LE TRÈS-SAINT SACREMENT
Caro mea vere eti dhus.
Ma chair est vraiment une viande. Saint Jeak , ebap. s.
Cest ainsi que le Sauveur du monde faisait en deux mots l'éloge de son corps adorable; et c'est , chrétiens, de cette chair toute sainte et toute divine que j'ai moi-même à vous entretenir. Ce n'est point de la personne de Jésus-Christ; ce n'est ni de sa divinité , ni de son âme, mais de sa chair : Caro mea. Et pour en venir d'abord au point que j'ai entrepris de traiter, remarquez, s'il vous plaft, afec moi , que, dans les paroles de mon texte, le Fils de Dieu, voulant recommander son corps aux Juiâ, ne leur dit pas que c'est le temple du Saint-Esprit, que c'est le sanctuaire de Dieu, que c'est le chefd'œuvre des mains et de la toute-puissance du Seigneur, mais que c'est une nourriture et une Tiande : Caro mea vere est cibus. Cependant, cet état de viande et d'aliment n'est-il pas le plus imparfait? Il est vrai , mes chers auditeurs, si nous l'enteodons de cette viande commune qui sert à réparer los forces et à soutenir la vie naturelle de nos corps; mais une viande sacramentelle , une viande qui , toute matérielle qu'elle est, a la vertu de nous conférer la grâce, de nous donner une vie surnaturelie et toute spirituelle, de nous purifler, de nous sanctifier, c'est ce qui nous la doit rendre infiniment prédeose , et ce qui en fait l'excellence. Vierge sainte, c'est dans vos chastes entrailles que ce sacré corps fut conçu ; votre chair innocente et pure a été la chair de Jésus-Christ, et la chair de Jésus-Christ a été la vôtre : c'est par l'opération de l'Esprit céleste que cet ineffable mystère s'est accompli , et c'est auprès de ce divin époux que j'implore votre assistance, en vous disant : j4ve, Maria.
Le dessein que je me propose dans ce discours vous surprendra peut-être, chrétiens; mais j'ose