‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 106 sur 232 · LE LUNDI DE PAQUES · texte numérisé non relu

LE LUNDI DE PAQUES

SUR LA RÉSURRECTION DE JESUS-CHRIST

Eifaetum e§t, dumfabularmtyr et $eeum <putrertnt, et ipêe JetMt approjdnquanê ibat ewn iUù; oeuU avtem Ulorum tenebantur ne eum agnoêceretiL

Taudis qulls t'entzetâiatent et qa*ilt raisonnaient ensemble^ Jésus sejoignit à eux , et marcha avec eux; mais ils avaient an ▼oile SOT les yeux pour ne le pia connaître. Sauit Loc, ch. 34.

Quand je considère, chrétiens, la disposition où se trouvaient ces deux disciples dont nous parle notre évangile, il me semble que le Sauveur du monde eut deux grandes maladies à guérir dans leurs personnes , et qu*il fut nécessaire qu'il employât pour cela les remèdes les plus puissants et toute la force de sa grâce. Car premièrement, ils n'avaient pas la foi qu'ils devaient avoir en lui; et de plus , quoiqu'ils eussent été jusqu'alors du nombre de ses disciples, ils commençaient à se détacher

de lui. Ils étaient incrédules, et Hs étaient fioidi et languissants : ils ne croyaient pas de lof ce qulli devaient croire, et ils n*alniaient pas dans loi ei qu'ils devaient aimer. Ils ne croyaient pas de lai ei qu'ils devaient croire; car il éuit Diea, et ib n*ai parlaient que comme d'un homme, abaissant kar foi à des idées communes et populaires, traftaat Jésus-Christ de prophète , avouant qu'il avait élé puissant en œuvres et en paroles, nais ne lai ' donnant rien de plus, et n'y reconnaissant qoeei que les Juifs grossiers et charnels y avaient enxmémes reconnu : De Jesu Nasarmo qtA fiât wk propheta. (Luc., 34.) Voilà leur incrédoHté. Oi étaient froids et languissants dans aon^anoar; car c'est pour cela qu'ils sortaient de JérusalsBi, n'osant pas se déclarer ses disciples, abandonnaat son parti et ses intérêts , n'espérant plus en lui, et n'attendant plus de hii cette rédemption dTlsraa sur laquelle ils avaient compté : Nos autem igMrabamus quia ipse estet redemptwits litraeL (là. ) Tout cela, chrétiens, parce quils n'étaient pas persuadés de sa résurrection : car le seul doute qu'Os avaient si Jésus-Christ était ressuscité, et sll devait même ressusciter, corrompait leur foi et ralen> tissait leur zèle. Que fait donc Jésus-Christ? Il les convainc par une expérience sensible quil est vraiment ressuscité; et dans cette apparition il édaire leurs esprits, et il embrase lemrs cœurs. 11 éclaire leurs esprits, en leur expliquant ce que Moïse et ies prophètes ont dit de lui , et leur donnant de la vénération pour ce Christ et ce Messie qu'il lear propose comme un Dieu de gloire ; jusqu'à œ qu'cafin il leur ouvre tout à fait les yeux, en leur déeoavrant que c*est lui-même qui leur parle , et ks obligeant de confesser qu'il est leur Diea et lear Seigneur. Et il échauffe leurs oceurs , leur inspirant peu à peu par ses discours des sentiments d'amour pour sa personne; d*où vient qu'ils se disaient Vm à l'autre : M'est-il pas vrai que notre coeur était tout enflammé et tout ardent lorsqu'il nous parlait dvi le chemin, et qu'il nous expliquait les Écritniei? Voilà, mes chers auditeurs, le sujet de llastnie* tion que j'ai à vous faire. Ce qu'étaient ces deax disciples d'Emmaûs à l'égard du Fils de Dieu, e*ert ce que sont encore aujourd'hui je ne sais combien de chrétiens lâches, infidèles, remplis de Pamoarda monde , et que l'on peut dire avoir en quelque sorte renoncé à Jésus-Christ, quoiqu'ils fassent encore extérieurement profession d'être ses diseiples. Us en ont le caractère et le nom ; mais à peine ont-lli la foi, ou à peine sont-ils touchés d'aucun sentiment d'amour pour cet Homme>Dieu. Ils ne croient que faiblement, et ils n'aiment presque point da tout , parce que la vraie charité ne peut aroir d'antre fondement que celui de la foi.

Je veux donc dans ce discours travailler à rela-

SUR LA RÉSUBBECnON DE JESUS-CHRIST.

ondement , et h corriger ces deax désordres, premier est notre infidélité; et le second, nsensibilité. Je prétends que Jésus-Christ ité doit par£Bitement établir et dans nos esfoi de sa divinité , et dans nos cœurs l'a- B sa sainte humanité. Je m'explique. Qu'est-ce us-Christ ? Un composé de deux natures , ¥ine, Pautre humaine. La divinité demande notre foi , et l'humanité notre amour. Car, % Jean, c'est la foi de la divinité de Jésusqui nous sanctifie, et c'est l'humanité de ;hrist qui nous a sauvés. Or, pour avoir cette [ne et ce saint amour, nous n'avons qu'à tacher au mystère de la résurrection. Dans tère, nous apprenons à connattre Jésuset à l'aimer; à le connattre comme Dieu, imer comme Dieu-Homme et Sauveur. Ré- Ion de Jésus-Christ , motif puissant pour a divinité; c'est la première partie : résurde Jésus-Christ , engagement indispensable r sa sainte humanité; c'est la seconde : et tut le sujet de votre attention.

miére partie de ce setTnon est la même que cette du sermon précédenL)

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