‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 40 sur 256 · LE QUATRIÈME DIBCA19CHE DE L'AVENT · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME DIBCA19CHE DE L'AVENT

SUR LA PÉNITENCE

Ei wtmii m ommem ngùmem Jordams, pfmdicam haptuwtum jpœmienHés, in remmUmem peccatorum,

Jten-BapUste viut dans tout le pays qui est le long du loonlafai, prêchant le baptême de pâiitence pour la rémission des péebéa. Saint Luc, ehap. s.

SlBB,

Quelque malheureuse que soit la condition de llionune dans Tétat du péché , si toute pénitence était véritable, ou s'il était toujours aisé de discerner la vraie pénitence de la pénitence imparfaite et fausse , le pécheur, dans son malheur même , aurait de quoi se consoler, parce qu'il pourrait au moins envisager la pénitence comme une ressource infiaillible et comme un fonds certain de tranquillité et de paix. La grande misère du pécheur, dit saint Chrysostôme, c*est qu'étant assuré comme il Test de la réalité de son péché, il ne peut jamais être absolument assuré de la validité de sa pénitence. Ce qui rend sou sort déplorable , c'est que bien souvent la pénitence qu*il a faite, ou qu'il a cru Élire, ne doit pas moins le troubler que son péché même ; c'est que tous les oracles de l'Écriture lui apprennent qu'il n'y a que la vraie et la parfaite pénitence qui sauve l'homme, et qu'au contraire il y en a cent autres , ou parce qu'elles sont Élusses et vaines, ou parce qu'elles sont imparfaites et insuffisantes, qui ne le sauvent pas. S'il lui arrive de s'y tromper, si, faute de discernement, il vient, dans la pratique même de la pénitence, à prendre le faux pour le vrai, et à compter pour sullfisant ce qui est défectueux , dès là il tombe dans Tablme des plus infortunés pécheurs, puisque sa pénitence même, qui devait être sa justification et son salut, devient encore une des causes de sa condamnation et de sa perte. Voilà, s'il entend bien sa religion, ce qui doit le faire trembler.

Voulez-vous, chrétiens, calmer aujourd'hui vos eonsdences, autant qu'il est possible , sur un point aussi important; et pour cela, voulez-vous savoir quelle est la véritable pénitence, ou, pour mieux dire, en quoi consiste le discernement juste que vous devez faire de la véritable pénitence? C'est ce que je vais vous apprendre, et voici en peu de paroles tout mon dessein.

rappelle véritable pénitence, pénitence sûre, celle

que le saint précurseur, Jean-Baptiste , prêchait aux peuples qui le venaient chercher dans le désert, quand il leur disait : Faites donc de digues fruits de pénitence : Facite ergofructus cUgnos pcmiienr tiœ. (Matth. 3.) Il ne se contentait pas qu'ils fis* sent pénitence; mais, pour pouvoir compter sur leur pénitence, il voulait qu'ils en jugeassent par 1<$ fruits. Car la pénitence n'est solide, ni recevable au tribunal de Dieu , qu'autant qu'elle est efficace : et peut-elle être autrement efficace que par les fruits ^ qu'elle i^roduït? Facite fructus dignos pcenitenti». Je les réduis à trois, et je dis, après tous les Pères de l'Église, que la pénitence efficace est celle qui retranche la cause du péché, celle qui répare les etfets du péché, celle qui assujettit le péclieur aux remèdes du péché. Trois caractères qui fout d'une part la perfection de la pénitence, et de l'autre la sûreté morale du pécheur pénitent. Trois caractères que je vous prie de bien remarquer, et qui vont partager ce discours. Retrancher généreusement ce qui est hi cause ou la matière du pédié. Réparer pleinement ce qui a été l'effet et la suite du péclié. S'assujettir fidèlement à ce qui doit être le remède du péché. Si votre pénitence , mon cher auditeur, est accompagnée de ces trois conditions, vous pouvez, sans être téméraire et présomptueux, faire fond sur elle : mais qu'une de ces trois conditions lui manque, c'est assez pour la rendre inutile, ou même criminelle.

Remplissez-nous, mon Dieu, de votre esprit, de cet esprit de zèle qui animait Jean-Baptiste; c'est ce que je vous demande pour moi ; de cet esprit de componction qui touchait les Juifs, et qui les disposait à profiter des grandes vérités qui leur étaient annoncées par ce fidèle ministre; c'est ce que je vous demande, non point seulement pour moi, mais pour toutes les personnes qui m'écoutent. Adressons-nous encore à Marie. Àve^ Maria.

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