Difficulté de réparer l'injustice conunisea et de rcudrt
ANALYSES DES SERMONS
on bien doDt 00 se trouve saisi. Où voit-on en effet des gens qui restituent de bonne foi ? Quelles peines même ne témoignent pas certains riches et certains grands du monde, quand il s*agtt d'acquitter des dettes légitimement contractées ? Voilà Tun des distacles les plus invincibles à la conversion de tant de pécheurs. Dès qu'on leur parle de restitution, tous les bons sentiments où ils semblaient èlre s'évanouissent. D'où vient cela? c'est qu'il n'est rien dans le fond qui répugne davantage et qui soit plus oontndre an naturel de l'homme , que de se dessaisir des choses qui flattent sa cupidité. Elle suggère mille prétextes que l'on écoute.
DcoxiÈMB PABTiB. Ricu de plus fiiux que rimpossibililé prétendue par la plupart des hommes de réparer le dommage causé au prochain, et rien de plus vrai que l'impossibilité du salut sans cette réparation.
1. Impossibilité de restituer, communément fausse el prétendue. On dit, Si je restitue, je ruine ma famille : il vaut mieux ruiner vos enfants que de vous damner et de les damner avec vous. On dit , Je dois maintenir mon état : votre premier devoir est de rendre au prochain ce qui lui appartient. On dit, H ne me restera pas même de quoi vivre : abus , répond samt Augustin; car suivant oe principe, un voleur public pourrait justifier ses larcins. Confiei-vous en la Providence; elle y pourvoira. On dit, Je me déshonorerai en restituant : il y a dos voies secrètes ponrlhire une restitution, sans hasarder sa réputation. On dit , Où truuverai-je toutes les personnes à qui je suis re devable, et comment dédommageraKje toute une ville, toute une province f 1. Concevez un vrai désir de le faire, autant qu'il dépendra de vos [soins. 2. Cherchez-en de bonne foi les moyens. 3. Si vous ne pouvez restituer tout , restituez une partie. 4. Consultez un homme intelligent et sage. Mais parce que Li cupidité vous domine, vous vous contentez d*un examen superficiel , et vous n'en voulez croire que vous-même.
2. Impossibilité réelle et absolue du salut sans la restitution. Car la restitution , autant qu'elle dépend de nous, est d'une obUgation indispensable. Ni les prêtres n'en peuvent dispenser, ni Dieu même , selon de très-habiles théologiens : mais , soit qu'il le puisse ou qu'il ne le puisse pas, il est certain qu'il ne le veut pas. Sans cela le monde ne serait plus qu'une retraite de voleurs. On me dira que la contrition seule, et hjplus forte raison jointe avec le sacrement de pénitence, suffit pour se réconcilier pleinement avec Dieu : j'en conviens , mais sans une volonté sincère et efficace de restituer, il ne peut y avoir de vraie contrition. Considérez que ces biens injustement acquis vous abandonneront un jour, mais que les crimes que vous aurez commis en les acquérant ne vous abandonneront jamais. Il faut ou les perdre dès maintenant, ou perdre votre àme éternellement. Que répondrez-vous à Dieu quand vous paraîtrez devant lui , et qu'il vous reprochera toutes vos iniquités? Il n'y a qu'une restitution prompte et parfaite qui puisse vous préserver de ses anathèmee.