SUE
LA PURIFICATION DE LA VIERGE
Poêiqmam impUU tunt die$ purgatianii ^ui $ecundum /epem Mayri, êulenmt illum in JeruaaUm , ut êuieremt ewm J>omino,
Le teuips de la iHiriftcatioo de Marie étant accompli la loi de Mobe, Qi portèrent Tenfont à Jénualem, pour le préicnter aa Seigiieiir. Saint Luc , chap. 2.
SiRBf
Cétait une figure que ce qui se pratiquait parmi les JuifiB dans la cérémonie de ce jour, où ils présentaient à Dieu le premier-né de ctiaque famille; et c'est dans la personne de Jésus-Christ, présenté par Marie au Père étemel , que cette figure a trouvé son entier accomplissement , puisque ce divin Sauveur, selon Fexpression de saint Paul, est par excellence le premier-né de toutes les créatures. Mais en ceci, chrétiens, il est arrivé quelque chose de bien singulier, et de bien remarquable pour votre instruction. Car au lieu que les autres figures, s'accomplissant en Jésus-Christ, ont cessé pour nous, celle-ci non-seulement a subsisté, mais a reçu comme un nouvel accroissement d'obligation qu'elle n'avait pas du temps de Moïse; c'est-à-dire que Dieu veut que dans la loi de grâce, aussi bien et même encore plus que dans la loi écrite, nous nous présentions à lui pour lui être consacrés; et voilà ce que l'Église a prétendu nous déclarer en nous mettant des cierges dans les mains, comme les symboles du sacrifice que nous devons faire de nos personnes au souverain Auteur de notre être. Car si nous l'avons bien compris, telle est la pensée qu'a dû nous inspirer ce mystère. Nous avons reconnu que nos vies, comme cette cire sanctifiée parla bénédiction des prêtres, devaient être employées au service du Dieu que nous adorons, et consumées pour sa gloire. Nous avons hautement protesté que nous appartenions à Dieu , et que nous ne voulions plus être désormais qu'à Dieu : ou si ce n'est pas ainsi que vous l'avez conçu, il est du devoir de mon ministère de vous le faire comprendre, et de vous instruire à fond d'un point aussi important que celui-là. Vierge sainte, c'est vous qui, dans la présentation de votre Fils , nous mettez devant les yeux le grand modèle que nous devons imiter : obtenez-nous encore les grâces nécessaires poiur apprendre à profiter de son exemple , et daignez écouter la prière que nous vous faisons en vous saluant. Ave, Maria.
Peut-être, chrétiens, n'avez-vous jamais fait toute le réflexion qu'il faul au mystère que célèbre aujourd'hui l'Église; et peut-être, ne vous attachant qu'à l'extérieur de cette oérémonie, ne vous
étes-vous jamais appliqués à en pénétrer le fini C'est donc à moi de vous en donner toute l'intdB' gence nécessaire , et voici sans doute un des siqcti les plus importants que j'aie jusqu'à présent tnités dans cette chaire , et que j'y puisse traiter : car il s'agit d'étudier le christianisme dans ses premî âéments , selon le langage de l'apdtre ; il s'agit d'étii* dier Jésus-Christ même , et de l'imiter dans une des plus grandes et des plus saintes actions de sa vie, qui est la présentation. Nous avons para eom lui dans le temple du Seigneur, et cette fSta, ^ était la fête des Juifii, est encore plus la nètre; mais il est question de vohr comment nous la solennisons et si nous en avons bien pris l'esprit : de là dépend votreé dification et la mienne, et sa» cela je ne satisferais qu'imparfaitement à oe que demande ici de moi mon ministère. Comprenez, s'il vous platt, le dessein de ce discours. Jésus-Christ dans le temple se présente à Dieu : pourquoi ? pour reconnaître et pour honorer le domaine de Dieu ; car voilà ce qui nous est expressément marqué dans ces paroles de mon texte : Ut sisterent emn Ikh mino; pour Poffrir au Seigneur , c'est-à-dire an souverain Maître de toutes choses. Or, c'est ainsi, mes ehers auditeurs, que nous avons dû ou que nous devons nous offrir nous-mêmes; et pour vous expKquer en trois mots toute ma pensée, je trouve que ce suprême domaine de Dieu a trois qualités principales et trois caractères qui le distinguent : c*estun domaine essentiel, c'est un domaine universel, et c'est un domaine étemel. Domaine essentiel , foiidé sur la nature même de Dieu ; domaine universel qui, sans exception et sans bornes , s'étend à tout; enfin , domaine étemel , qui n'eut jamais de commencement et qui ne doit jamais avoir de fin. Sur cela je reprends et je dis : domaine essentiel que nous devons reconnaître , comme Jésus-Christ, par une sincère oblation de nous-mêmes ; ce sera la première partie : domaine universel que nous devons reconnaître, comme Jésus-Christ, par une entière oblation de nous-mêmes; ce sera la seconde par^ tie : domaine éternel que nous devons reconnaître, comme Jésus- Christ, par une prompte oblation de nous-mêmes ; oe sera la conclusion. Trois points de morale d'une conséquence infinie et que je vais développer.