DEUXIÈME PARTIE
Que nous puissions invoquer Marie, et qu'elle soit pour nous dans nos besoins une protectrice toute-puissante et toute-miséricordieuse , c'est une vérité , chrétiens , sur laquelle nous ne pouvons former le moindre doute, si nous sommes de fidèles enfants de l'Église, et si nous sommes bien instruits des principes de notre foi : car puisque l'Église a défini en général , que nous pouvons invoquer les saints que Dieu a retirés de cette terre d'exil où nous vivons, et qu'il a placés auprès de lui dans son royaume, à combien plus forte raison pouvonsnous, dans toutes les nécessités de cette vie, nous adresser à la reine, non-seulement des saints, mas des anges bienheureux, et lui présenter nos prières ? Que lui manque-t-il de tout ce qui peut affermir notre confiance ? Croirons^nous qu'uniquement touchée de son bonheur, et tout occupée, pour ainsi dire, de sa propre gloire, elle soit devenue insensible à nos intérêts ? mais n'est-elle pas toujours la mère de miséricorde? ISous persuaderons-nous que Dieu, en la glorifiant, ait tellement borné son pouvoir, qu'elle ne soit plus en état de nous en fairt sentir les salutaires^ effets? mais^n'est-slle pastoii-
jours la'mère de c« Diea sauveur qu'elle a donné au inonde, et qui lui fut si soumis? est-ce en recevant la récompense de ses mérites qu'elle a perdu ses plus beaux droits ; et si ce fils adorable qu'elle porta dans son sein a fait pour elle des miracles sur la terre, que lui refusera- t-il dans le ciel? C'est ainsi que les Pères ont raisonné, et c'est là-dessus qu'ils se sont fondés pour nous exhorter, dans des termes si énergiques et si forts, à réclamer sans cesse la mère de Dieu. Quenepuis-jeles faire tous ici parler, ou plutôt que ne puis-je rapporter ici, dans un recueil abr^é, tout ce qu'ils ont dit de l'invocation de Marie et des avantages qui y sont attachés! que ne puls-Je vous faire entendre ces grands maîtres , et, selon l'expression de saint Paul , vous convaincre par cette nuée de témoins! car quand nous n'aurions point d'autres preuves , en faudraitil davantage , et ne serait-ce pas une témérité , que dis-je? ne serait-ce pas l'obstination la plus outrée, que de vouloir tenir contre l'autorité de tout ce qu'il y a eu depuis tant de siècles d'oracles et de docteurs dans l'Église de Jésus-Christ?
Je vais plus loin , et je ne dis pas seulement que nous pouvons invoquer Marie, mais j'ajoute que nous le devons : et pourquoi ? Pour nous conformer à l'Église, pour nous attirer la grâce, pour nous procurer, contre les dangers du monde, un secours puissant et un ferme soutien pour assurer notre salut. En effet, chrétiens, si nous sommes obligés de croire ce que croit l'Église, comme la règle de notre foi , ne sommes-nous pas obligés de faire ce que fait l'Église , comme la règle de nos moeurs? Or, combien de prières solennelles l'Église, tous les Jours, adresse-t-elle à la mère de Dieu, pour implorer son assistance? et n'est-ce pas une espèce d'infidélité de ne pratiquer pas ce qu'elle pratique avec tant de soin , et de ne demander pas ce qu'elle demande , ni à qui , ou plutôt par qui elle Je demande? Si la grâce nous est nécessaire, et si nous ne pouvons surtout ignorer combien il nous est important d'avoir certaines grâces particulières et en certaines conjonctures, nous est-il permis de négliger un des plus sârs moyens de les obtenir ? Or, ce moyen, c'est l'intercession de Marie; et mille fois ne vous a-t-on pas avertis que c'est par elle que Dieu dispense ses dons , et par les mains de cette vierge qu'il les fait passer en nous les communiquant? Si nous sentons notre faiblesse, et si nous gémissons de nous voir exposés à tant de périls, dans robligation où nous sommes d'ailleurs de nous conserver, ne devons-nous pas pour cela mettre tout en œuvre? Or, de tout ce que nous pouvons mettre en œuvre, rien de plus efficace, de plus présent , que la médiation de Marie ; et puisque tant d'autres qui l'ont éprouvé nous en instruisent, n'est-ce pas consentir à notre perte, que de ne vou-
SUR LA DÉVOTION A LA VIERGE
loir pas nous servir d'une telle défense? Enfin , si le salut est notre affaire; et , par ses conséqoeoees infinies, notre grande afi&ire, notre essentielle affaire, notre unique affaire, nous peut-il être pa^ donnable de n'y pas employer tout ce que la religioa nous fournit de plus propre à en garantir le soeoès ? Or, la coadjutrice de Dieu, dans l'accomplissemcot de ce salut , c'est Marie ; et comme ce salut a commencé par elle et par son consentement à la parole de Dieu, c'est par elle et par sa coopération qu'a doit être consommé. D'où il s'ensuit que nous ne pouvons donc trop , dans cette vie mortelle, la solliciter, la presser, l'intéresser en notre Caveor par nos supplications et par nos vœux. Avançons.
On peut invoquer Marie , on doit invoquer Marie ; vérités incontestables; mais le point est de Finvoquer efiScacement, c'est-à-dire de l'invoquer de telle sorte qu'elle puisse agréer nos prières, qu'elle puisse les trouver dignes d'elle, et y prendre part Car, selon l'oracle de Jésus-Christ, tous ceux qui disent à Dieu : Seigneur, Seigneur, ne seront pas écoutés pourceladeDieu,nin'entreront pas dans le royaume de Dieu : et , suivant la même ri^le , j'ajoute que, de ceux qui se mettent ou qui prétendent se mettre sous la protection de la mère de Dieu, plusieurs l'invoquent en vain : pourquoi? parce qu'ils ne le font pas dans un esprit chrétien , ni avec les sentiments convenables pour l'engager dans leurs intérêts , et pour la toucher. Il y a donc ici deux écueils à craindre, et deux extrémités à éviter; et eonune la vertu tient le milieu entre deux vices opposés, la vérité se trouve toujours entre deux erreurs contraires. Je veux dire que les uns comptent trop sur la protection de Marie, mais que les autres aussi ne connaissent point assez , ou semblent ne point asses connaître tout le fond qu'on y doit faire; que les uns, sefon leurs désirs et le gré de leurs passions, lui donnent trop d'étendue , et c'est l'erreur des durétiens présomptueux; mais que les autres aussi, selon leurs fausses maximes, la resserrent dans des bornes trop étroites , et c'est l'erreur de nos réformateurs , je dis de ceux à qui je parle dans ce discours, et qui, par une autre prudence que celle de l'Évangile, se sont ingérés à nous donner des avis dont le peuple fidèle n'a pu tirer qu'un scandale , auquel je me sens obligé, par le devoir de mon ministère, d'opposer toute la force de la divine parole. Appli* quez-vous, s'il vous plaft.
Car, pour combattre d'abord ce que j'ai marqué comme la première erreur,ilfautoonveQir,durétiens, que nous portons quelquefois trop loin notre confiance, etque nous faisons à Marie des prières qu'elle ne peut écouter : comment cela? parce que ce sont des prières injurieuses à Dieu , parce que œ sont des priènres indignes de la mère de Dieu, parce que ce sont des prières pernicieuses pour nout-ioênies.
SUR LA DÉVOnON A LA VIERGE.
Priàns iijiirMUBes à Dieu : pourquoi ? c'est qu'elles •ootdireetementopposées àl'ordre de sa providence, tt qu'elles vont à renverser toute Téconomie de notre salut. En effet, tel est Tordre de la Providence, que le salut dépende premièrement de Dieu , et ensuite de nous-mêmes ; qu'aidés de la grâce de Dieu, nous y travaillions nous-mêmes ; que nous obtenions cette grâce par la mère de Dieu , mais pour la faire valoir par nos soins , mais pour h rendre féconde par nos ceuvres, mais pour la conserver par notre vigilance ; voilà le plan que Dieu s'est tracé , et qu'il nous a proposé. Et nous, sans égard aux vues de Dieu, et nous promettant tout de la mère de Dieu , nous nous en formons un autre selon nos idées particulières, e'est4-dire selon notre sens réprouvé et nos inclinations corrompues. Car si nous prétendons que sous la protection de Marie , le salut ne nous eoûtera plus rien; qu'après avoir satisfait à certaines pratiques d'une fausse piété envers Marie, nous pourrons devant Dieu nous tenir quittes de tout le ireste; que, revêtus des livrées de Marie, nous serons à couvert de tous les dangers du monde, à couvert de toutes les tentations de la vie , à couvert de toutes les surprises de la mort, à couvert de tous les arrêts de la justice divine et de tous les foudres du del ; et qu'ainsi noutf n'aurons rien à craindre , en ncus exposant aux occasions, en demeurant dans DOS habitudes, en vivant dans l'état de péché, en remettant notre pénitence : ah ! chrétiens, si c'est de la sorte que nous l'entendons , ce n'est pas de la sorte que Dieu l'entend , ni jamais ce ne sera de la sorte qu'il l'entendra. Autrement il se démentirait bien lui-même : et quel lieu auriez-vous d'espérer, surtout en de pareilles dispositions, qu'il changeât pour vous les immuables décrets de sa sagesse éternelle? Prières indignes de la mère de Dieu, puisque c'est attendre d'elle qu'elle nous autorise contre Dieu même, qu'elle nous rassure contre la crainte de ses jugements jusqu'à ne plus nous mettre en peine de les prévenir ; qu'elle nous serve de prétexte pour^persévérer dans nos désordres, et pour mourir dans rimpénitenoe. Et de là enfin, prières qui , bien loin de nous sanctifier, ne peuvent servir qu'à nous corrompre; qui, bien loin de nous approcher de Dieu, ne peuvent servir qu'à nous en éloigner sans retour; qui , bien loin de nous sauver, ne peuvent servir qu'à nous perdre; par conséquent, prières infiniment pernicieuses pour nous-mêmes. Or, de penser que de telles prières fussent assez efficaces pour toucher le cœur de kiplus sainte de toutes les vierges, de la plus fidèle à la loi de Dieu, de la plus soumise aux desseins et aux volontés deDieu, de la plus zélée pour la gloire de Dieu et pour la sanctification du peuple de Dieu, ne serait-ce pas la plus sensible et la plus évidente contradiction ?
Vous me direz qu'il faut donc conclure de là
qu'un pécheur, dans l'état de son péché, ne peut invoquer efficacement la mère de Dieu ; que n'ayant pas alors l'amour de Dieu , que vivant actuellement sans pénitence, il a beau, du reste, se confier en Marie, et la prier, tous ses vœux sont inutiles, et que toute sa dévotion envers la Vierge ne le sauvera pas : autre erreur dont nous avons à nous préserver, mais qui déguisée sous des termes captieux et pleins d'artifice, proposée sous la forme trompeuse d'avertissements utiles et chrétiens , cachée sous un air de vérité qui en impose , et qui empêche d'en voir le danger, demande toute la précision nécessaire pour la découvrir. Rien de plus spécieux que les propositions qu'on nousValt : propositions équivoques , vraies dans un sens , fausses dans l'autre, toujours dangereuses, parce qu'elles ne tendent qu'à détruire toute notre confiance en cette mère de miséricorde, qui doit être l'asile des pécheurs. On nous dit qu'il ne feut pas jeter les simples dans l'illusion, en leur feisant plus espérer de Marie qu'il ne convient ; je l'avoue : mais je dis aussi qu'il ne faut pas jeter les simples dans l'illusion , en ruinant toute leur espérance; et pour donner plus de jour h ma pensée , et vous faire prendre làniessus le point juste à quoi tout fidèle doit s'en tenir , je m'explique , mes chers auditeurs , et je vous prie de me suivre.
Il est vrai, dire à un pécheur que sans pénitence, et par la seule intercession de Marie , il peut être rérâncilié et sauvé, c'est le jeter dans l'illusion et dans la plus grossière de toutes les illusions; car, sans la pénitence, il n'y a ni justification ni salut. Mais aussi lui faire entendre que s'il ne renonce actuellement à son péché , que s'il n'est actuellement dans la résolution de rompre ses engagements criminels, que s'il n'est actuellement touché d'un sentiment de pénitence , il ne lui sert à rien d'invoquer Marie , et que sa confiance ne lui peut être de nul avantage, c'est le séduire et le tromper; car, sans être encore pénitent, ne peut-il pas, par l'intercession de la mère de Dieu, le devenir? sans avoir encore le courage de s'arracher au monde et à ses honteux attachements , ne peut-il pas , par l'intercession de la mère de Dieu, le demander et robtenir ? sans être encore assez vivement touché de Dieu, sentant la faiblesse de son cœur, et se défiant de lui-même, ne peut-il pas, par l'intercession de Marie, engager Dieu à lui accorder une grâce qui le touche, une grâce qui l'éclairé et le fortifie ? Ne peutil pas , du fond de Fablme où il est plongé , lever les mains vers cette vierge, et s'écrier , en rappelant à son secours : Reine du ciel , et toute-puissante médiatrice des hommes, ne m'abandonnez pas, moi pécheur, moi aveugle et endurci, moifaibleetafibissé sous le poids de mes iniquités , incapable par moimême de me relever, et n'ayant point d'autre avo-
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cate que vous pour prendre mes intérêts auprès de mou juge, et pour le porter à me rendre les forces que j'ai perdues et qui me manquent : Ora pro nobis peccatoribusf ne peut-il pas, dis-je, l'invoquer de la sorte; et pouvons-nous croire qu'elle soit insensible à ses gémissements , et qu'elle ne s'emploie pas à lui ménager la grâce de sa conversion?
Il est vrai, dire à un pécheur que, sans amour pour Dieu, par la seule médiation de Marie, il peut parvenir à l'héritage de Dieu, ce serait, non plus seulement une illusion, mais une impiété. Car, sans la charité de Dieu , l'on ne peut être ami de Dieu ; et Dieu ne recevra jamais au nombre de ses élus, et dans son royaume, que ses amis. Mais aussi faire entendre à ce pécheur que, n'ayant pas actuellement l'amour de Dieu , il ne peut rien prétendre de Marie, et qu'inutilement il s'efforce de se la rendre propice » c'est abuser de sa crédulité, et lui ôter, dans son malheur, une des plus certaines et des plus solides ressources^ Car cet amour de Dieu qu'il n'a pas, ne peuMl plus l'avoir dans la suite ; et , pour l'avoir, ne peut-il plus, selon le langage de l'Écriture, recourir à la mère du bel amour? Ego, mater pulchrx dir lectionis, {EcclL, 24.) Comme, sans un amour actuel de Dieu , il peut néanmoins croire en Dieu , et de cette foi passer à l'espérance, pour s'élever enfin à la charité de Dieu ; ne peut-il pas , sans un amour actuel de Dieu, former dans son cœur un sentiment de confiance en Marie? et, animé de ce sentiment , ne peut-il pas se prosterner devant elle , lui exposer sa misère, et par là réveiller toute la tendresse d'une vierge déjà si favorablement prévenue pour nous ; par là trouver accès auprès d'elle , et par elle se mettre en grâce avec Dieu , et recouvrer le don précieux de l'amour de pieu? Et il ne faut point m'opposer que sans l'amour de Dieu l'on ne peut être prédestiné , et, par une conséquence qui parait nécessaire , que sans l'amour de Dieu l'on ne peut se promettre aucun fruit du culte et de l'invocation de la mère de Dieu. Raisonnement dont 11 ne faut qu'éclaircir l'ambiguïté pour en faire connaître la fausseté, et, j'ose dire , la malignité. Je le sais, sans l'amour de Dieu Ton ne peut être prédestiné d'une prédestination parfaite et consommée; ou, pour m' exprimer encore plus clairement , sans l'amour de Dieu l'on ne peut arriver au terme de la prédestination , qui est la gloire ; mais avant que d'y arriver, et dans le temps même qu'on est pécheur et sans amour de Dieu , on peut être prédestiné pour parvenir un jour à cette gloire : comment cela? parce qu'on peut être prédestiné pour sortir de l'état du péché , pour rentrer dans les voies de la justice, pour rallumer dans son cœur le feu de la charité; et par où? par les moyens que Dieu nous fournira. Ainsi, Madeleine, au milieu même de ses désordres, était prédestinée; ainsi l'apôtre des nations , saint Paul , lors même qu'il per-
sécuuit l'Église de Dieu, était prédestiné| aimi da millions de libertins, jusque dans leur libertinage même , ont été prédestinés. Or , ces nM>yeos de prédestination , par qui pourrons-nous plus sûrement et plus infailliblement les obtenir que par Marie?
Disons le même de bien d'autres avis par où Poh a prétendu régler notre confiance en la nràra dt Dieu , et nous précautionner contre des abus iaa* ginaires. Je dis contre des abus imaginaires; e» quand on nous avertit de ne pas croire qu'il ne soit plus au pouvoir de Dieu de damner un pécheur dès qu'il portequelque marque d'unedévotion extérieure à la bienheureuse vierge; de ne nous pas persuader qu'elle ait plus de bonté , plus de zèle pour nous que Jésus-Christ même, et de ne pas plus compter sur ses prières que sur les mérites de son fils; de ne penser pas que sans elle on ne puisse approcher de Dieu par le Sauveur même des hommes, et de ne la point mettre en parallèle ni avec Dieu ni avec l'Homme-Dieu; de ne pas ôter à cet Homme-Dieu la miséricorde pour la donner toute à sa mère , et de ne pas préférer le culte de cette divine mère k l'amour de Dieu et à la confiance que nous devons avoir en lui ; quand , dis-je , on s'arrête vainement à nous étaler ces pompeuses maximes , n'est-ee pas attribuer au peuple chrétien des abus que l'on imagine pour décrier les dévots de Marie ? n'est-ce pas sans sujet vouloir les représenter comme des esprits outrés, comme des esprits frivoles et superstitieux ? Et qui de nous eut jamais de telles idées? qui de nous porta jamais les choses à de tels excès, et, pour user d'une expression plus forte , mais plus propre , à de telles extravagances ? Ah! mes frères (je parle à vous, ministres des autels; à vous, que Dieu a choisis pour être les conducteurs et comme les sauveurs de son peuple ) , dans un siècle où la corruption est si générale, et où nous voyons tant d'âmes rachetées du sang de Jésus-Christ s'égarer et se pervertir, ne leur fermons pas les voies du retour au salut; or, une de ces voies les plus assurées, c'est une sincère dévotion envers la mère de Dieu. Disons aux fidèles que pour invoquer efficacement Marie, il faut l'invoquer chrétiennement, c'est-à-dire l'invoquer en vue de pouvoir, par son crédit auprès de Dieu, changer de vie et réformer leur conduite, abandonner le viee et réprimer leurs passions , vaincre la chair et résister à ses attaques, se préserver des pièges du démon et du monde, plus dangereux encore mille fois pour eux que toutes les puissances de l'enfer; s'adonner aux exercices de la religion et en soutenir la pratique, se sanctifier, et mériter l'éternité bienheureuse. Mais , en même temps, disons-leur qu'en quelques dérèglements qu'ils aient vécu, que quelque pécheurs qu'ils aient été et qu'ils soient même à présent , ils peuvent être favorablement écoutés de Marie en a^a-
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dressant à elle avec une conGance humble et filiale; que, oien loin de les rejeter, elle leur tend les bras, elle leur ouvre son sein , elle les invite , et leur offre son secours. Voilà ce que nous leur devons dire et ce que je leur dis , Vierge sainte ,• de votre part et en votre nom. Vous ne m'en désavouerez point, et vous confirmerez toutes mes paroles. Je parle dans un auditoire chrétien; mais dans cet auditoire, tout chrétien quMl est, combien y a-t-il d*âmes chancelantes, et sur le point d*une ruine prochaine? combien d'âmes tièdes et languissantes dans le service de Dieu , et dans l'observation de leurs devoirs ? combien d'âmes aveugles et trompées , qui se flattent d'une prétendue innocence, et qui vivent dans l'état d'une fausse conscience ?,'combien d'âmes criminelles, ennemies de Dieu , haïes de Dieu, exposées à toutes les vengeances de Dieu? c'est pour ces âmes et pour moi-même que je vous fais entendre ma voix, et que je pousse des cris vers vous; ou plutôt c'est à vous que je les envoie, ces tièdes et ces lâches , ces aveugles et ces ignorants, ces mondains et ces pécheurs. Vous les recevrez , vous les ranimerez , vous les éclairerez , vous les réconcilierez , vous ferez agir pour eux tout le ciel , et vous agirez vous-même. Ainsi , chrétiens , devons-nous invoquer efGcacement Marie , l'imiter enfin religieusement. C'est la dernière partie.