LA FÊTE DE SAINT LOUIS, ROI DE FRANCE
Cuis similis iui infifrUbus, Domine, quis simitis lui? magnijicus i» sancliUUe,
Qui irentre les forts voos peat être oomparé, et qui vous est semblable. Seigneur, à vous, qui êtes grand et magnifique dans votre sainteté? lÀvrt de V Exode, ciiap. 15.
C'est ainsi que parla Moïse, quand il vit Téclatant miracle que Dieu, par son ministère, avait
la grâce de Jésus-Christ , est parrenu à eette divioe ressemblance : Magnifieus in sanetUaie. Ç*a été « homme magnifiquement saint, héroïquement saint, et, si j*ose me servir de cette expression, royalement saint. Voilà tout le fonds de son paiiég}nrk|iie. Il fallait être pour cela aussi élevé dans le roeade que saint Louis : car pour nous, dirétieiis, dav la médiocrité des conditions où Dîea nous a fini nattre , ce titre ne nous convient pas. Nous pouvoai bien , et nous devons être htunbles dans la sainteté, fidèles dans la sainteté, sincères dans la sainteté, constants et fermes dans la sainteté ; mais il nenoiB appartient pas d*étre inagnifiques dans la saîntelé. C*est le privilège des grands, quand il plaît à la ?!••
opéré en faveur des enfants dlsraël , les tirant de ; vidence d'en faire des saints; et entre ceux que Din
rÉgypte et divisant les eaux de la mer Rouge, pour les élire passer au milieu des abîmes où leurs enne mis devaient être submergés. Je me sers aujourd'hui de ces paroles , pour faire Téloge d'un roi , qui , par une heureuse et singulière conformité, non-seulement avec Moïse, mais avec Dieu même, dont le zèle ranimait, a porté jusque dans TÉgypte ses armes victorieuses , s'y est rendu redoutable aux ennemis du nom chrétien, y a fait des miracles de valeur, aussi bien que de piété, pour la délivrance du peuple de Dieu. Moïse , saisi d'étonnement à la vue du prodige dont il était témoin, s*écrie que Dieu est magnifique dans sa sainteté, et il nous donne par là une des plus liantes idées que nous puissions concevoir de Texcellence de Dieu. Il ne dit pas que Dieu est magnifique dans les trésors de sa sagesse, dans les œuvres de sa puissance, dans les effets de sa miséricorde , ni dans aucun autre de ses divins attributs. Il s'arrête à la sainteté, Magn\ficus in sancUtate ; et nous ne devons pas en être surpris, dit saint Chrysostôme, expliquant ce passage. Caria sainteté est dans les attributs de Dieu, ce qu'il y a de plus parfait, de plus grand, de plus adorable; et même tous les autres attributs que Dieu possède ne sont dignes de nos adorations, que parce qu'ils sont inséparables de la sainteté. D'où il s'ensuit que la magnificence de la sainteté est en Dieu , comme la grandeur de la grandeur même, et comme la perfection de la perfection même. Moïse avait donc raison de demander a Dieu : Qui d'entre les forts , 6 Seigneur! est semblable à vous, et qui d'entre les hommes de la terre a l'avantagede participer à cette magnifique sainteté dont vous êtes l'exemplaire et le modèle? Quis similis tui? magn\ficus insanctitate. Or j*ose ici répondre en quelque manière a cette question. Car j'ai à vous produire un saint , dans la personne duquel vous avouerez que ce ca
a choisis pour les sanctifier sur le trône, c*at h louange particulière de notre saint. Car dans la principes de la vraie religion , nous pouvons ém en quelque sorte de saint Louis, ce que les Romain idolâtres disaient de leurs empereurs, qui avaiot été mis au nombre des dieux : KeiigtfOM deoM acapimus, Cœsares dedimus : Pour les autres £aa de l'empire, disaient-ils, nous les avons reçus di ciel ; mais pour ceux-ci , qui étaient nos princes, le ciel les a reçus de nous. El moi je dis : Pour ksaatres saints que nous honorons dans le monde chrétien, l*Ëglise nous les a donnés; mais pour saîat Louis , c*es^ la France qui Ta donnéà rÉ^ise. Ko» avons donc tous , comme Français, une obligatioo spéciale de l'honorer, et nous en avons une eoeore plus étroite et plus indispensable de Fimiter. Car sa sainteté, quoique royale et magnifique , ne laisse pas, comme vous verrez, d'être, aussi bien qœ celle de Dieu , un exemple pour nous ; et c'est à moi de vous appliquer cet exemple, après que nousaarons demandé les grâces et les lumières du Saint Esprit, par l'intercession de Marie, ^éve. Maria. C'est un sentiment, chrétiens, très-injurieux à la Providence, de croire qu'il y ait dans le nxmde des conditions absolument contraires à la sainteté, ou que la sainteté par elle-même puisse avoir qodque chose d'incompatible avec les engagements de certaines conditions et de certains états^ dont il faut néanmoins reconnaître que Dieu est l'auteur. Or, pour vous détromper d'une erreur si dangereuse, il me suffit de vous mettre devant les yeux l'exeinple de saint I^ouis ; et voici toute la preuve de ce que je prétends établir dans ce discours pour votre instruction et pour l'édification de vos âmes. Saint Louis a été sur la terre un grand roi et un grand saint ; on peut donc être saint dans tous les états et dans toutes les conditions du monde : raisonnement
ractère (selon la mesure que Dieu veut bien le com- i sensible et convaincant; car enfin s'il y avait dans muniquer h la créature, et lui en faire part) a émi- | le monde une condition difficile à accorder avec la neniment paru. C'est l'incomparable saint Louis, ' sainteté, il est évident, et vous en convenez voosdout nous célébrons la fête, et qui , par un effet de • mêmes, que ce serait la royauté. Cependant, grâces
POUR LA FÊTE DE SAINT LOUIS
I k Providence de notre Dieu , la royauté n*a point empêché saint Louis de parvenir à une éminente sainteté ; et la sainteté éminente à laquelle saint Louis est parvenu , ne Ta point empêché de remplir dignement et excellemment les devoirs de la royauté. Je dis plus : ce qui a rendu saint Louis capable d\ine si haute sainteté , c^est la royauté ; et ce qui Ta mis en état de soutenir si honorablement la royauté, c'est la sainteté. En deux mots, saint Louis a été nn grand saint , parce que , étant né roi , il a eu le don de faire servir sa dignité à sa sainteté ; ce sera la première partie : saint Louis a été un grand roi, parce quMl a su, en devenant saint, faire servir sa sainteté à sa dignité ; ce sera la seconde partie. Deux vérités dont je tirerai, pour notre consolation, deux conséquences également touchantes et édifiantes : Tune, que Tétat de vie où nous sommes appelés est donc, dans Tordre de la prédestination éternelle , ce qui doit le plus contribuer à nous sanctifier devant Dieu; Tautre, que notre sanctification de- Tant Dieu est donc le plus sûr et le plus efficace de tous les moyens pour nous rendre nous-mêmes, selon le monde, parfaits et irrépréhensibles dans Tétat de vie où nous sommes appelés. (Test un roi qui va nous apprendre Tun et Tautre : appliquez-vous.