‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 4)Chapitre 183 sur 232 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Quand je dis que saint Paul a parfaitement a^ compli tous les devoirs de son ministère, ne pensez pas, chrétiens, que ce soit là une louange commune. La grâce même de l'apostolat l'a tellement distingué, et a eu dans lui des effets si singuliers, que, quand il se glorifiait d'être apôtre de Jésus-Christ, Paidus servus Jesu Christi, vocatus çtpostolus (Rom., 1), il ajoutait qu'en vertu de ce titre ou de cette grâce, il avait été séparé pour prêcher l'Évangile de Dieo: Segregatus in Evangelium Dei ( Ibid. ) ; comme si l'un des principaux caractères de sa vocation eût été la distinction de sa personne , et qu'il n'eût pas suffi pour lui d'être apôtre, s'il ne l'eût été d'une façoa toute particulière. En effet. Dieu avait choisi saint Paul pour trois grands desseins qui devaient occuper son zèle apostolique, pour confondre le judaïsme, pour convertir la gentilité, et pour former le christianisme dès sa naissance : voilà ce que la Providence prétendait de lui , et a quoi il était destiné. Or saiot Paul , par une pleine correspondance à la grâce de son ministère, a accompli ces trois choses avecuo succès dont il était seul capable , ou du moins qui lui était uniquement réservé. Appliquez- vous, s'O vous plaît, à ma pensée.

Il fallait, pour l'établissement solide de la loi dvé* tienne, que l'Évangile fût prêché par un apôtre dont le témoignage en faveur de Jésus-Christ fût un té' moignage absolument irréprochable, exempt de tout soupçon, et propre non-seulement à convaincre, mais à confondre l'incrédulité des Juifs. Or, cet apôtre, par une disposition spéciale, a été saint Paul. Je m'explique : quand les autres apôtres prêchaient Jésus-CÎirist, qu'ils protestaient dans les synagogues que Jésus-Christ était le Messie envoyé de Dieu et promis par les propliètes , quelques preuves qu'il en donnassent et quelques miracles qu'ils fissent pour

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I confinner, on avait toujours quelque prétexte de is tenir pour suspects ; on pouvait dire qulls étaient agnés, et qu'ayant été les sectateurs et les disciples ace prétendu Messie, il ne fallait pas s'étonner s*ils B déclaraient pour lui, et quoique mille raisons ussent détruire ce prétexte, ce prétexte ne laissait oint d'avoir je ne sais quelle apparence, qui préocopait d'abord l'ignorance des uns, et qui entretenait opiniâtreté des autres. Mais quand saint Paul paûssaitoonfessant le nom de cet Homme-Dieu , lui ni venait d'en être le persécuteur, lui qn! était oonu dans Jérusalem pour avoir entrepris d'en exsrminer la secte, lui qui avait reçu pour cela et delandé même des commissions et des ordres ; et que, ar un changement aussi subit que prodigieux, il nbliait partout que ce crucifié à qui il avait fait si rodlement la guerre, était le Sauveur et le Dieu Israël , qu'il était forcé de l'avouer, et qu'après ce u'il avait vu et entendu, il ne refusait point de mouir pour signer de son sang une vérité si importante ; puoid il parlait ainsi, que pouvait-on opposer à la orée de ce témoignage ? Etait-ce préoccupation , itait-ce intérêt, était-ce renversement d'esprit, MXrce îndififérence ou mépris pour la loi de Moïse? ravt le contraire ne se trouvait-il pas dans saint Pnil? ce changement dans un homme aussi éclairé Que lui, et aussi zélé pour les traditions de ses pères, D'étal^ce pas une justification authentique de tout ee qu'il disait à l'avantage et à la gloire de Jésus- Christ?

De là vient que ce grand apôtre ne faisait presque jamais de discours dans les assemblées des Juifs, 9n1l ne se proposât lui-même comme un argument eteonmie une démonstration sensible de l'Évangile in'il annonçait. C'est moi, leur disait-il, mes frères, qoi me suis signalé dans le judaïsme, au-dessus de toosceax de ma profession et démon âge. Vous savez h quelle manière j'ai vécu parmi vous, et avec quel taxés de fureur je ravageais cette nouvelle Église, pe je reconnais aujourd'hui pour l'Église de Dieu. 9 est vrai, j'étais plus, infidèle que vous ne l'êtes, ikplus rebelle aux lumières de la grâce; mais c'est mr cette raison même que Dieu a jeté les yeux «r moi , et que Jésus-Christ a voulu faire éclater en lai son extrême patience , afin que je devinsse un nmple et un modèle pour vous porter à croire en ri. Qui, c'est lui-même qui m'a parlé, et qui , par es signes et des prodiges dont tous ceux qui m'ac- Nopagnaient ont été les témoins, m'a réduit à l'état ï Toos me voyez ; qui m'a terrassé pour me relever, li m'a aveuglé pour m'éclairer; qui, de blasphélateor que j'étais, m'a fait apôtre, et qui , pour réiration de tous les outrages qu'il a reçus de moi , sot maintenant que je lui serve d'ambassadeur et s ministre auprès de vous. Ces paroles , dis-je , raient une grAre toute divine dans la bouche de

saint Paul , pour persuader les Juifs. Et saint Luc remarque que c'était assez qu'il parlât, et qu'il assurât que Jésus-Christ était le Christ , pour confondre tous les ennemis du nom chrétien : ConfimdebatJudasos, affimians quoniam hic est Chrlstus. {Act.y 9.) Au lieu qu'il fallait que les autres apôtres fissent de grands efforts, celui-ci n'avait qu'à se produire, sa personne seule prêchait; saint Paul converti était , pour tous ceux de sa nation , non pas un attrait, mais une détermination invincible à embrasser la foi. Et en effet , à bien méditer les circonstances de cette conversion , à peine avons-nous un motif de créance en Jésus-Clirist, plus convaincant et plus toucliant que celui-là. De là vient que les chefe de la synagogue, qui avaient conjuré contre le Sauveur, se montrèrent toujours si passionnés contre saint Paul; de là vient qu'ils usèrent de tant de stratagèmes pour le perdre et pour lui ôter la vie ; et qu'entre les autres disciples ce fut celui-ci qu'ils persécutèrent le plus cruellement : pourquoi? parce qu'ils savaient que c'était celui dont le témoignage devait faire plus d'impression sur les esprits, et qu'il était impossible que Jésus-Christ ne fdt reconnu dans la Judée pendant que saint Paul y serait écouté. Il avait donc une grâce particulière pour faire l'office d'apôtre à l'égard des Juifs.

Mais son ministère ne se bornait pas là. Dieu rappelait à quelque chose de plus grand , et cette séparation mystérieuse que le Saint-Esprit commanda qu'on Ht de sa personne, comme il est dit au livre des Actes , était encore pour une entreprise plus haute. Prêcher Jésus-Christ aux Juifs , c'est-à-dire , à un peuple que Jésus-Christ avait instruit lui-même, à un peuple déjà prévenu de la foi du Messie, déjà éclairé des lumières de la vraie religion, c'était proprement le partage des autres apôtres, même de ceux qui paraissaient comme les colonnes de l'Église , sans en excepter saint Pierre ; mais répandre la grâce de l'Évangile sur toutes les nations de l'univers, préclier Jésus-Christ à des païens et à des idolâtres , porter son nom devant les monarques et les souverains , persuader sa religion aux philosophes et aux sages du monde, leur faire goûter la foi d'un Dieu-homme , leur en inspirer le culte et la vénération, les détacher de leurs fausses divinités , et , ce qui était bien plus difficile , des fausses maximes du siècle, pour les soumettre au joug de la croix ; faire adorer la sagesse de Dieu dans un mystère qui n'avait pour eux que des apparences de folie : ah ! chrétiens, c'est pour cela qu1l fallait un saint Paul , et c'est pour cela que saint Paul était prédestiné. Quelque pouvoir général qu'eût reçu saint Pierre au-dessus des autres apôtres , sa mission spéciale n'allait pas à convertir les Gentils. Ledirai-je? Jésus-Christ même ne Tavait pas voulu entreprendre, puisque, tout Sauveur et tout

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Dieu qu'il ëuit , il s'était réduit aux brebis perdues de la maison dlsraêl : Non sum nUssus nUi ad ooes qux periertaU domus Israël. (Matth., 15.) Mais, comme remarque saint Augustin, ce que Jésus- Christ n*a pas fait par lui-même, il Ta fait par saint Paul : il n'était venu par lui-même que pour les Israélites ; mais dans la personne et par le ministère de saint Paul , il était venu pour tous les hommes : de sorte que saint Paul devait être le supplément de la mission adorable de cet Homme-Dieu. Voilà le grand ouvrage pour lequel le Saint-Esprit avait ordonné qu'on lui séparât cet apôtre : Segregate miM Saîdum. {ÂcL, 13.)

Or comment y a-t-il réussi? Ah! chrétiens, à peine lui-même osait-il le dire, tant la chose lui semblait surprenante ; à peine en croyait-il à ses yeux, voyant , non pas les fruits , mais les prodiges que ses prédications opéraient. Imaginez-vous , dit saint Chrysostôme , et il nous est aisé de l'imaginer, un conquérant qui entre à main armée dans un pays ; qui mesure ses pas par ses victoires , à qui rien ne résiste , et de qui tous les peuples reçoivent la loi : voilà l'image de saint Paul convertissant la gentilité. Il entre dans des pays où le démon de Tidolâtrie était en possession de régner, et il le fait fuir de toutes parts. Depuis l'Asie jusqu'aux extrémités de l'Europe , il établit l'empire de la foi : dans la Grèce, qui était le séjour des sciences , et par conséquent de la sagesse mondaine; dans Athènes et dans l'A* réopage, où l'on sacriGait à un Dieu inconnu; dans Épbèse, où la superstition avait placé son trône; dans Rome, où l'ambition dominait souverainement ; dans la cour de JNéron , qui fut le centre de tous les vices : il publie là, dis-je, l'évangile de l'humilité, de l'austérité, de la pureté, et cet évangile y est reçu. Ce ne sont pas seulement des barbares et des ignorants qu'il persuade ; mais ce sont des riches , des nobles, des puissants du monde, des juges et des proconsuls , des hommes éclairés qu'il fait renoncer /à toutes leurs lumières, en leur proposant un Dieu crucifié : ce sont des femmes vaines et sensuelles qu'il dégage de l'amour d'elles-mêmes pour leur faire embrasser la pénitence. Il annonce Jésus-Christ dans des lieux où ce nom auguste et vénérable n*avait jamais été entendu. Non ubi nominatus est Christus ( Rom,y 15) ; il y voit naître des Églises nombreuses , ferventes, florissantes, qui remplissent toute la terre de l'admiration et de l'odeur de leur sainteté. Que pensez-vous, chrétiens? Si la tradition, ou plutôt si l'expérience même n'autorisait ce que je dis , peutêtre le prendrions-nous , vous et moi , pour une fable; mais, tout l'univers témoigne encore aujourd'hui que c'est une vérité : le christianisme que nous voyons, la vaste étenduedu royaume de l'Église, tant de nations devenues fidèles par la prédication de ce grand saint; tant de peuples qu'il a engendrés par

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l'Évangile , et qui le reconnaissent encore pour leor père, nous-mêmes qui en sommes sortis, et qui n'avons point d'autre origine que celle-là , tout cela ce sont autant de monuments et de preuves suffisantes des conquêtes de saint Paul sur la gentilité.

Cependant son ministère, pour un entier acoonplissement, demandait qu'il travaillât à former les chrétiens : c'était son principal et dernier ouvrage, et c'est ce qu'il a fait d'une manière qui Jui est si propre, que, sans rien ôter aux autres apôtres, od peut l'appeler, par exellence, le Docteur de l'Église. En effet, mes chers auditeurs, sans parler du premier christianisme qu'il a planté, qu'il a arrosé, qu'il a cultivé par ses soins , c'est lui qui nous a instruits a être ce que nous sommes , ou ce que ooos devons être, c'est-à-dire, chrétiens , par la doetrioe toute céleste qu'il nous a enseignée. Pourquoi pensez-vous qu'il ait été ravi au troisième ciel , et poiurquoi Jésus-Christ , dans l'état même de son immortalité, a-t-il voulu se faire le maître de cet apôtre? afin de nous dire pai la bouche de cet apôtre^ ce qu'il ne nous avait pas dit par la sienne : Ego enim-aC" cepi a Domino, quodel tradidi vobis (I. Cor., 11.) Il y avait cent choses que le Fils de Dieu n'avait pas révélées aux hommes, étant avec eux, parce qu'ils ne pouvaient pas les porter ; et c'est saint Paul qui devait les en rendre capables.

Cest lui qui nous a découvert les trésors cachés dans ce mystère incompréhensible de Tincamation du Verbe, qui nous a expliqué l'économie de la grâee, qui nous a fait concevoir la dépendance infinie que nous avons d*elle, jointe à l'obligation de travuller avec elle, afin de ne la pas recevoir en vain : qii nous a édairci ce profond abime de la prédestinatioa de Dieu, pour nous apprendre à l'adorer et non pas à le pénétrer, à nous en faire un motif de sèle pour le salut, et non pas de libertinage et de désespoir; qui nous a donné ces hautes idées de l'Église de Jésus-Christ , qui nous a fait le plan de sa hiérarchie, qui nous a intimé ses lois, qui nous a développé lei sacrements. Sans tout cela nous ne pouvions ptf être chrétiens , et à peine l'Évangile nous dédaiaitil rien de tout cela ; mais cette bouche, eacfsn me fois, par laquelle, comme dit saint Chrysosttoe, Jésus-Christ a prononcé de plus grands oradee qM par lui-même , Os illud per quod Chrisiut mqfom quam per se ipsum locutus esê (Chb ys .)« seint Faoi nous en a pleinement informa; c'est hii qui, par les divins préceptes de sa morale, a sanctifié toos les états , et qui en a réglé tous les dcToirs ; loi qui apprend aux évoques à être par&its , aux prêtres i être réguliers et fervents, aux vierges à être modestes et humbles, aux veuves à être retirées et détachées du monde , aux grands à vivre sans Ma et sans orgueil , aux riches à ne se point enfler de

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Icnrs richesses , et à n*y point mettre leur appui ; aux maîtres à veiller sur leurs domestiques; aux domestiques à respecter leurs maîtres, aux pères et aux mères à conduire leur famille, aux enfants à honorer leurs pères et leurs mères ; ainsi de toutes les autres conditions que le temps ne me permet pas de parcourir.

Cest pour cela que saint Clu^-sostôme appelait aaÎDt Paul le grand Livre des clirétiens , et c*est pour cela même qu^il exhortait tous les fidèles à la lecture des divines épîtres de cet apôtre. 11 n'en fallut pas davantage pour achever la conversion de saint Augustin; vous savez en quelle perplexité il se trouvait : Dieu l'attirait fortement, et le monde le retenait; la grâce le pressait , et ne lui donnait aucun repos, mais la passion d'ailleurs livrait à son cœur les plus rudes combats, et l'habitude faisait évanouir les plus belles résolutions. Que faut-il donc pour le faire triompher de l'habitude, pour le fortifier contre la passion , pour Tarracher au monde et à tous ses engagements? Rien autre chose que ce que lui marqua cette voix qu'il entendit; et c'était d'ouvrir et de lire les épîtres de saint Paul : Tolie, Uge (Au- GDST.); Prenez et lisez. Il obéit, et tout à coup ses fers furent rompus : quelques paroles de ces saintes lettres dissipèrent tous les nuages de son \ esprit, et, d'impudique qu'il était, en firent un homme chaste et un saint : à quoi tient-il que nous n'en retirions le même fruit? l'esprit de Dieu, dont ces excellentes épîtres sont remplies, n'est pas moins puissant pour nous qu'il le fut pour saint Augustin.

Ah ! chrétiens , pourquoi pensez-vous que le dirlstianisme ait de nos jours dégénéré dans cette corruption de mœurs, et dans ce désordre où nous le voyons? Disons-le à notre confusion : après tout ce qu'a fait saint Paul pour l'accomplissement de son ministère, pourquoi avons-nous encore la douleur de voir, au milieu du christianisme, un certain levain de judaïsme et de paganisme ? car j'appelle levain de judaïsme, cette opposition secrète à Jésus^Christ, qui est dans le cœur de tant de chrétiens : opposition, dis-je, à la croix de Jésus<Christ, à lliumilité de Jésus-Christ, aux maximes et aux exemples de Jésus-Christ : j'appelle levain de paganisme, cette malheureuse coutume qu'on se fait de n'agir que par les vues du monde, sans prendre jamais les vues de la foi ; de ne se conduire en toutes choses que par politique, que par raison , que par des eonsidérations et des respects humains, sans consulter jamais la religion. Est^il rien aujourd'hui de plus commun que ce scandale, et d'où vient cela? c'est, mes frères, que nous n'écoutons pas saint Paul, et que nous ne profitons pas des salutaires enseignements qu'il nous donne; tout mort qu'il est, il nous prêdie encore, disons mieox« il

; est encore vivantdans ses incomparables écrits. Vouez-vous réformer le christianisme, ou plutôt voulez-vous vous réformer vous-mêmes? TolU, lege • Prenez et lisez. Il ne vous faut point d'autre maître, point d'autre prédicateur, point d'autre guide et d autre directeur que saint Paul , tel que l'Église vous le présente , et tel qu'elle vous le feît entendre. Je dis plus : voulez-vous avoir part au ministère de ce grand apôtre? Voulez-vous, pères et mères, faire de vos familles des familles chrétiennes? servez-vous de la morale de saint-Paul; ayez soin de vous en instruire et d'en instruire les autres. Au lieu de tant de livres scandaleux, de tant de livres impies, dotant délivres médisants et insolents, attachezvous à celui-là, et dans peu vous en connaîtrez le mérite, et en ressentirez l'efficace : ce sera votre sanctification particulière, et la sanctification de vos maisons. Quoi qu'il en soit, comme saint Paul a pleinement accompli le ministère de l'apostolat, par la prédication de l'Évangile, il l'a encore parfaitement honoré par la conduite qu'il a tenue dans la prédication de rÉvangîle, c'est la seconde partie.

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