Dieu se servira de notre raison pour nous juger. Indépendamment de la foi , nous avons nne raison qui nous gouverne, raison obscurcie par le péché, mais toujours néanmoh» asses éclairée pour nous conduire, avec le secours de la grâce. Or, soit que nous la considérions dans sa pureté et dans son intégrité , c'est-à<Ure dans l'état où nous l'avons reçue de Dieu en naissant; soit que nous la considérions dans sa corruption, c'esVà^re dans l'état où souvent nous la réduisons par nos désordres : fl est certain que Dieu , pour nous juger, se servira également et de ses connaissances naturelles, et de ses erreurs.
1 . Dieu nous jugera par la droite raison. Noos choquons ouvertement cette raison , et Dieu la suscitera contre nous ; 2. nous ne voulons pas écouter cette raison , et Dieu nous la fera entendre malgré nous; 3. nous nous formons des prétextes pour engager cette raison dans le parti de notre passion , et Dieu les dissipera, et nous découvrira ce qu'il y avait de plus caché dans nous.
1. Nous péchons ouvertement contre les vues de notre raison , et c'est par où Dieu d'abord nous Jugera ; car enfin, dira-t-il à nn libertin , vous vous piquiez de raison; mais votre vie a-t-elle été une vie raisonnable? Ces impudicités , ces débauches, ces violences , ces h^ostices , tout cda était-il scion la raison ? Et voilà la pensée qui troublait saint Augustin dans son péché et au milieu de ses plaisirs criminels.
2. Nous ne voulons pas, en mille rencontres, écouter notre raison, et Dieu nous forcera à l'entendre. Ce qui nous empêche maintenant de nous rendre attentifs à sa voix, c'est le tumulte de nos passions, ce sont les oljets qol frappent nos sens. Mais au jugement de Dieu , toutes nos panions seront éteintes , et nous n'aurons plus les mêmes objets pour nous dissiper.
3. Nous nous formons mille prétextes pour engager notre raison dans les intérêts de notre passfon; mais que fera Dieu? Il confondra tous ces prétextes enseservant de ses propres lumières et des lumières même de notre raison, pour nous faire voir les vrais motifo qui nous ont foit agir : envie , vengeance , intérêt , orgueil , hypocrisie.
Si notre raison a été dans l'erreur, Dieu nous jugera encore par elle : et comment ? Non point précisément par notre raison trompée, mais 1. par notre raison trompée sur certains articles, tandis qu'elle aura été si éclairée sur d'autres; 2. par notre raison trompée à certains temps de la vie, après avoir été si éclairée en d'autres temps. De cette droiture de raison que nous aurons eue, 1. sur toutes les autres affaires qui ne nous touchaient pofait; 3. à certains temps où nous n'étions point domfaiés par la passion, Dieu tirera des preuves invinciblos pour nous condamner.
Gondasion. Cest donc de nous servir de notre foi et de notre raison pour nous juger nous-mêmes dès cette vie, afinque Dieu ne nous Juge point; de tentrer dans mm-
GÎO
ANALYSES DES SERMONS
mêmes , et de nous appliquer à nous eonnattre nous-mêmes dès maintenant, afin que cette ? ue de nous^némes ne nous trouble point à la mort, ni après la mort. Car si la Tue de nous-mêmes nous fait dès à présent tant de peine, combien nous tourmentera- t-elle au jugement de Dieu I Yoflà ce qui a saisi les saint» de frayeur. Priète pour demander à Dieu qu'à ce grand jour où nous paraîtrons devant lui , il nous défende de nous-mêmes, c'esUà-dire de notve foi et de notre raison, parce que c'est ce que nous aurons surtout à craindre.
POUR L£ DEUXIÈME DIMANCHE DE L'AYEMT
SUR LE SCANDALE
Scier. Jéstu-Christ leur répondit : Allez dire à Jean ce que vous avez vu et entendu. Les aveugles voient. Us boiteux marchent , les sourds entendent, les morts ressuscitent, et heureus^cehii qui ne sera point scandalisé de mci.
Après tant de miracles, a'est-il pas surprenant que Jésus-Cbrist ait été un sujet de scandale pour le monde? Ce monde profiEine et impie s'est, scandalisé de sa personne, de sa doctrine , de sa loi, de sa croix , de sa mort. Cependant rendons gloire à Dieu; ce scandale enfin a cessé. Jésus* Cbrista triomphé du monde,. sa doctrine a été reçue, et son ÉTangile a prévalu. Mais si nous ne nous scandalisons plus de Jésus-Christ, nous scandalisons Jésus-Christ en scandalisant nos frères qui sont ses membres, et c'est do ce scandale qu'il est parlé dans ce discours.
DiYisioif. Jésus-Christ disait : Heureux celui qui ne sera point scandalisé de moi : et par une conséquence tout opposée, nous devons conclure qiie malheureux est celui qui scandalise Jésus<;hrist ea scandalisant le prochain. Malheureux celui qui cause le scandale; \^ partie : mais doublement malheureux celui qui cause le scandale , quand il est spécialement obb'gé à donner l'exemple » 2*paKtie.
PHEHJaiE PAaxHE. Malheurcux celui qui cause le scan? dale : pourquoi? 1. pacoe qu'il est homicide devant Dieu de tontes les âmes qu'ilscandalise ; 2. parce qu'il se charge devant Dieu de tous les cornes de ceux qu'il scandalise.
1. Quiconque esUuteur du scandale, selon tous les principes de la religion, est homicide des&mes qu'il scandalise. Péché monstraeux,.péché diabolique, pèche contre ledaint- Esprit, péché essentieUemont opposé à la rédemption de Jésus-Christ, péché dont nous aurons singulièrement à rendN oompte à Dieu , mais, surtout pédié d'autant plus dangereux que souvent on le commet sans avoir même mtention de le commettre, et qu'il est attaché à des choses dont on ne se (ait nul scrupule.
Péché monstrueux ; car quelle boneur de oause^la mort à une Ame!. Fût- ce le dernier des hommes que vous scanr dalisez , e'est toujours une âme précieuse à Dieu , et une ême à qui vous ôtez une vie surnaturelle et divme..
Péché diodwlique ; car, selon l'Évangile , le caractère particulier du démon est d'avoir été dès le commencement du monde homicide des Ames.
Péché contre le Saint-Esprit, parce qu'il attaque direc* tement la charité , et que le Saint-Esprit est personneUemcnt hi charité même. S'il est contre la charité d'enlever à un honmie son bien , sa réputation , son crédit , qu'est-ce que de Jaifain perdre son salut étend ?Ote£-luitKHii Ia
reste; mais du noolns conservei son Ame : Verunûamem animam illius serva.
Péché essentiellement opposé à la rédemption de Jéiis- Christ, puisqu'il (ail périr ce que Jésus-Christ est venu sauver. C'est ce que l'apêtre représentait si fintemeot aux Corinthiens; et ce qu'il leur disait, on peut bien vous le élre à vous-mêmes : Quoi ! vous ferez périr votre frère, pour qui Jésus-Christ est mort ! i
Péché dont Dieu nous fera, rendre un compte plus rigoureux à son jugement vlpsêimpius in iniquitatessÊavÊih rietur, Sanguinemautem ejus de manu tua requkrasis. C'est la menace que Dieu nous ftit par son prophète. Cehomme, devenu impie et libertin, par le scandale que vous lui avez donné, mourra dans son hiiquité, et en sm coupable. Mais vous qui l'uurez perdu, vous aerex encore plus coupable devant moi, et vous meiE^oodresdeson âme.
Péché qfie tous les jours on commet, sans avoir même intention de le commettre. Il n'est pas nécessaire, pour me rendre criminel en ce point, que je me propose , d'un dessein, formé , de scandaliser mon frère ; il suffit que je (hsse ce qui le scandalise , et que je m'en aperçoive. Une femme a beau dire : Je ne cherche dans ces conversations libres, dans ces parures inunodestes, qu'à me distraire ou à satlsfiûre ma vanité, et non point àentretenir la passion de cet homme. Car, sans chercher à l'entretenir, eDe l'eotielieat toutefois ; et dès là , le scandale qu'elle donne est un péché pour elle, et un péché grief.
C'est de là même que cet homicide des âmes est souvent attaché à ces choses en apparence très-légères. Tout cda est innocent, dites-vous ; mais appelesrvous innocent ce qui damne le prochain ? E9t<» ainsi qu'a raisonné saint Paul ? Non, non, disait-il, si cette viande, qu'U m'est. néanmoins permis de manger, est une occasion de chute pour mon frère , je n'en mangerai jamais.
2. Quiconque est auteur du scandale, se charge devant Dieu de tous les crimes de ceux qu'il scandalise- Qoel abtme l De combien de péchés , par exemple, un mauvais conseil n'est-il pas la source? Or, en le donnant vous devenez responsable de toutes ses suites.
Mais les péchés sont personneb. Gela est vrai desautns péchés ^.et non du scandale, parce qpe l'homme scandaleux pèche tout à h fois et pour luinosême et pour antraL Mais ces péchés ne m'ont pas même été connue Cest assez que vous en ayez connu le principe , et que vous ayet eo sujet d'en craindre les (imestes efTets. Et voilà pourquoi David demandait à Dieu qu'il lui flt grAce sur deux sortes de péché : sur les péchés cachés : il6 oocvl/jj mei< mttfuia me, et sur les péchés d'antrui , et ab alienis parce servo iuoi
Sainte prière que devraient (ïdre surtout certaines femmes mondaines : prière qui serait déjà le commencement de leur conversion. La conversion d'une Ame gAan^^f^n;^ est un grand min^e; mais espérons tout de la grAce. Peutêtre Dieu en voit-il quelqu'une qui profitera de ce discours; et quand ce discours n'en gagnerait qu'Une seule à Dieu, le succès en serait toujours assez heureux.
Deuxième pabtie. Doublement malheureux celui qui cause le scandale , lorsqu'il est obligé à donner l'exemple. Il n'y a point d'homme qui ne doive an prt>cham le bon exemple; mais sur cela même il*y encore des engagements et des devoirs particuliers selon les divers rapports que nous avons tes uns avec les antres, dans la aociélé humaine.
ANALYSES DES SERMONS
Teissoiiteein l'd'unpèreàrëgarddeaesenfiuiU; 2«d'oa loattre à l'égard de ses domestiques ; 3<* des prêtres et des ninistras des autels, à regard du troupeau de Jésus-Christ ; 4* ^es ser? itenrs de Dieu par profession» à Tégard du pu* hUc; b*" des forts daas la foi, j'eotends les catholiques, à ré0afd des iaibles, e'est-à-dire à l'égard de nos frères , ou séparés enoors par le«chi8me,ou nouYellemeot réunis. Malheur donc spédalemeat à l'homme par qui le scandale ^kÊd, lorsqu'il a une obligation spéciale de donner l'exemide, parce que c'est alors que le scandale est plus conta* giem f et que l'impiété en tire un plus grand avantage.
1. Quel est donc le crime d'un père qui scandalise luimême et qui corrompt ses enfants? C'était à lui à les formv«a bien, et c'est lui qui les tourne au mal. Or, à combien depères ce caractère ne conyien^il pas? Tel est, par la même raison , le désordre d'une mère mondaine à l'égard d'ane fille à qui elle inspire tout l'esprit du monde par sa conduite, tandis qu'elle lui fait d'ailleurs dans ses discours de si belles, mais de si Taines leçons de régularité et de Terto.
2. Quel est Je crime d'un mattre qui engage ses dômes tiques dans ses propres débauches, et qui les rend complices de ses faiiquités? Saint Paul traitait un mattre peu ▼igilant d*infidèle et d'apostat : qu'aurait-il dit d'un matire scandaleux? Votre maison, femme chrétienne, si toutefois TOUS êtes en effet chrétienne , deyait ètre^pour cette jeune personne qui tous sert, mie école de sagesse , et c'est là qu'elle apprend à déposer toute pudeur. Sans porter la chose si loin, que ne font point sur des domestiques tos seuls exemples, lors même que tous y pensez le moins et que TOUS Je Toulez le moins? De croire que tous puissiez leur cacher tos dérèglements, abus. Autant de domestiques, autant de témoms et de censeurs qui tous éclairent et qui tous rendent toute la justice que tous méritez.
3. Quel est le crime de ces ministres du Seigneur qui profiment tes plus saintes fonctions, et font rejaillur le scandale de leur Tie jusque sur leur ministère? C'est ce qniexdtait contre eux l'indignation de Dieu : Je vous avaii étabiis pour édifier et pour condtiUre mon peuple , mais vous vous êtes égarés^ et vous en avez égaré plusieurs avec vous. Cest pourquoi» concluait le Dieu d'Israël , je tous ai rendus vils etméprisables. Qu'y a4-flaussi déplus nM^Nrisé qu'on prêtre scandaleux ; et n'est^se pas de quoi le monde sait tant se préTaloir? Cependant malheur au monde qui se foit un scandale, non plus absolument de Jésus-Christ, mais de Jésus-Christ dans la personne de ses ministres ; car, 1 . le Sauveur des hommes nous a prédit ce scandale , afin que nous n'en fussions point surpris ; 2. Il nous a dit de les écouter, et non de les imiter.
4. Que foutu dire de ceux que nous appelons les forts dans la foi parce qu'ils sont nés, et qu'ils ont été éleTés dans le sein de l'Église catholique? Sont-ils excusables, lorsqu'au lieu de contribuer ou à ramener nos frères égarés, 'ou à confirmer nos frères réunis , ils ne serTent , par leurs exemples , qu'à éloigner les uns dsTantage , et qu'à replonger \ê& autres dans leur premier aTeuglement? Car Toilà ce que font nos scandales, et ce que naturellement ils doi- Tont foire; Mais Tivons bien , notre bonne Tîe sera plus efficace contre l'erreur que toutes nos paroles.
5. Que fout-il dure de ceux qui font profession de piété , lorsque dans leur piété ils laissent glisser et aperccToir des défoots qui décréditent la piété même? Le monde est le premier â s'en scandaliser. Cest souvent une iii|u8tice, j'en
couTiens, et le monde, à l'égard des gens de bien, est un censeur trop séTère : mais plus U est séTère, plus nousde- Tons être exacts et réguliers.
Le fruit de ce discours est, 1. de nous pi^serTcr des scandales qu'on nous peut donner ; 2. de n'en point donner nous-mêmes. Cet avis vous regarde, vous surtout que Dieu a élevés dans le monde, et dont les exemples font plus d'impression. Ah Seigneur! que ne puis-je foire ici ce que feront vos angesàla fin des siècles I que nepois^» coomie eux , ramasser et jeter hors de votre royaume tons les scandales 1
POUR LE TROISIÈME DIMANCHE DE L'AVENT
SUR LA FADSSB CONSaSMCS.!
SoiET. Us Juifs députés de la synagogue dirent donc à Jean-BaptUte : Qui étes-vous? ofin que nous puissions rendre réponse à ceux qui nous ont envoges. Que dites vous de vous-même? Je suU, répondii-il» la voix de celui qui crie dans le désert : Prépare» la voie du Seigneur et la rendez droite.
Ce n'était pas une petite glouie à saint Jean d'avoir été choisi de Dieu pour préparer dans les esprits et dans les cœurs des hommes la voie du Seigneur, dont il annonçait la venue. Or, il s'agit de savoh- quelle est cette voie sainte par où le Seigneur veut venir à nous et par où nous devons aller à lui. Il s'agit an même temps de connaître la vole qui lui est opposée , afin de nous en détourner ; et c'est oe que nous examinerons dans oe discours.
Division. Les voies du Seigneur, ce sont nos consdences , puisque c'est par elles que nous cherchons le Se^neor et que nous le trouvons. Pour les préparer donc ces voies » il faut nous préserver du désordre d'une fousse conscience. Fausse conscience aisée à former : !■« partie. Fausse conscience dangereuse à suivre : 2* partie. Kausse consdenee, excuse frivole pour se justifier devant Dieu : 3* partie.
Prdoèbe partie. Fausse conscience aisée à former. Outre la loi de Dieu , nous avons encore pour règle de nos actions la conscience : et la conscience, dit sahit Thomas, est l'application que chacun se fait ii soi-même de cette divine loi. Or, nous nous l'appliquons chacun sdon les dispositions de notre coeur; d'où il arrive que toute simpfo, tout invariable et tout irrépréhensible qu'elle est par ellemême, elle prend autant de formes diflérentes qu'il y a de différents esprits : et voilà la source de nos erreurs. Parlons encore plus clairement. Pour agir, il fkutse foire une conscience, et tout oe qui n'est pas selon la consdenee, dit l'apfttre , est péché; mais il ne s'ensuit pas de là, que tout ce qui est selon la consdenee soit exempt de péché : pourquoi? parce qu'il y a une consdenee qui n'est pas droite; une fousse consdenee. Or, il est très-aisé de se former une telleconscienoe, 1 . dans tous les états du monde en général; 2. particulièrement dans les conditions du monde plus élevées ; 3. surtout encore à la cour.
1. On se foit aisément dans tous les états une foosse conscience, parce qu'on se fait une consdenee, on selon ses désirs, ou selon ses intérêts. Fausse conscience aisée à former par la raison seule qu'on se fo forme sdon ses désirs. Car, dit sahit Augustin, toutes que nous voulons, qudque crinund qu'il soit, nous parait permis, et même nous parait bon. Et td est l'ascendant que notre cœur prend sur notre esprit; c'est pourquoi le prophète , en parlant des erreurs de l'ûnpie, ajoute commonfoneot que
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rimiiie les a conçues dans son cœur : Dixii impitu in corde Jtfo. Or, qu'y a-t-il de plus naturel, et par conséquent de plus facile , que de se làire ainsi une conscience selon son coeur? Exemple d'un homme dominé par une passion qu'il Teut accorder arec la conscience.
Fausse conscience non moins aisée à former dans toutes les conditions , parce qu'on se la forme sekm ses intérêts. Dès qu'il no s'agit pohit de notre intérêt , nous avons une conscience droite , et nous nous déclarons bantement pour laplus sévère morale. Mais l'intérêt oommence-t*il à y être engagé, nous commençons à voir autrement leschoses. Ce qui nous paraissait trop relâché!, ne nous semble plus si large, et nous y trouvons du bon sens. De là nous avons une consdenoe exacte : pour qui.? pour les autres et non pour nous. Que je parle ici des obligations d'un bénéficier; tous ceux qui n'y ont point d'intérêt, parce qu'ils sont en d'autres états, conviendront de tout ce que je dirai ; mais que je passe ensuite à eux-mêmes et à leurs conditions , c'est alors qu'ils se mettront en garde , et qu'ils s'élèveront contre moi.
2. Fausse conscience encore plus aisée à former dans les conditions plus élevées, et parmi les grands, soit parce qu'ils ont des intérêts plus difficiles à accorder avec la loi de Dieu, et que la politique leur inspire là-dessus des maximes plus dangereuses , soit parce que tout ce qui les environne contribue à les tromper : flatteurs intéressés, fiiux oonseillers.
3. Fausse conscience surtout aisée à former dans les cours des princes : comment cela? C'est qu'à la cour les piaaions sont beaucoup plus ardentes ; les désirs, beaucoup plus vifs ; et les intérêto , beaucoup plus grands. De là l'on se lait une ooorale particulière à la cour; de là tant de gens se porertissent à la cour ; delàFonsefiesipeuàla conscience d'un honmie de cour.
Prière à Dieu pour lui demander qu'il ne nous livre pas à la violence de nos désirs, et qu'il ne permette pas que nos btérêts nous dominent.
Deuxième paetos. Fausse consdenoe dangereuse à suivre. Toute erreur est^ngereuse, surtout en matière de mœurs : mais il n'y en a point de plus préjudiciable que celle qui s'attache à la rè^ même des mœurs , qui est la conscience; car avec une fausse conscience, 1^ il n'y a point de mal qu'on ne conunette : 2® on commet le mal hardiment et tranquillement; 3* on le commet sans ressource et sans espérance de remède.
1. Avec une dusse conscience, pomt de mal qu'on ne commette. A quoi ne se porte pas un ambitieux qui s'est foitunecoDsdencede ses finisses maximes? A quoi ne se porte pas un vohiptueux , un vindicatif? Que ne firent pas les Juife? Ils crudfièrent Jésus-Christ : et que ne faisoiisnous pas tous les jours? On opprime le juste et l'innocent ; on est exactjusques au scrupule sur de légères observances, tandis qu'on viole ce qu'il y a de plus indispensable dans la religion : savoh-, la justice, la miséricorde, la foi.
Qu'esta» qu'une fausse oonsdence? Un abîme inépuisable de péchés , répond saint Bernard ; une mer profonde et affreuse , où se trouvent , selon le terme de FÉcriture , des reptiles sans nombre. Ces reptiles nous marquent la subtilité avec laqudle le péché se glisse dans une fausse conscience; et ces reptiles sans nombre, la malheureuse fécondité arec laquelle ils s'y produisent. Car c'est là que âleageodrent toutes sortes de monstres : enviesi avenkÂa,
médisances, calomnies, perfidies, désirs charnels, kapê» didtés.
2. Avec une fiiusse consdence on commet le mal hvdiment et tranquillement : hardiment, parce qu'on n'y trouve dans soi-même nulle opposition; tranquillement, parce qu'on n'en ressent alors aucun trouble, et que la consdence est d'intelligence avec le pécheur. Or la paix dans le péché est le plus grand de tous les maux. Quatre sortes de consciences que distingue saint Bernard : mais des quatre, la dernière, qui est une mauvaise consdenoe dans la paix, est la plus à craindre; car dans une mauvaise consdence troublée, il y a encore des lumières, et par con* séquent des prindpes de pénitence et de converaioB;.mals dans une mauvaise conscience tranquille, il n'y a que té*
3. De là , avec une feusse consdence on ooDunet le mal sans ressource; car la grande ressource du pécheur, «Test une conscience droite et saine qui le condamne intérieure* ment ; et voilà ce qui ramena saint Augustin , sa consdenos révoltée contre lui-même.
Aussi le prophète voulant, ce semble, engager Dieu à punir les impiétés de son peuple, ne lui disait pas, ] liez-les , confondez-les, minez-les de fond en comble ; i Aveuglez-les : comme pour marquer que cet ave était la plus grande peine du péché. £t c'est pour cela ^même que je dis tout au conlndre : Déchaigei, Seigneur, votre colère sur tout le reste, mais épargnez leurs consdences et ne les avouiez pas ; car ce serait dès cette vie les réprouver.
TacnsiÈuE Paetib. Fausse conscience, vaine excuse pour se justifier devant Dieu. Si nos erreurs étaient des er reurs involontaires et de bonne foi, le pécheur pourrait se prévaloir de sa fausse conscience comme d'une excuse légitime. Mais ce caractère de bonne foi se trouve-t-ll toii|{oars dans la fiiusse conscience? Si cela était, David n'aurait pas dit à Dieu : Seigneur, oubliez mes ignorances patiéa.
Je prétends donc que l'ignorance, et par conséquent la fausse consdence, est, surtout dans le siède oà nous vivons, un des prétextes les plus frivoles, 1. parce qui y a mamtenant trop de lumières pour pouvoir supposer ensemble une conscience dans l'erreur et une consdence de bonne foi; 2. parce qu'il n'y a point de fkusse consdenoe que Dieu, dès maintenant, ne puisse confondre par une consdence droite qui reste en nous , ou qui , quoique fam de nous , s'élève contre nous malgré nous-mêmes.
1. Trop de lumières dans notre siède, et trop de moyaM de s'instruire , pour pouvoir supposer une omsdenoe dans l'erreur, et uneconsdence de bonne foi. Si vous aviez voulu vous servir de ces moyens, cette dusse consdenoe ne se serait pas formée. Mais vous les avez négligés , et cette négligence vous rend coupable.
2. Pomt de fausse consdence que Dieu ne puisse confondre par une autre consdence droite : t. par cdle des païens : car u'est-U pas étrange que vous vous permettiei aujourd'hui, ou que vous vous croyiez permises cent choses dont vous savez que les paiens se sont fait des crimes? 2. Par la vôtre, soittdle qu'elle est présentement, mais pour qui? pour les autres; car, quelle contradiction qœ vous soyez si édaurés sur ce qui touche les autres, et à aveugles sur ce qui vous regarde! soit tdle qu'elle a été dans ces premières années où la passion ne vous avait pu «DiCAce CQRompns; car d'od est venu ce changement? et
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eu
TOM esl-il pudonnable de n'avoir pas conservé tant de boM prineipes qui devaient vous servir de règles dans tout kooursdevotrevie?
Pour vous préserver ou pour revenir de ce désordre de lalausae eoosdence, sou venez- voas de deux grandes maximes; l'une , que le chemin du ciel est étroit; l'autre qu'on chemin étroit ne peut jamais avoir de proportion avec une conscienoe large.
POUR LE QUATRIÈME DIMANCHE DE L'AVENT
SUR L4 SÉVÉBITé DE LA PÉHrTERCE.
Sujet. Le Seigneur fit entendre sa parole à Jean , JUs de Zaeharie, dans le désert; et il alla dans tout le pays qtU est le long du Jourdain, préchant le bajh téme de pénitence pour la rémission des péchés.
La pénitence est un baptême , parce que c'est elle qui nous lave de nos péchés , et qui nous purifie. Or, le caractère de ce haptéme ou de cette pénitence est l'esprit de sévérité, comme nous Talions voir dans ce discours.
Division. Sans examiner quelle doit être la sévérité de la pénitence, considérée de la part des prêtres qui en sont les ministres, et sans entrer dans;ces fameuses contestations qui se sont élevées sur cette matière, ne regardons ici la pénitence que par rapport au pécheur qui la doit praliqnor, et qui se la doit imposer à lui-même. Or, le grand principe qui doit animer et régler cette pénitence , c'est la sévérité. Sévérité nécessaire, sévérité douce. La pénitence prise par rapport à nous doit être sévère ; f^ partie. Mais afln de ne pas rebuter nos cœurs , sautons que plus elle est sévère, plus dans sa séférité même elle défient douce : f partie.
PnEnÈREPAETiE. Séférité de la pénitence, sévérité néeessaire. Qu'esfrce que là pénitence.' C'est, dit saint Augnstin, un jugement que l'homme exerce contre loi-même, mais qu'il exerce en qualité seulement de délégué, et comme tenant la place de Dieu ; qu'il exerce en vertu de la cominlasioii que Dieu lui a donnée de se juger lui-même; fH'fl exerce avec toute la dépendance d'un juge inférieur à régttd d'un juge souverain; d'où nous devons former trois raisonnenents qui nous convahicront que notre pénitence doit être aévêre. 1 . L'homme dans la pénitence fait l'office de Dieu, en se jugeant lui-même : il doit donc se juger dans le rigueur. 2. L'homme dans la pénitence devient juge , non pas d'un autre, mais de lui-même : il doit donc dans ses logements prendre le parti de la sévérité. 3. Du jugement que l'homme fiiit de lui-même, il y a appel à un autre jugeaâeot supérieur, qui est celui de Dieu : il doit donc y procéder avec une équité mflexible.
1. L'homme dans la pénitence bit TofficedeDIeu; c'estibdire, sdonTertullien, que la pénitence M, en nous la iNMlion de la justice et de la colère de Dieu. Or, comment Dieu nous jugerait-il dans sa colère; et peutK>n dira qa'il y ait quelque proportion entre la pénitence d'un homme du monde et la justice de Dieu vindicative ? Notre pénitence ne peut donc être une pénitence recevable au tribunal de Dieu , dès qu'elle n'est pas séfère.
Pour mieux comprendre cette pensée, imagmons-nous que Dieu a tsîi un pacte avec nons, et qu'il nous a dit ce que nous marque expressément l'apôtre : Jugez- vous voos- I , et je ne vous jugerai point. En quoi nous pouvons rexceOence et le mérite de la pénitence , qui
nous affranchit en quelque sorte de la juridiction de Dieu.
Cela supposé , je dois fidre dans ma pénitence ce que Dieu fera un jour dans son jugement Que fera-t-il? Une recherche exacte de toute ma vie : et telle estla recherdie que j'en dois ùire moi-même en me présentant au trflHmal delà pénitence, et en m'accusant Car si je me flatte moimême, et si j'use de la moindre dissimutotion, ma pénitence ne peut plus être qu'une pénitence chimérique, paroe qu'elle n'est pas conforme aujogement de Dieu. Eten effet. Dieu nous jugera bien avec une autre sévérité ; et si cda n'était pas, comment son jugement seralMl si terrible?
C'est pour cela que David demandait à Dieu , comme une grftœ particulière, de ne pas permettre que son cœur consentit jamais à ces paroles de malice , et à ces prétex* tes que le démon nous suggère, pour nous senir d'excuses. Et parce qu'il savait que le monde est plehi de ces tmx élus, qui, en traitant avec Dieu , prétendent toujours avoir raison, ce saint roi ne voulait point de communication avec eux. Qui sont ces élus du monde? Ce sont, répond saint Augustin, ces pécheurs qui jugent toujours &vora* blement d'eux-mêmes, et qui ne s'imputent Jamais à eux-mêmes leurs propres péchés; et voilà ce que nous fkl«
Disons plutôt à Dieu, comme le même prophète, en nous confessant crimmels : Guérisse» mon dme. Seigneur 9 parce que f ai péché contre vous. Ce n'est ni à mon naturel, ni à mon tempérament , ni au monde que je dois m'en prendre , mais à moi-même.
2. L'homme dans la pénitence devient juge, non pas d'un autre, mais de lui-même. Si nous avions à juger les autres, il ne faudrait pas nous exhorter à la sévérité : car nous ne sommes que tropendfaisàles condamner. Mais comme nous nous aimons nous-mêmes, la pénitence doit surmonter en nous ce fonds d'amour-propre, et elle ne le peut fkire que par une sainte rigueur. Sans cela , à quelles illusions serons-nous sujets?
3. n y a appel du jugement que nous portons contre nous-mêmes ; appel, disje, au tribimal de Dieu ; car Dieu , dans son jugement , ne jugera pas seulement nos crimes , mais WM justices , et en particulier nos pénitences. Or que nous servira-t-O alors de nous être tant épargnés ? Que nous servira-t-il d'avohr cherché et trouvé des ministres indulgents? Nous nous jugeons sévèrement , disait Tertullien, parce que nous savons qu'il y a une justice supérieure qui nous jugera si nous ne nous jugeons pas bien nous* mêmes. Aussi, ijoute sahit Chrysostôme, le Juge faiférieur doit toojours juger selon la rigueur de la loi.
Sévérité raisonnable ; car en quoi consiste l'essentldle sévérité de la pénitence? C'est à nous réduire aux bornes de la raison que Dieu nous a donnée ; c'est à nous fkhre combattre, retrancher etdétrmre dans nous, ce que notra raison condamne malgré nous. Voilà, pour user de cette expression , le raisonnable de la pénitence : si raisonnable^ que vous êtes les premiers à en convenir ; si raisonnable, que vous seriez même scandalisés qu'on manquât à l'exiger de vous; si raisonnable, que nulle autorité n'en peut dispenser.
Heureux si nous goûtons cette vérité. Heureux si pour
venger Dieu denous-mêmes,etpourlebien venger, nous fiû-
sons passer dans nousnnêmes toute sa colère ; en sorte que
nous poissons lui dire comme David : In me trwMimimi
( irœ tua.
BU
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DEmtiÈME PARTIE. SéTéiilë de la pénitence , séYërité douce. Quand la pénitence nous serait inutile, disait TertuIUen ; quand elle serait seulement séTère sans nulle douceur, Dieu Tordonnant, il faudrait toujours nous y soumettre. Mais le même Tertullien a bien eu raison d'i^ter que la pénitence était dans cette vie la félicité de riiomme pécheur ; car i'q>peUe la fâicité de Thomme pécheur dans cette vie , l. ce qui produit en lui la paix de la conscience; 2. ce qui le remplit de la joie du Saint-EsprlL Or, ToUà 1^ effets de la pénitence sévère , et il n'y a que la pénitence sévère qui ait la vertu de les opérer.
1 . C'est la pénitence exacte et sévère qui produit la paix . Ainsi l'éprouva Madeleine lorsque Jésus-Christ, touché de la ferveur de sa pénitence, lui dit : Vos péchés wms sont^ remi« ;a</e2 en paia;. Mais comment une pénitence sévère, qui fait en nous la fonction de la justice et de la colère de Dieu , peut-elle nous donner la paix? C'est que par sa sévérité elle apaise Dieu , qu'en apaisant Dieu , elle nous remet en gr&ceavec Dieu, et que nous remettant en gr&ce avec Dieu, elle nous rassure contre les jugements de Dieu. Ainsi elle fait, parce qu'elle est sévère, la fonction de la colère deDieu, mais bien plus efficacement que la colère de Dieu même : car la colère de Dieu toute seule punit le péché, mais ne l'elTace pas; ce qui se voit dans l'enfer, au Heu que la pénitence lait l'un et l'autre.
2. De cette paix intérieure naît une sainte joie : autre fruit de la sévérité de la pénitence. Qui peut l'exprimer? Il faut la sentir pour la connaître. Exemple de saint Augustin.
Répondez-moi, dit le mondain, de cette douceur de la pénitence, et je me convertirai. Vous raisonnez mal, reprend saint Bernard. Tout ce que je vous en dirais ne ferait nulle impression surun cœur aussi sensuel que le vôtre. Mais commencez par vous vaincre en faisant pénitence , et vous en sentirez la douceur. D'ailleurs , fiez-vous aux prontesses de votre Dieu ; si vous êtes généreux , il sera fidèle.
Mais n'en voyons-nous pas qui , dans leur pénitence , ne trouvent que des sécheresses? Je le veux ; mais qui sontils? Ceux qui ne veulent foire qu'une lausse pénitence, c'est-àrdire une pénitence aisée et commode; et leur témoignage nous apprend bien qu'il n'y a que la pénitence sé?ère qui puisse avoir cette onction divine dont nous parlons.
Cest donc un abus , quand nous faisons de la sévérité de hi pénitence un obstacle à la pénitence ; et l'artifice le plus dangereux dont se sert l'ennemi de notre salut pour nous détourner des voies de Dieu, est de nous représenter la pénitence sous des idées affreuses qui nous en donnent de l'horreur. Et parce qu'il se trouve même des ministres de Jésus-Christ qui mettent tout leur zèle à nous en faire des peintures effrayantes, qu'arrive-tril ? Le libertin en profite, et le faible s'en scandalise; le libertin en profite, ravi qu'on lui exagère les choses, pour être en quelque sorte autorisé à n'en rien croire et surtout à n'en rien foire ; et le foible s'en scandalise en se décourageant, et en se laissant aller à un secret désespoir.
Mais moi, mon Dieu, tandis que vous me confierez le ministère évangélique , j'annoncerai tout à la fois à votre peuple, sans jamais les séparer, et votre justice, et votre bonté: MisericordiameijudMum cantabo tibL Gardant ces règles, je ne craindrai rien : et jusques en la présence des nig. Je parlent, comme David , sans confusion, /ecooc/ffs arec ie divin Précurseur : Faites pénitence.
parce que le royaume de Dieu approche, Cesl^^ire • parce que la mort vient , et qu'elle vient bienfAi. Combia touchent de près à ce dernier terme? Si je le leur ftinit connaître, différeraient-ils à se convertir? Or, ee qnlk fli> raient, pourquoi ne le foisonsiious pas? Avoimhmmis om caution contre la mort? Sommes-nous œrtainade notre pénitence à lamorl? Qui nous répond de Dieu? Qui noot répond de nous-mêmes? Ettaut d'exemples quenMnavons eus, et que nous avons encore devant les yeux, ne doivent-ils pas nous foire trembler?
SUR LA NÀTIVrré OE JÉSUS-CBRIBT.
Sujet. Au même instant que F Ange annonça mue pasteurs la naissance de Jésus-Christ, une troupe de la milice céleste se Joignit à lui, et se mit à louer Dieu, en disant : Gloire à Dieu au plus haut des deux, et paix aux hommes sur la terre.
En deux paroles , voilà les deux fruits de II naissaoeeda Sauveur, la gloire à Dieu et la paix aux hommes. Mais le mondain superbe et ambitieux, dit saint Bernard , n'est pas content de ce partage. Outre la paix, il voudrait encore la gloire. Ayons en horreur ce sentiment, et laissant à Dien la gloû«, contentons-nous de considérer ce mystère^ par rapport à nous , comme un mystère de paix.
Division. Jésus-Christ dans sa naissance est appdé par Isaîe , le prince de la paix ; et Tapêtre nous apprend que la paix a été le bienheureux terme de sa mission. Yoflà pourquoi ce divin enfant voulut naître sous le règne d'Anguste, qui fût, de tous les règnes, le plus tranquiOe. Mais cette paix extérieure et temporelle, dont le monde jouissait alors, n'était encore que pour nous disposer à uneaotre paix plus avantageuse et plus sainte que le Fils unique de Dieu nous apportait du ciel. La paix avec Dieu, l'*pa^ tie; la paix avec nous-mêmes, 2* partie; la paix avec le prochain, 3' partie.
PaEHiisB PAATiB. La paix avec Dieu. Cooune pécheure, nous étions ennemis de Dieu , et incapables par noas4nè* mes de nous réconcilier avec Dieu. H nous fÛlait donc on médiateur qui pût tout à la fois satisfaire à la justice de Dieu , et nous attirer la miséricorde de Dieu. Or, c'est ee que fiût Jésus<;hrist , en réunissant dans sa personne Diea et l'homme.
1. Nous voyons d'abord dans cet enfant la miséricorde de Dieu incamée et humanisée. La grâce de Dieu, dit saiitf Paul, a paru dans ce mystère, et s'est rendue sensible. Jusque-là Dieu n'avait encore eu que des pensées depaix, comme parle le prophète, mais aujourd'hui fl en vient à l'efTet, et il les exécute en nous donnant un rédempteur.
2. Cependant Dieu n'oublie point ses intérêts; car A nous voyons dans le rédempteur qu'il nous donne, la niséricorde de Dieu incamée et humanisée , nous voyons h même temps la justice de Dieu satisfoite et pleineroent v» gée, par la pénitence que ce Sauveur coounenoe à ùân pour nous. Tellement que la parole de David se vérifie dans retable; savoir, que la justice et la miséricorde is sont rencontrées, et qu'elles ont fait ensemble une alfimoe étroite.
Voici donc l'idée naturelle que nous devons avoir de ee
mystère, exprimée dans ces belles paroles de VïïpMn :
Dieu était dans J^-ChrUt, réconcUiant le monde
avec soi, c'est-à-dire, Jésus-Christ était dans la crèche,
\ tàl^i^\\\»SBsâS!u^^^Qanvre^soufR^ Dieu ^att daoe
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Jésas-CHirist , acceptant t^ liumiliations , sa pauvreté , ses 80ttflhra[Aces, comme des satisfactions de tout ce que l'orgneil , h cupidité , Tamour du plaisir et de iH>us*mémes noua ont fut commettre de crimes. Car, demande saint Bernard, . romment Dieu n*aurait-ii pas été fléclii par la pénitence de et fils bien-aimé et Dieu comme lui ? Et comment , satisfait |iar U pénitence d'un Dieu , pourrait-il rejeter la nôtre?
Jedis h nôtre , car avec la pénitence de Jésus<lhrist notre Sanrenr, il faut encore la nôtre pour consommer TafTaire de iiotre salut. Il faut de notre part une pénitence semblable k celle de Jésus-Christ, qui puisse être unie à celle de Jésus-Christ, et par conséquent une |)énitence solide, efficace, sévère, comme celle de Jésus-Christ
Si telle est votre pénitence , consolez-vous ; vous êtes en paix avec Dieu : ou si c'a été jusqu'à présent une pénitence défectoeufle, corriges-en les abus, et convertissez- vous de bonne foi.
DEinuÈH£ PARTIE. La paix avec nooftHuèmes. Jésus-Christ, dans le mystère de sa naissance, nous apprend le secret d'entretenir cette paix avec nous-mêmes. Nous l'ignorions ce secret, et nous cherchions la paix où elle n'était pas ; savoir, dans la grandeur et dans l'opulence ; mais Jésus- Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie, nous dé- ODOvre en ce saint Jour les deux sources de la vraie paix , je veux dire, 1. Thumilité de cœur; 2. la pauvreté de OŒur.
1. C'est dans ce mystère qu'un Diea-Honmie nous prêche haatement l'humilité ; et c'est de l'humilité que dépend Don-flenlenient notre samteté, mais notre félicité dans la vie. Car ce qui fait perdre si souvent la paix à notre cœur, n'est-ce pas notre orgueil et notre ambition .' De là les inqniétodes , les tristesses , les mélancolies, les chagrins , les désespoirs. Reconnaissons-le de bonne foi : voilà , hommes da slkk , ce qui vous trouble.
Quand vous aurez renoncé à cette passion , dès là vous aora la pauL; parce que dès là, soumis à Dieu , vous serez contents de votre fortune , et vous ne formerez plus tant d*intrigues qui vous agitent, et qui ne vous laissent pas un joiv tranquille.
Apprenez donc de moi , vous dit Jésus-Christ, que je suit humble dis cceur, et apprenez à l'être comme moi : alors vous trouvères le repos de vos dmes. Et ne pensez pas que cette humilité de cœur soit une faiblesse : ç*a été la vertu des forts , la vertu des sages , la vertu d'un Dieu , qoi s'est revêtu de notre diair pour nous en donner un modèle sensible.
3. Une autre source de nos combats intérieurs , c'est rattachement aux biens de la terre. Quels soins pour les acquérir! quelles peines pour les conserver! quelles frayeurs au moindre danger de les perdre ! quels regrets après les avoir perdus! Le remède , c'est le détachement évangéliqoe. Un chrétien pauvre de cœur jouit toujours d'un repos inaltérable, soit qu'il soit dans l'indigence ou dans Fabondanee, parce qu'il n'a point mis son appui dans les ricliesses périssables, et qu'il se conforme en tout à la volonté de Dieu.
Or, c'est ce que votre Sauveur vient encore vous enseigner, c^est ce que vous prêchent l'étable, la crèche, les langes de cet Enfant-Dieu. 11 ne commence pas seulement à renseigner, mais à le persuader au monde. De pauvres pasteurs se retirent d'auprès de lui comblés de joie : des riches, ce sont les mages, viennent à ses pieds déposer ii«îninu4>np,. — T. I.
leurs trésors, et se fah-e un mérite et un pLilsir d'y renoncer.
Crèche adorable de mon Sauveur, c'est toi qui me fais goûter la pauvreté que j'ai choisie; et vous, mon Dieu, confondez-moi, si jamais ce sentiment sortait de mon cœxiT.
Troisième partie. La paix avec le procliain. L'apôtre exhortant les Romains à la charité, leur disait : Si cela se peut, et autant quHl eMen vous, conservez la paix avec tous les hommes. Toutes ces paroles sont remarquables. Si cela se peut: l'impossibilité est la seule excuse légitime qui puisse là-dessus devant Dieu nous disculper, autant quHl est en vous : en sorte que nous puissions nous rendre témoignage qu'il n'a jamais tenu à nous , ni à nos soins. Avec tous les hommes : sans en excepter un seul , pas même ceux qui nous sont les plus opposés, parce que souvent c'est avec les plus di/Bdles et les plus fUcbeux qne nous avons à vivre dans une plus étroite société.
or quel est le principe de cette paix .' une sainte conformité avec Jésus-Christ naissant. I. C'est un Dieo qui se dépouille pour nous de tous ses intérêts. 2. C'est un Dien quinousprévient, selon le langage du prophète, de tontes les bénédictions de sa donceor. Deux moyens pour entretenir une paix étemelle avec nos firères : désfaitéressement et douceur.
1 . C'est un Dieu qui, par amour ponr nous, se dépouille de tons ses intérêts ; qui de maître se (ait obéissant ; de grand, petit ; de riche , pauvre ; et ce désintéressement est le pins nécessaire et le plus sûr moyen pour concilier les cœurs. Moyen nécessaire ; car de prétendre vivre en paix avec le prochain, tandis qu'on est dominé par l'intérêt, c'est se fla^ ter d'une espérance chimérique ; mais aussi , moyen sûr : ôtez l'intérêt , plus de divisions , de querelles , de procès : la paix régnera partout. S'il en doit coûter pour cehi , faisons ce aacrifice à Jésus-Christ, il le mérite bien. Faisons-le à la charité; par là nous achèterons la paix , et hi paix qne nous aurons avec ce parent , avec ce frère , avec ce voisin , avec ce concurrent, vaudra mieux pour vous que l'intérêt qu'on vous disputait, et à quoi vous renoncerez.
2. Ce n'est pas seulement l'intérêt qui trouble la paix entre vous et le prochain : ce sont encore vos rigueurs, vos emportements, vos fiertés. Mais un second moyen ponr la maintenir, cette paix si désirable , c'est la douceur. Or, rentrez dans l'étable de Bethléem , vous y verrez un Dieu qui vous prévient , un Dieu qui vous recherche , un Dieu qui s'attendrit sur vous, et qui veut ainsi se faire aimer de vous. Après cela, faites-vous un point d'honneur' de n'aller jamais au-devant de votre frère ; prenez à son ^ard des airs dédaigneux , et traitez-le avec dureté : c'est renverser le plus solide fondement de la paix.
Quel est notre aveuglement ! Dans ce temps, où Dieu nous adlige par le fléau de la guerre, nous lui demandons une paix qui ne dépend pas de nous ; et dans le cours de la vie , nous ne travaillons à rien moins qu'à nous procurer la véritable paix qui est entre nos mains. Les puissances de la terre sont souvent plutôt d'accord que nous ne le sommes les uns avec les autres. Donnez-nous , Seigneur, cette paix après laquelle les peuples soupirent , et qui doit pacifier lé monde chrétien; mais préférablemcnt à cette paix , toute nécessaire qu'elle est, donnez-nous celle qui doit nous réconcilier avec vous, nous réconcilier avec nous-mêmes, nous réconcilier avec nos frères.
Compliment au roi.
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ANALYSES DES SERMONS
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