LE VINGT-TROISIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE
sua LE DÉSm ET LE DÉGODT DE L\ COMMUNION.
SuiET. Elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher sa robe, je serai guérie.
Lm ieul9 robe de Jésus-Christ guérit cette femme aflli-
gée d'une longue infirmité : que ne peut point à pbslM raison pour la sanctification de im» Ames cet adorable »cremeut , où nous recevons Jésus-Christ même par la oqo> muDion ?
Division. Deux sortes de dispositions , ordinaûes dans le christianisme , à Tégard de la communion : désir et dégoût. Nous avons besoin d'instruction sur l'un et sur l'aotre. Désir de la communion, première partie; dégoût de la communion , deuxième partie.
Première partie. Désir de la communion. 1. Motift de ce désir. 2. Avantages de ce désir. 3. Règles de œ désir.
1. Motifs de ce désir. Us se réduisent tous à on motif général où ils sont renfermés ; savoir : que toute âme chrétienne doit désirer souverainement et par-dessus toute chose d'être unie à Jésus-Christ, puisque c'est i Christ qu'elle trouve tous les biens. Or c'est la con qui nous unit réellement et substantiellement à Jésos- Christ. Mais ce désir de la communion peut-U ccmvenirà un pécheur dans l'état actuel de son péché ? Oui : car loot exclu qu'il est de la samte table par son péché, il peut néanmoins désh-er d'y être rétabli, non point avec soi péché, mais après s'être lavé et purifié de cette tache. Plus même un honune est pécheur, plus il doit désirer k oonununion, de la manière que je le viens d'expliquer; parce que plus il est pécheur, plus il est malade et iaibfe, et qu'il doit par conséquent plus désirer ce qui peut le guérir et le fortifier.
2. Avantages de ce désir. 1. C'est la première disposition à la comnmnion , quoique ce ne soit pas une disposition suffisante. Le sacrement de Jésus-Christ est une viaiide, et une viande ne profite jamais mieux que lorsqu'on la mange avec appétit. Jésus-Christ se tient honoré de oe désir, puisque c'est une marque de l'estûne que nous faisons de ce saint aliment qu'il nous offre. 2. C'est le principe et comme le mobile de toutes les autres dispositions. Car voulant communier, et ne voulant pas d'ailleurs communier indignement, je me trouve engagé par là à ne rien négliger de tout ce qui me peut disposer à une bonne cool munion. Abus de notre siècle : au lieu d'exciter ce désir dans les âmes , on travaille à l'y éteindre , et de là vient que l'usage de la conmiunion est si négligé par la plupart des chrétiens.
3. Règles de ce désir. II faut que oe soit un désir humble, un désir éclairé ou demandant à l'être , un désir prudent et sage, docile et soumis, en un mot un désir chrétien; et non point un désir présomptueux , aveugle, précipité , volage, opmiâlre et entêté. Dés que ce désir aura les qualités convenables , conservons-le , quoi qu'on puisse nous dire pour l'amortir en nous et nous le fiiire perdre.
Deuxième partie. Dégoût de la conununion. Il y a on dégoût de la communion qui vient de Dieu , et il y en a no qui vient de nous-mêmes et de notre fonds. L'un n'est qu'une épreuve de Dieu , ou qu'un châtiment passager de Dieu , et ce n'est point de quoi il s'agit ici ; mais Tautre procède d'une mauvaise disposition de notre cœur, et c'est de cette sorte de dégoût qu'il est question. Voyons -en 1. le principe, 2. les suites funestes, 3. les remèdes.
1. Principe de oe dégoût. C'est le relâchement de la vie. On quitte ses exercices de piété, on ne veut plus tant se faire de violence ni tant veiller sur soi; on s'accoutume à une vie sensuelle et délicate, à une vie dissipée et mon-
ANALYSES DES SEBMONS.
daine : cm l'aime, et tout ce qui est capable de la troubler deyieut insupportable. De là donc Ton conçoit de Téloigneoient pour la communion, parce qu'elle demande une autre Tie que celle-là. Pourquoi tant de communions? dit-on. On se retire de la sainte table , et Ton se met ainsi plus au large- On parlait et Ton agissait tout autrement à ces temps d'une ferveur chrétienne, où Ton était animé de Tesprit de Dieu.
2. Suites de ce dégoût. Comme le relâchement de la vie porte au dégoût de la communion , le dégoût de la communion, parle retour le plus naturel, mais le plus funeste, porte à un nouveau relâchement de vie. Car ce dégoût éloigne de la communion; et moins on communie, moins on a de grâces, moins on a de forces, moins on a de vigilance, d'attention sur soi-même, de zèle pour son avancement, et par conséquent plus on se rclâclie. Yuilà comment on a vu des personnes dans les plus saintes sociétés se dérégler; et comnxHii an a vu les sociétés ellesmêmes tout entières se démentir ei devenir le scandale de la religion.
3. Remèdes de ce dégoût. 1. S'appliquer à bien comprendre le principe et les suites malheureuses du dégoût où l'on est tombé , et se faire là-dessus à soi-même d'utiles reproches ; 2. ne point suivre le dégoût où l'on se trouve, et agir même contre ce dégoût; 3. se confier à on directeur dont la conduite soit à couvert de tout soupçon, et prendre ses avis; 4. avoir recours à Dieu même , et lui demander instamment qu'il fléchisse notre cœur et l'attire à lui.