M DCCC LXV
SUR LÀ PRIÈRE
chligé à en instruire tout à la fois deux sortes de personnes; les chrétiens du siècle, qui marchent dans les routes de la religioa; al ceux ^ui aspirent et qui s'élèvent aux voies les plus sublimes de la perfection. Il semble que, pour Futilité publique, j'aurais pu me contenter de TinstrucUon des premiers; mais Dieu, par son adorable providence, a permis que dans notre siècle il ne fût pas moins nécessaire de s'appliquer à Tédification des seconds , et c'est pourquoi je me suis senti inspiré de parler ici aux uns et aux autres; aux premiers, fjour les convaincre de la nécessité de Toraison , et aux seconds , pour leur découvrir les abus de l'oraison. Mais parce que le terme d'oraison, par rapport à ces deux sortes de chrétiens, est comme un terme équivoque, qui signifie pour les premiers l'action commune de prier, et pour les seconds quelque chose de plus relevé , que nous appelleroife oraison extraordinaire, afin d'ôter toute ambiguïté, et de vous déclarer nettement ma pensée, mon dessein est de faire voir aux uns le besoin qu'ils ont de l'oraison commune, et de marquer aux autres oonunent ils peuvent abuser de l'oraison extraordinaire; c'est-à-dire, d'engager les uns à prier et d'empêcher les autres de mal prier; d'attirer ceux-là au saint exercice de l'oraison, qui nous est commandé, et de retirer ceux-ci des fausses voies d'une oraison dangereuse et inutilement pratiquée. Voilà ce que j'entreprends. En deux mots, l'indispensable nécessité de l'oraison ordinaire, fondée sur les principes de la foi les plus évidents, c'est le premier point; l'abus de l'oraison extraordinaire, reconnu et découvert par les règles de la foi les plus solides, c'est le second point. Commençons.