‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 254 sur 256 · LE DEUXIÈME DIMANCHE APRÈS PAQUES · texte numérisé non relu

LE DEUXIÈME DIMANCHE APRÈS PAQUES

SUR LE SOIN UES ROMESTIQUES

Sujet. Jésus dit aux pharisiens : Je suis le bon pasteur.

Les maîtres sont comme les pasteurs de leurs familles, et en particulier de leurs domestiques, à la sanctification desquels Us doivent travailler.

Division. Trois grands intérêts imposent aux maîtres une loi étroite et inviolable de s'employer au saiut de leurs domestiques, savoir : l'intérêt des domestiques mêmes, première partie; l'intérêt de Dieu , deuxième partie; l'intérêt des maîtres, troisième partie.

Première partie. L'intérêt des domestiques. Un maître est constitué de Dieu pour gouverner ses domestiques. Or tout gouvernement, même temporel, n'est établi sur la terre que pour cx)nduire les hommes à leur dernière fin , qui est le salut. Loi commune aux rois et à toutes les puissances ordonnées de Dieu. Si donc un homme ayant sous soi des domestiques ne les regardait que par rapport à soi-même, et que du reste il ne fût point en peine de la mam'ère dont ils se conduisent, dès là il serait dans une disposition criminelle. Le pouvoir d'un maître n'est qu'une émanation du pouvoir de Dieu. Par conséquent un maître doit user à peu près de son pouvoir, comme Dieu use du sien. Or Dieu n'use de son pouvoir que pour notre sanctification et pour notre salut. De là cette belle leçon de saint Paul : Obéissez à vos maîtres; car ils sont chargés de veiller sur vous, comme devant rendre compte de vos dmes.

Ainsi un maître, pour la sanctification de ses domestiques, leur doit surtout trois choses : l'instruclion, l'exemple et une charitable correction. Mais combien de maîtres en sont au contraire les corrupteurs, 1. par les engagements et les occasions de péché où ils les jettent, en les rendant complices de leurs désordres; 2. par les exemples pernicieux qu'ils leiv donnent; 3. par une ignorance cri* minellc de leurs d(^portements et de leur conduite; 4. par une indulgence molle et une lâche tolérance qui les autorise dans leurs vices ?

Deuxième partie. L'intérêt de Dieu. Toute puissance vient de Dieu , et ne doit être employée que pour Dieu. Or, qu'est-ce que de l'employer pour Dieu , si ce n'est de l'employer à faire servir et glorifier Dieu? Mais quelle est sur cela l'injustice des maîtres? C'est qu'ils n'emploient leur pouvoir qu'à se faire servir eux-mêmes. Désordre que saint Augustin reprochait si éloquemment aux magistrats de Rome, qui souffraient que leurs poètes jouassent publiquement les dieux, et qui leur défendaient, sous de grièves peines, d'attaquer la réputation d'un citoyen romain. Désordre que saint Bernard déplorait aussi très-amère* ment, et qui allumait tout son zèle.

Zèle qui a été de tout temps le caractère des serviteurs de Dieu et des vrais chrétiens. Exemple des premiers fidèles, de ce maître dont Jésus-Christ avait guéri le fil» du grand Constantin et de saint Louis. D'où leur venait le zèle qu'ils faisaient voir à tenir dans l'ordre et dans la règle ceux qui lui étaient soumis? de l'esprit de religion et de foi dont ils étaient animés. Et ceci servira à nous &ir«

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